Les élections régionales, galop d'essai de la présidentielle

par Elizabeth Pineau et Ardee Napolitano
Les élections régionales, galop d'essai de la présidentielle
Les Français sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales et départementales qui prendront le pouls d'un pays éreinté par la crise du coronavirus, où le Rassemblement national espère une percée significative à dix mois de la présidentielle. /Photo prise le 11 juin 2021/REUTERS/Pascal Rossignol

PARIS (Reuters) - Les Français sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour des élections régionales et départementales qui prendront le pouls d'un pays éreinté par la crise du coronavirus, où le Rassemblement national espère une percée significative à dix mois de la présidentielle.

Reportés pour cause de pandémie, les scrutins des 20 et 27 juin renouvelleront les instances exécutives des 13 régions métropolitaines actuellement détenues par la droite, le centre et le Parti socialiste.

A l'approche de la course à l'Elysée où un duel entre la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, et le président sortant Emmanuel Macron est d'ores et déjà annoncé, le parti d'extrême droite espère gagner une ou plusieurs régions pour la première fois de son histoire, avec de réelles chances d'y parvenir en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca).

"Même si le Rassemblement national est un peu en dessous des scores de 2015, s'il s'empare d'une région, la configuration totale du scrutin sera modifiée en sa faveur", note Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos en France.

Le score du RN s'annonce élevé dans le Grand-Est ou encore dans les Hauts-de France, où il est représenté par le député Sébastien Chenu.

"Les plafonds de verre sont là pour être percés, donc si nous gagnons une région, ce sera un signe favorable de l'avancée de nos idées et de notre capacité à prendre en main les décisions pour le pays en 2022", a-t-il déclaré à Reuters.

L'élu RN aura fort à faire pour détrôner le président sortant Xavier Bertrand, donné favori par les sondages malgré la présence face à lui, outre Sébastien Chenu, d'une liste de la majorité où figurent cinq ministres, dont celui de la Justice Eric Dupond-Moretti.

En 2015, le Front national, devenu Rassemblement national, avait recueilli au total 27,7% des suffrages au premier tour, un record, sans remporter de région au final.

LAREM FAISEUR DE ROI ?

Dans la dernière ligne droite, le Premier ministre Jean Castex, chef de la majorité, visite cinq régions cette fin de semaine, tandis qu'Emmanuel Macron est ce jeudi en Picardie. "Le président est en campagne", a lancé jeudi sur France Info Xavier Bertrand, lui-même candidat à la magistrature suprême.

Comme lui, les présidents conservateurs sortants des régions Ile-de-France, Valérie Pécresse, et Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, comptent faire de leur réélection un tremplin vers la présidence, alors que la droite se cherche un couloir.

S'ils n'ont quasiment aucune chance de ravir une région - à l'exception du Centre-Val de Loire où le ministre MoDem des Relations avec le Parlement Marc Fesneau pourrait s'imposer - La République en marche (LaRem) et ses alliés espèrent peser pour l'avenir, un an après la déroute des élections municipales.

La majorité pourrait jouer les trublions ou les faiseurs de rois à condition que ses candidats, souvent méconnus, dépassent les 10% indispensables pour rallier le second tour.

"Pour Emmanuel Macron, un éventuel vote sanction ne serait pas très lisible puisqu’il n’y a pas de région détenue par LaRem. Il est donc un peu plus facile pour le président d’enjamber ces élections comme il a pu le faire pour les municipales", analyse Brice Teinturier.

Le député Roland Lescure, membre du bureau exécutif de LaRem, y voit une occasion de "poursuivre l'ancrage territorial" du mouvement né il y a cinq ans.

"Nos militants sont présents sur le terrain, ils collectent des affiches, ça donne de l'entrain, de l'énergie, évidemment ça prépare les échéances à venir", a dit à Reuters cette figure montante du camp présidentiel.

L'ABSTENTION S'ANNONCE ÉLEVÉE

Pas moins de 15 ministres se présentent aux régionales (et trois pour les départementales). Ils n'auront pas à démissionner en cas de défaite, cette règle tacite ne s'appliquant que pour les scrutins nationaux.

La campagne sans grand relief a été marquée par les remous nés du soutien de LaRem au président sortant de Paca, le LR Renaud Muselier, confronté à la liste du Rassemblement national emmenée par Thierry Mariani, lui-même ancien membre de LR et ex-ministre des Transports de Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen est ce jeudi dans la région pour le soutenir.

A gauche, les écologistes veulent confirmer leur percée des élections européennes et municipales mais doivent pour cela composer avec le Parti socialiste, qui se bat pour conserver ses cinq régions métropolitaines sauvées en 2015.

Les débats ont été dominés par les questions sécuritaires dans le sillage de faits divers tragiques alors que ce sujet n'est pas de la compétence de la région, qui s'occupe notamment de transports, de formation professionnelle et de la gestion des lycées.

L'abstention, qui s'annonce élevée, pèsera sur les résultats.

"On est dans un contexte de sortie de pandémie, les Français pensent à tout autre chose que les régionales", dit Brice Teinturier, qui avance une deuxième raison "plus lourde : des citoyens pensent que ces élections intermédiaires ne changent rien à leur quotidien. Ils ne voient pas l'utilité de se déplacer pour voter."

(Avec Michaela Cabrera, édité par Sophie Louet)

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