Les élections dans les TPE font un fiasco

Le taux de participation des salariés des très petites entreprises aux élections professionnelles, qui se terminent ce lundi 16 janvier, ne devrait pas dépasser les 7 à 8 % selon les premières estimations.

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Les élections dans les TPE font un fiasco

Gouvernement et CGT n’ont pas fini de se rejeter la responsabilité de l’échec des élections professionnelles dans les très petites entreprises (TPE). Alors que le scrutin se termine officiellement ce lundi 16 janvier pour les votes par correspondance, les syndicats annoncent une participation oscillant entre 7 et 8% (le taux définitif ne sera connu que dans quelques jours) des 4,5 millions de salariés concernés. Soit moins que lors du scrutin de décembre 2012, pour lequel 10,4% des salariés de TPE avaient utilisé leur nouveau droit.

Le report d’un mois de ces élections, suite à une action judiciaire de la CGT contre la participation du Syndicat des travailleurs corses à ce scrutin, n’a pas arrangé les choses… Le scrutin s’est donc déroulé les deux premières semaines de janvier, soit au sortir d'une période de fêtes durant laquelle les syndicats ont forcément eu plus de mal à faire campagne. Le gouvernement a refusé de prolonger le scrutin d’une semaine, comme le réclamaient la CGT et Solidaires. Mais les envois postaux datés du 16 janvier seront acceptés.

Des enjeux concrets et nationaux

L’enjeu était pourtant moins abstrait cette année qu’il y a quatre ans. Les électeurs étaient appelés, comme en 2012, à voter en faveur d’un syndicat (national ou régional ou professionnel). Mais plusieurs organisations syndicales avaient choisi de mettre des visages derrière leur sigle, afin d’incarner le vote. Car la grande nouveauté de ce scrutin, c’est la création de commissions régionales dans lesquelles les salariés des TPE (et des particuliers-employeurs) seront représentés, chaque syndicat obtenant un nombre de places au prorata de ses résultats à ces élections. Ces commissions, dans lesquelles siégeront des représentants patronaux, devront dès le 1er juillet 2017 fluidifier le dialogue social dans les très petites entreprises.

L’autre enjeu était national, puisque les voix obtenues lors de ces élections s’ajouteront à celles cumulées depuis 2013 par les syndicats dans les entreprises pour mesurer leur poids national. Mais vu la faible participation aux élections dans les TPE, les 350 000 voix au maximum ne pèseront pas lourd.

Des syndicats mal connus des salariés des TPE

Cette démobilisation des salariés des TPE est surtout un signal pour les syndicats. Pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, s’il y a "une méconnaissance du syndicalisme (de la part) des salariés des toutes petites entreprises", il reconnaît que "le premier réflexe des syndicats (n’est) pas d'aller à leur rencontre". Quelques jours avant le scrutin, un jeune salarié de 22 ans d’une TPE francilienne de métallerie n’avait pas la moindre idée des positions de chaque syndicat – il a finalement choisi de ne pas voter.

En 2012, la CGT avait obtenu près 30% des voix, la CFDT 19%. Dominique Andolfatto, professeur de science politique à l’université de Bourgogne, estime que face à leur méconnaissance des syndicats, les salariés "se prononcent en fonction d’une image nationale, ce qui bénéficie au syndicat le plus ancien et le plus connu, la CGT". A vérifier vendredi 3 février, date de publication des résultats.

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