Les Echos en grève contre la vente à LVMH

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Le quotidien économique et financier n'a pas paru ce matin. Les journalistes protestent contre la vente du titre par le groupe britannique Pearson au numéro un mondial du luxe pour 240 millions d'euros.

Les Echos en grève contre la vente à LVMH

Les Echos ne sont pas en kiosque ce matin. Les journalistes du quotidien économique ont voté hier soir la non-parution de l'édition datée du mardi 5 novembre, quelques minutes après avoir appris la vente des Echos à LVMH par Pearson.

« Cette signature intervient après la décision du Tribunal de Grande Instance de Paris qui a validé la procédure d'information-consultation du Comité d'entreprise des Echos », précise le groupe de Bernard Arnault dans un communiqué.

« Cette acquisition devrait être  finalisée d'ici à la fin de l'année » est-il ajouté, sans fixer son montant. 240 millions d'euros ont été toutefois proposés pour le groupe Les Echos, qui comprend outre le journal le site internet et le magazine Enjeux.

Cette décision met fin à un faux suspense dans la course qui opposait le groupe de luxe à groupe financier Fimalac, sollicité par la direction de la rédaction. Supérieure de 5 millions d'euros à l'offre de LVMH, celle-ci n'a jamais été examinée par Pearson, lié au géant du luxe par une clause d'exclusivité.

« L'accord entre LVMH et Pearson comporte un ensemble de dispositions relatives à l'indépendance éditoriale ainsi que des engagements en matière d'emploi au sein du Groupe Les Echos », ajoute le communiqué. « L'hostilité » de la rédaction du quotidien économique vient précisément des conflits d'intérêts possibles avec le nouveau propriétaire, acteur quotidien et  majeur de l'actualité économique.

Philippe Roger 


Quel avenir pour La Tribune?

Déjà propriétaire de La Tribune, le groupe de Bernard Arnault doit maintenant céder ce titre pour obtenir le feu vert de Bercy pour finaliser l'acquisition avec Pearson. Le nom du repreneur pressenti pour La Tribune, avec qui LVMH veut entrer en négociations exclusives avant mercredi soir, sera dévoilé jeudi au comité d'entreprise du quotidien. Quatre offres de reprise ont été présentées aux représentants des salariés: celle du PDG de NextRadioTV Alain Weill, du patron de la régie publicitaire Hi-Media Cyril Zimmermann, de l'ancien dirigeant du quotidien Philippe Micouleau et enfin de l'ancien P-DG de DI Group (pôle médias de LVMH) Fabrice Larue, associé à l'éditeur italien Class Editori et à la société finanicère Viel et Cie.

L'éditeur italien justement, veut faire du quotidien économique le pivot d'un réseau européen multimédia, a indiqué hier son président, Paolo Panerai.  « Nous voulons faire de La Tribune le pivot d'un réseau européen de médias, présent à la fois sur le papier et sur internet », a-t-il dit à l'AFP. Class Editori publie en Italie les quotidiens financiers MF Milano Finanza et Italia Oggi, des hebdomadaires (Capital, Campus..) et est partenaire de Dow Jones dans l'agence de presse MF-Dow Jones. Outre son implantation en Italie, le groupe « a des contacts en Allemagne, en Belgique et en Espagne pour nouer des partenariats éditoriaux » et former son réseau européen, a dit M. Panerai, citant le Handelsblatt en Allemagne ou Prisa en Espagne.

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