L'Usine Energie

Les dossiers chauds de la nouvelle directrice générale d’Engie Catherine MacGregor

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Le conseil d’administration d’Engie, présidé par Jean-Pierre Clamadieu, a enfin choisi un successeur à Isabelle Kocher pour mettre en œuvre la nouvelle stratégie du groupe. C’est Catherine MacGregor qui assurera la fonction de directeur général.

Et la nouvelle directrice générale d’Engie est...
C'est Catherine MacGregor qui remplace Isabelle Kocher à la direction générale d'Engie
© TechnipFMC

Pour remplacer Isabelle Kocher à la direction générale du groupe Engie, Jean-Pierre Clamadieu ne cherchait pas un stratège, mais un dirigeant ayant une expérience industrielle capable de mettre en œuvre la nouvelle stratégie du groupe. Après huit mois de recherches, le conseil d’administration a fait son choix. Ce sera Catherine MacGregor, aujourd'hui directrice de Technip Energies chez TechnipFMC. Elle prendra ses fonctions le 1er janvier 2021.

"Dans une gouvernance moderne [c’est-à-dire dissociée], c’est bien le conseil d’administration qui définit la stratégie et l’équipe exécutive qui la met en œuvre", avait rappelé Jean-Pierre Clamadieu lors d’une audition de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 28 septembre dernier. Et la nouvelle stratégie du groupe, validée par l’État qui détient 23,64 % des parts du groupe [et non 22 % comme l’a répété Jean-Pierre Clamadieu aux députés], est simple.

La simplification des services

Engie doit se recentrer sur les métiers industriels du groupe, les infrastructures (réseaux de gaz d’électricité, de chaleur et de froid, de bornes de charges électriques…) et les énergies renouvelables, gaz verts comme le biométhane ou l’hydrogène décarboné, compris. "Nous sommes un acteur de l’énergie, rappelle le président d’Engie. Nous voulons nous concentrer là où nous avons des savoir-faire. Et nous sortons d’activités historiques qui ne font plus grand sens industriel aujourd’hui."

Concrètement, ce recentrage signifie qu'il faut simplifier ses positions dans les services en sortant de ceux qui ne sont pas liés aux infrastructures. Cela concernerait plus de la moitié des 170 000 salariés du groupe. Cette simplification s’avère complexe, tant ces services sont diffus, en France comme à l’international, dans une multitude de petites structures, même si le groupe avait il y a quelques mois à peine rassemblé ces activés sous une marque ombrelle Engie Solutions.

Le développement des renouvelables

Ce recentrage signifie également opérer de nouvelles cessions d’actifs pour financer les nouveaux projets des deux métiers du groupe, très capitalistiques. "Dans les renouvelables, nous voulons passer de 3 à 4 gigawatts [de nouvelles capacités installées par an] et garder dans le bilan une part plus importante des projets dans lesquels nous avons investi", a précisé Jean-Pierre Clamadieu. Faute de moyens, Isabelle Kocher avait, elle, développé une stratégie financière assez complexe, où le groupe vendait rapidement une partie des projets une fois lancés pour en financer de nouveaux.

Le nouveau directeur général aura lui les coudées un peu plus franches. Il devrait bénéficier à son arrivée de 3,4 milliards d’euros d’argent frais issu de la vente, probablement à Veolia, de 29,9 % des parts qu’Engie détient dans Suez. Il devra en revanche aussi gérer l’épineux dossier du nucléaire belge et voir s’il peut finir de sortir Engie du charbon.

Le nucléaire belge et le charbon

Dans sa tâche, Catherine MacGregor pourra s’appuyer sur le trio qui a assuré la direction générale par intérim depuis février dernier, à savoir l’ex secrétaire général du groupe Claire Waysand, le directeur général des opérations Paulo Almirante et la directrice financière Judith Hartmann mais aussi sur le directeur général en charge du gaz, Didier Holleaux. %Malgré le départ du directeur des ressources humaines, Pierre Deheunynck, fin septembre, elle devrait "trouver une équipe compète à son arrivée", précise Jean-Pierre Clamadieu. Le conseil d'administration ayant décidé d'attendre la nomination de la nouvelle directrice générale "avant de lancer le recrutement interne ou externe" du nouveau DRH.

Âgée de 48 ans et diplômée de l’École Centrale Paris, Catherine MacGregor a démarré sa carrière chez Schlumberger en 1995 où elle a évolué pendant 23 ans dans des fonctions à responsabilités et ce, sur l’ensemble des continents. Dès 2007, elle occupe des postes d’envergure mondiale, en qualité de DRH Groupe ou à la tête d’activités stratégiques pour la société. De 2013 à 2016, elle a également occupé le poste de présidente Europe & Afrique chez Schlumberger, avant d’être promue en 2017 présidente de l’activité Forage, tout en étant basée à Londres.

"Ce qui est impressionnant surtout chez Catherine c’est sa capacité à avoir monté quatre à quatre les différents échelons de Schlumberger et d’être arrivée à 45 ans, à la porte du bureau de CEO, même si finalement elle n’a pas été retenue", a précisé Jean-Pierre Clamadieu à la sortie du conseil d'administration, le 2 octobre, qui l'a nommée."Ce qui nous a aussi frappé, c’est que lorsqu’elle était chez TechnipFMC, elle a vraiment redonné une existence et une fierté d’appartenance à des équipes de Technip Energies qui se cherchaient un petit peu. Elle a préparé un spin off, qu’il reste à faire, avec beaucoup d’enthousiasme et qui nous est apparu très efficace." Cette capacité à mobiliser des équipes un peu déroutées par les changements stratégiques de leur entreprise devrait lui être très utile à la tête d'Engie.

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