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Quotidien des Usines

Les districts italiens sont-ils transposables en France ?

Publié le

Enquête Efficaces, les districts italiens sont devenus la coqueluche des spécialistes du développement local. Mais l'alchimie transalpine, faite d'une forte densité industrielle et de complémentarités, reste difficile à reproduire dans l'Hexagone.

Incontestablement, c'est le concept à la mode. Les districts, ces concentrations géographiques de PMI travaillant en réseau autour d'un produit, d'un métier ou d'une technologie, ont le vent en poupe. Pas un élu ou un organisme de développement local qui ne s'enthousiasme désormais pour les " systèmes productifs localisés " (SPL), la version française des districts à l'italienne. Le décolletage de la vallée de l'Arve, en Haute-Savoie, la coutellerie de Thiers, dans le Puy-de-Dôme (voir page 62), la chaîne graphique, en Haute-Vienne, figurent ainsi parmi les soixante premiers bénéficiaires de l'aide que L'Etat consacre à ces SPL. Et, pour Jean-Louis Guigou, le directeur de la Datar, ce n'est qu'un premier pas. Etonnante volte-face - si l'on songe que ces mêmes élus ne juraient naguère que par la diversification des tissus industriels locaux - qui doit beaucoup à l'exceptionnelle réussite des " districts " italiens. Ces derniers se chiffrent à une centaine, dans les domaines les plus divers, de la mécanique à la lunetterie, générant plus de 500 milliards de francs de chiffre d'affaires et employant plus de 800 000 personnes. Ils représentent plus de 10 % du PIB et près du tiers des exportations. Leur modèle est loin d'être unique. Cantu, par exemple, reste très artisanal, avec des meubles au design remarquable, mais aussi une production de qualité courante dont les auteurs se contentent d'attendre une clientèle (l'hôtellerie familiale italienne) qui vient toute seule. A Sassuolo, au contraire, les unités impressionnent par leur dimension et leur automatisation. Luxottica domine le district de Cadore (optique), tandis que Jesi (mécanique) est " démocratique ". Certains sont " protectionnistes ", d'autres, ouverts aux investissements extérieurs, comme Mirandola (médical) et Montebelluna, où Salomon et Rossignol, sont présents. " S'y implanter, c'est se familiariser avec une forme originale de compétitivité industrielle et obtenir l'accès à des réseaux indispensables dans notre métier ", affirme Pierre Micol, directeur général adjoint de Rossignol, dont il a dirigé les unités italiennes.

Un succès lié au savoir-faire

En dépit de cette diversité, les districts italiens présentent des caractéristiques communes qui font sans doute leur succès. Ces districts, tout d'abord, c'est le monde (industriel) à l'envers. Le plein emploi y est quasi assuré (taux de chômage entre 3 et 7 %), et le principal problème des employeurs est la pénurie de personnel. On n'y court pas après la dimension critique. On n'y dépose pas de brevet pour mieux protéger ses innovations. Les sous-traitants sont souvent en position de force par rapport à leurs donneurs d'ordres. Dans la chaussure de sport, par exemple, le marché est devenu difficilement prévisible. Les multinationales du secteur, comme Salomon et Nordica, paient immédiatement les conséquences de la moindre erreur stratégique. Mais, quels que soient les caprices du marché, les PMI et les artisans de Montebelluna, en Vénétie, possèdent des savoir-faire qui les rendent indispensables. Et, quand le ski a décliné, à partir de 1988, ils ont aussitôt investi sur les marchés porteurs, relançant la fabrication de chaussures de montagne (1,5 million de paires en 1987, 5,5 millions en 1998) et s'attaquant au snowboard (1 million de paires) et au roller (5 millions). En outre, les districts réalisent concrètement le mariage du local et du global. Intégrant le développement industriel dans des petites villes et des régions rurales, ils préservent une grande partie de l'Italie des maux qui affectent tant d'autres pays.

Du dynamisme des PMI italiennes, on a longtemps donné des explications condescendantes : le mépris des obligations fiscales, le travail au noir, la faiblesse de la lire. Les entrepreneurs transalpins ne se sont certes pas gênés pour utiliser ces facilités. Mais ce que l'on n'a pas vu, c'est qu'ils ont réinvesti l'argent ainsi gagné dans des projets ambitieux et à long terme. Et, aujourd'hui, alors que l'Etat italien s'est (partiellement) réformé et que la lire s'est redressée, les districts n'ont jamais été aussi performants. " Au lendemain de la guerre, nous utilisions l'argile locale et nous importions la technologie d'Allemagne. Nous avons mis au point nos propres technologies, les meilleures au monde, et aujourd'hui nous importons de l'argile d'Allemagne. " Franco Manelli, industriel de Sassuolo (qui a repris en France la Compagnie européenne de céramique), résume ainsi la montée en puissance de ce district. Il ajoute que celui-ci a fait le vide autour de lui, achetant presque toutes les entreprises de carreaux de céramique qui n'ont pas disparu en France, en Allemagne et en Italie même. Sassuolo ne s'en inquiète pas moins de la croissance, actuellement plus rapide que la sienne, de son concurrent espagnol, Castellon (220 entreprises, 17 000 personnes, 15 % de la production mondiale). Car l'Italie n'a pas le monopole des districts. En Espagne, on peut encore citer celui d'Elche, près d'Alicante, spécialisé dans la chaussure (620 entreprises, 7 000 personnes). En Grèce, Kastoria est célèbre pour ses fourrures.

L'atout de la densité italienne

Ce modèle de dynamisme est-il transposable en France ? Force est de constater que la formule existe déjà. Les districts de la vallée de l'Arve et de la région d'Oyonnax (plastique) - 600 entreprises, 7 000 personnes - n'ont rien à envier à leurs homologues italiens les plus performants. Une dizaine de SPL, Besançon (microtechniques), Cholet (habillement et chaussure), Thiers (coutellerie), Sainte-Sigolène (plastique), notamment, fonctionnent comme de vrais districts. Ce qui frappe surtout lorsqu'on compare la plupart des SPL avec les districts italiens, c'est la différence de densité ; densité des districts sur le territoire national : dans l'Italie du Nord et du centre, ils constituent un tissu quasi continu. Les grandes villes feraient presque figure de pièces rapportées ! En France, ce sont quelques îlots dans un ensemble des plus classique. Contraste également pour la densité des entreprises au sein des districts : en Italie, quelque vingt-cinq concentrations de PMI emploient au moins 10 000 personnes. En France, seules la vallée de l'Arve et les régions d'Oyonnax et de Besançon sont dans ce cas, car la filière automobile franc-comtoise (85 000 emplois), répertoriée comme SPL et aidée à ce titre, n'est pas un district au sens strict. En revanche, le nombre des petites SPL est élevé : 12 entreprises et 300 emplois pour les engins de loisir du Morbihan, 13 entreprises et 250 emplois pour la transformation du bois en Haute-Marne, 5 entreprises et 280 emplois pour celle du pin dans les Landes.

Les districts italiens intègrent toutes les filières

Or, si les PMI italiennes n'ont pas l'obsession de la dimension critique, cette dernière intervient au niveau du district lui-même. Les économies d'échelle ne se réalisent pas au sein de chaque entreprise ; elles résultent de la concentration d'activités complémentaires. " Ce qui fait l'efficacité du système, c'est qu'il rend variables la plupart des coûts ", explique Gianni Lorenzoni, professeur à l'Université de Bologne. Mais la densité n'est pas tout. L'histoire de la réussite de nombre de districts, c'est celle du réveil d'activités anciennes somnolentes et de crises surmontées à force de volonté. " En France, on assimile souvent les districts à la sous-traitance et à la flexibilité, observe Andrea Ballestri, secrétaire général du club des districts industriels italiens. Ils en sont des éléments importants, mais pas le moteur. " Alors, quel est le moteur ? Les Italiens le définissent volontiers comme l'esprit d'entreprise associé à une manière originale d'articuler créativité et technique. Les districts excellent dans les produits qui marient plusieurs technologies et dont la fabrication exige un nombre substantiel d'opérations successives. Chaussures de sport ou lunettes, par exemple. Pour résister à la contrefaçon et à la délocalisation, ces produits doivent constamment élever leur niveau technologique. " Plus un produit est difficile à fabriquer, plus il est difficile à copier ", estime Mario Boselli, président de Marioboselli (textile, 390 millions de francs de chiffre d'affaires, 35 personnes) implanté industriellement au nord de Milan.

Des investissements relativement lourds

Les districts les plus performants réunissent des compétences de plus en plus diversifiées, des sociétés d'études aux designers, mais aussi des centres techniques et de formation exigeant des investissements relativement lourds, dont l'utilisation ne fait pas toujours l'unanimité. En témoigne la crise que connaît actuellement le Pôle européen de plasturgie d'Oyonnax, dont le directeur a été licencié et dont le président vient de démissionner. C'est (pour simplifier) l'expression d'un conflit, classique dans les districts, y compris italiens, entre les intérêts des leaders, qui inspirent des projets ambitieux mais concernant peu d'entreprises, et ceux des " petits ", aux préoccupations plus terre à terre. En Italie, plus qu'en France, les districts incluent des constructeurs de machines. Ne cherchant pas à devenir des généralistes, ceux-ci ont joué l'intégration dans leur environnement. Quitte à se constituer ensuite eux-mêmes en district pour élargir leur horizon, comme ceux de Busto Arsizio (machines textiles), au nord de Milan, qui participent désormais à des salons à l'étranger. Ils le font par l'intermédiaire d'un consortium. Reposant sur un contrat passé devant notaire et approuvé par les Pouvoirs publics, le consortium est le vecteur privilégié des actions collectives les plus diverses. En mutualisant les garanties offertes aux banques, ils permettent aussi d'obtenir des taux comparables à ceux dont bénéficient Pirelli ou Benetton. Le consortium mis à part, les districts n'ont pas innové sur le plan financier. " En Italie, les décisions des banques sont plus décentralisées qu'en France, et elles sont prises par des hommes qui connaissent parfaitement le métier de leurs clients et les hommes qui l'exercent ", affirme Franco Manelli. Mais, en France, les industriels de la Plastic comme de la Technic Vallée ne jugent pas différemment leurs partenaires financiers...

Priorité à l'autofinancement

En fait, en Italie et en France, on accorde la priorité des priorités à l'autofinancement. Dans la vallée de l'Arve, on investit beaucoup dans la technique, on est attentif à ce qui relève du commercial. Pour le reste... " Un franc n'a pas la même valeur à Cluses et à Paris... ", ironise Jean Perret, fondateur éponyme de l'entreprise et président du syndicat du décolletage. L'Italie pratique peu le capital-risque et le capital-développement. Dans la plupart des districts, y compris dans la vallée de l'Arve, la création et la croissance des entreprises obéissent d'ailleurs à un schéma qui n'a rien à voir avec celui de la Silicon Valley. Le salarié devient sous-traitant de capacité de son employeur avant, dans un deuxième temps, d'innover s'il en a les possibilités. Toutefois, les capitaux nécessaires pour créer et développer une entreprise sont de plus en plus importants. La société lyonnaise de ca-pital-développement Siparex a apporté un appui apprécié à quelques-unes des entreprises les plus dynamiques des districts rhônalpins. Bref, dans ce domaine, la France est en avance sur l'Italie. Du fait de l'augmentation du prix d'entrée dans certains districts, la création d'entreprise se raréfie. Celle-ci était la voie privilégiée de la promotion sociale. " Avec l'accroissement des qualifications exigées par les entreprises et celui des exportations, la promotion interne prend le relais ", observe Jean Perret.

Une même difficulté à trouver les compétences

Encore faut-il trouver de bons candidats. A cet égard, districts français et italiens sont logés à la même enseigne. A Montebelluna, il arrive que l'on fasse appel à un chasseur de têtes pour recruter un technicien. Dans la vallée de l'Arve, une société privée a organisé deux forums de l'emploi. Quarante à cinquante entreprises y ont participé, pas toujours les plus importantes ; des candidats sont venus de la France entière, et quelques dizaines de recrutements se sont concrétisés. L'intégration n'est pas toujours simple. " Lorsque nous embauchons des Milanais, observe un industriel de Sassuolo, ils ne savent pas travailler avec nous et nous ne savons pas les utiliser. " Les comportements évoluent, mais restent marqués par la tradition, en Italie sans doute plus qu'en France. Patrons et ouvriers se connaissent depuis l'enfance, se tutoient, plaisantent ensemble. Mais, dès que l'on se met au travail, chacun reprend son rôle, le patron celui de patron, l'ouvrier celui d'ouvrier.

Un modèle en évolution constante

En Italie comme en France, les industriels qui ont fait les districts et qui approchent de l'âge de la retraite émettent une crainte : ils ont démarré dans la pauvreté, où ils ont puisé leur détermination. En 1960, nombre de régions italiennes, aujourd'hui prospères, n'avaient pas l'eau courante. Elevée dans le confort, la nouvelle génération fera-t-elle preuve du même esprit de conquête ? Difficile enfin de prétendre s'inspirer efficacement du modèle italien si l'on n'intègre pas le fait que ce modèle lui-même est en constante évolution. Aujourd'hui, concurrencés par le Sud-Est asiatique, les industriels de Montebelluna, par exemple, ont des problèmes de coût. Ils ripostent en organisant la délocalisation de certaines activités dans un " sous-district " qu'ils contrôlent à Timisoara, en Roumanie. La faculté de résister au risque de délocalisation dépend de nombreux paramètres. Parmi ceux-ci, la complexité des relations entre les entreprises. " Il est beaucoup plus difficile de déplacer une unité de mille personnes que cent unités de dix ", aime à dire Jean-Claude Léger, industriel du décolletage et maire de Cluses. De plus, les districts italiens ne vivent pas toujours dans une douce quiétude. Particulièrement nombreux dans les secteurs les plus menacés par la délocalisation, comme le textile, la chaussure et le cuir, ils résistent plutôt bien, mais au prix d'une très vive concurrence au sein de chacun et parfois entre eux. Et, comme à Prato, le solde des créations et des disparitions peut être négatif. De nouveaux districts se créent également, comme celui de Ravenne autour de l'environnement, qui regroupe des industriels de la pétrochimie, des constructeurs d'équipements antipollution, des entreprises de pisciculture. " Nous fédérons des activités diverses et cherchons à insuffler à l'ensemble l'esprit des districts ", affirme Enzo Talamonti, direc- teur de l'unité locale de Lonza. La Chambre de commerce et l'Université sont des partenaires actifs. On est assez proches de certaines démarches françaises. Enfin, si les industriels italiens soulignent volontiers qu'ils ne doivent rien à l'Etat, la loi reconnaît désormais les districts et autorise certaines formes d'aides, notamment de la part des régions. Et si les destinataires accueillent avec prudence la possibilité de négocier des contrats de programme, c'est qu'ils ont comme contrepartie l'engagement de favoriser le développement de districts dans le Mezzogiorno.

Susciter des prises de conscience

Alors, transposable, le modèle italien ? La Datar veut le croire. Mais ses aides, pour l'instant, relèvent essentiellement du saupoudrage. Si leur objectif est la constitution de véritables districts, elles peuvent, au mieux, susciter des prises de conscience mobilisatrices. Pour Florence Vidal, consultante internationale, " en Italie, les organismes de développement local appuient les stratégies des entrepreneurs. Ils ne se substituent pas à eux pour les définir. " C'est effectivement l'une des grandes leçons des districts. Jean Meilhaud



Qu'est-ce qu'un district ?

Une concentration de PMI sur un petit territoire.

Une forte spécialisation sur un produit ou une technique.

Une part significative du marché mondial (à défaut, national).

Une part importante de l'emploi local.

Comment fonctionne-t-il ?

Il articule, de manière originale, créativité et technologie.

Il regroupe des compétences complémentaires pointues.

Il conduit des actions collectives.

Il maintient une concurrence entre ses membres.



Trois districts italiens modèles

Prato (Toscane) La plus forte concentration textile du monde

Laine (près de 20 % du marché mondial) et tissus. 8 400 entreprises, dont 1 500 industrielles, 44 000 personnes. Naissance : XIIe siècle.

Points forts : lancement de nouveaux produits (soie lavée, tissus gaufrés, etc.), investissements dans la recherche et l'outil de production, flexibilité sociale.

Points faibles : baisse de la demande de laine cardée, atomisation de la production, diminution constante du nombre des entreprises.

Montebelluna (Vénétie) 85 % du marché mondial des chaussures de ski

Chaussures de sport : ski, montagne, rollers, etc. 600 entreprises, 8 000 per sonnes. Naissance au XIXe siècle (chaussure militaire), développement dans le sport dans les années 60.

Points forts : des compétences incontournables pour les multinationales du secteur, aptitude à changer de production, contrôle d'un " sous-district " en Roumanie.

Points faibles : caractère capricieux de la demande, montée de la concurrence asiatique pour certains produits.

Sassuolo (Emilie) Leader mondial de la céramique

Céramique, carrelages : 30 % du marché mondial

400 entreprises, 20 000 personnes

Naissance dans les années 20. Redémarrage dans les années 60

Points forts : une production très automatisée assurant une qualité artisanale, la mutualisation de nombreux services

Points faibles : la saturation du site, la montée des concurrences espagnole, portugaise et chinoise.



En France

Les 10 principaux districts français de plus de 3 000 personnes sont installés en Rhône-Alpes (pour le plus grand nombre), en Midi-Pyrénées, dans l'Ouest et dans le Nord. Ils concernent le plastique, le textile, les micromachines, l'ameublement, la verrerie...

En Italie

Les 32 principaux districts italiens de plus de 3 000 personnes sont installés dans la moitié nord du pays. Les secteurs d'activité sont très variés : articles ménagers, mécanique, textile, marbre, céramiques, machines, chaussures, meubles, instruments de musique...



La vallée de l'Arve prépare le xxie siècle

Même les Italiens la citent en exemple ! La vallée de l'Arve (Haute-Savoie) s'est spécialisée au XVIIIe siècle dans l'horlogerie et dans le décolletage au début du XXe. Rebaptisée Technic Vallée à des fins promotionnelles, elle regroupe 750 entreprises de sous-traitance industrielle employant plus de 16 000 personnes sur 30 kilomètres, entre Chamonix et Bonneville. Elle représente notamment 65 % du décolletage français (avec près de 20 % d'exportation). Elle travaille beaucoup pour l'automobile, mais ne cesse d'élargir ses débouchés. Le principal problème du district vient de son succès. Malgré un lycée professionnel, un lycée technique et deux centres d'apprentissage, la pénurie de personnel qualifié est chronique et porte sur 600 emplois. A terme, la question des réserves foncières pour les entreprises se posera. La profession (en partenariat avec les instances concernées et notamment le syndicat intercommunal, Sidemva) n'en met pas moins au point un programme de formation en alternance de 1 500 jeunes pour les dix prochaines années (elle en a formé 1 080 les dix dernières). Après avoir créé un observatoire de veille stratégique, elle en prépare un sur l'évolution des métiers. Et elle réfléchit à l'avenir de son centre technique (qui intègre un bureau d'études en temps partagé), à l'heure où les savoir-faire liés au décolletage se diversifient. Et pourtant, les industriels locaux se définissent volontiers comme de farouches individualistes ne sachant pas " lever la tête du guidon "...



La quincaillerie de Tinchebray veut grandir

Si elle ne compte que 11 entreprises (250 millions de francs de chiffre d'affaires, 580 personnes), la Quincaillerie de Tinchebray représente plus de la moitié de la production française de petit outillage de jardinage. Son autre spécialité est la quincaillerie liée au bâtiment. Bénéficiant de 500 000 francs d'aides, dont plus de la moitié au titre de l'opération SPL de la Datar, elle veut développer des actions collectives, bien dans la ligne italienne, sur les marchés français et étrangers, mais aussi pour négocier des achats, notamment de prestations de transport. Pour Marc Lemarchand, P-DG de Mermier-Lemarchand, principale PMI du secteur (85 millions de francs, 160 personnes), il faut établir un bon équilibre entre ces actions et le respect des stratégies individuelles. " Pas question de réinventer le kolkhoze ! "



Des aides variées pour les SPL

Datar : après un appel d'offres (124 réponses), elle a sélectionné 60 projets de SPL et réparti 7 millions de francs (7 autres leur seront affectés ultérieurement). D'ici à la fin de 1999, une seconde vague de projets sera examinée.

Contrats de plan : les projets de SPL pourront s'intégrer aux contrats de plan Etat-régions (2000-2006) en cours de négociation et bénéficier d'aides complémentaires (européennes et locales). Des contrats ont déjà été conclus dans le cadre régional, notamment en Rhône-Alpes (par exemple, avec la plasturgie, pour un budget de 40 millions, dont 20 de la région).



Pour en savoir plus

Club des districts industriels français : Sidemva, mairie de Cluses, BP 99, 74302 Cluses

Club dei distretti industriali : 59100 Prato, Via Valentini, 14

Le CFCE vient d'éditer " Les Districts industriels italiens " (48 pages, 316,50 francs). Librairie du commerce international, 10, avenue d'Iéna, 75016 Paris.

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