Les dirigeants européens sous pression au sujet de la dette

par Ben Deighton et Andreas Framke

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BRUXELLES/FRANCFORT (Reuters) - Les dirigeants européens multiplient les contacts sous la pression des marchés qui réclament une action radicale pour enrayer la spirale de la crise de la dette.

Avec le décrochage des Bourses mondiales vendredi, une intervention rapide des autorités politiques apparaît nécessaire par ramener au calme une communauté financière déstabilisée par l'éventualité d'une rechute de l'économie américaine et par l'extension de la crise de la dette dans la zone euro.

Après deux semaines de baisse ininterrompue, les places de Paris, Rome, Madrid et Lisbonne sont retombées à leurs niveaux d'il y a plus de deux ans.

Jeudi, les investisseurs n'ont pas apprécié que la BCE n'ait pas acheté de papier espagnol et italien dans le cadre de la relance de son programme d'achats obligataires, se limitant à la dette d'Etat irlandaise et portugaise alors même que le rendement des titres espagnols et italiens dépassait 6%.

Après la Grèce, l'Irlande et le Portugal, les investisseurs craignent que ce soit maintenant au tour de l'Italie et de l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro, de devoir solliciter un sauvetage.

Selon des sources proches de la situation vendredi, la Banque centrale européenne est prête à racheter des obligations italiennes et espagnoles si le président du Conseil italien Silvio Berlusconi s'engage à mettre en place des réformes budgétaires précises.

Silvio Berlusconi, qui a téléphoné dans la journée au président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero et au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, devait tenir une conférence de presse à 17h00 GMT.

Le président Nicolas Sarkozy devait de son côté s'entretenir par téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et José Luis Rodriguez Zapatero. Le chef de l'Etat français, alors que la France préside le G20, devait aussi poursuivre ses discussions entamées la veille avec le président de la BCE Jean-Claude Trichet.

La Chine et le Japon, les deux principaux créanciers étrangers des Etats-Unis, ont appelé à la coopération internationale, rejoints par l'Union européenne.

"La coordination politique internationale à travers le G7 et le G20 est d'une importance cruciale", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, qui a interrompu ses vacances pour rentrer à Bruxelles où il a tenu une conférence de presse.

Il a notamment annoncé que la Commission européenne présenterait après l'été un rapport sur l'idée d'obligations communes à la zone euro ("eurobonds") et les possibilités à long terme pour l'infrastructure de la zone euro.

Olli Rehn devait discuter de la situation également avec le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de la zone euro mais pâtit lourdement de la fébrilité des marchés. Il devait s'entretenir avec le chancelier de l'Echiquier George Osborne et le gouverneur de la Banque d'Angleterre, selon une source du Trésor britannique.

Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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