Economie

Les dirigeants, des hommes comme les autres

Christophe Bys

Publié le

Même pas peur, répondent les cadres dirigeants, quand on leur parle de la vie économique ou des exigences des actionnaires. Les choses se corsent quand l’humain est abordé.

Les dirigeants, des hommes comme les autres © D.R.

On les imaginait des surhommes hyperactifs et fiers de l’être. Et on découvre des salariés dont les attentes sont finalement assez proches de celles de leurs collaborateurs. Les cadres dirigeants rêvent avant tout d’équilibrer vie familiale et vie professionnelle. 57 % des cadres dirigeants interrogés par l’observatoire de la Cegos estiment même que c’est la chose la plus difficile dans l’exercice de leur fonction. Suivie par la nécessité de trouver une adéquation entre les obligations liées à leurs fonctions et leurs valeurs personnelles (44 %). L’anticipation des risques économiques et sociaux n’occupent que la troisième place. A côté, les exigences des actionnaires passent pour un quasi divertissement. Seuls 18 % estiment que c’est ce qu’il y a de plus difficile dans leurs missions.

S’ils sont aptes à relever les défis économiques et financiers, ils apparaissent beaucoup moins à l’aise dès lors qu’il est question d’enjeux sociaux ou humains. Ainsi, 85 % n’ont pas peur des mutations technologiques et 53 % se disent armés pour faire face aux enjeux de rentabilité. Les choses se compliquent quand on commence à parler de restructurations d’entreprises, de fusions. Ils sont 60 % à se sentir désarmés. Autre situation qui perturbe une majorité de dirigeants : les risques psycho sociaux 

Or, d’autres réponses à cette même enquête laissent penser que les cadres dirigeants produisent eux-mêmes du stress chez leurs collaborateurs. A commencer par cette attente simultanée que résume Annette Chazoule, qui a supervisé cette étude : "le collaborateur idéal doit à la fois suivre les consignes du chef mais aussi proposer des solutions. Les deux ne sont pas incompatibles, mais comment trouver l’équilibre ? Comment savoir à quel moment il convient d’appliquer ce qui vient d’en haut et à quel autre il faut prendre l’initiative ?".  Du pain béni pour le développement de  l’"injonction paradoxale", cette situation qui survient chaque fois qu’un individu est soumis à des ordres contradictoires.

L’ennemi a un nom : le stress

Autre mauvaise nouvelle : les dirigeants estiment que la crise passée a surtout eu pour effet d’augmenter le stress dans leurs équipes (56 %), cette réponse arrivant avant la réorganisation des priorités (53 %) et les défis managériaux de type déménagement ou réorganisation des services (41 %). Pas sûr qu’ils aient su trouver les mots justes pour rassurer et accompagner leurs salariés.

Pour compléter le tableau, les relations entre cadres dirigeants n’appartiennent pas au monde des bisounours. Ils se disent massivement en perpétuelle compétition et ils en tirent les conséquences : seulement un cadre dirigeant sur cinq attend davantage de solidarité de ses pairs. La franchise et la transparence suffiraient à 71 % d’entre eux.

Dans un monde aussi cruel, rien d’étonnant s’ils sont si nombreux à rêver d’un meilleur équilibre personnel privé. Les autres rêvent d’aller voir ailleurs. 42 % disent vouloir changer d’entreprise.

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