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Les deux principaux moteurs de l'incroyable rebond de STMicroelectronics

Ridha Loukil ,

Publié le

Après six années consécutives de recul ou stagnation, STMicroelectronics s’attend à une croissance de 14% de son chiffre d’affaires en 2017. De quoi retrouver en 2017 le revenu de 8 milliards de dollars de 2013. Un incroyable rebond qui s'explique principalement par deux moteurs: les Mems et les imageurs 3D.

Les deux principaux moteurs de l'incroyable rebond de STMicroelectronics
Carlo Bozotti, PDG de STMicroelectronics, retrouve le sourire

Le vent tourne en faveur de STMicroelectronics. « Nous sommes de retour, prévient son PDG Carlo Bozotti en ouverture de son évènement ST Capital Market Day dédié aux investisseurs et analystes, qui s’est déroulé le 11 mai 2017 à Londres. Nous nous préparons à faire mieux que l’ensemble du marché en 2017. »

Réveil spectaculaire

Les prévisions de Carlo Ferro, directeur financier du groupe, sont particulièrement optimistes. Après une croissance de 11,5% au quatrième trimestre 2016, puis de 12,9% au premier trimestre 2017, il entrevoit une accélération de façon à atteindre un bond de 14% sur l’ensemble de l’année 2017. De quoi retrouver le chiffre d’affaires de 8 milliards de dollars de 2013.

Après six années consécutives de recul ou stagnation, qui ont fait perdre au groupe le tiers de son chiffre d'affaires, le réveil apparait tout aussi surprenant que spectaculaire. Il y a seulement un an, le fabricant franco-italien de semiconducteurs, qui emploie 43 500 personnes dans le monde, dont 10 800 en France, paraissait englué dans des difficultés sans fin, résultat de l’effondrement de son plus gros client, Nokia, dans les mobiles. Alors comment expliquer un tel retournement de situation ?

Grand contrat d'imageurs avec Apple

« Nous avons arrêté l’activité de circuits numériques avancés pour décodeurs et box Internet mettant fin au dernier foyer important de pertes, explique à L’Usine Nouvelle un cadre du groupe qui préfère ne pas être cité. Nous continuons à vendre les produits existants mais nous n’investissons plus dans le développement de nouveaux. Nous avons par ailleurs emporté un contrat de fourniture de modules de caméra 3D à un client majeur dans les mobiles. Prévu d'être concrétisé au départ en 2016, il a été décalé en 2017. Il commencera à générer des revenus significatifs au second semestre 2017. Nous bénéficions aujourd'hui d’un double effet positif: celui de la réduction des coûts dans l’activité pour décodeurs et celui de la concrétisation de ce contrat dans les imageurs 3D. »

Le client majeur en question est Apple. Selon le cabinet Yole Développement, STMicroelectronics a été choisi pour fournir l'exclusivité des imageurs à temps de vol, composants de mesure de la distance, du futur iPhone. Il intervient également au niveau du sous-ensemble en fournissant les modules de caméra 3D, qui combinent l'imageur à temps de vol, l'optique, la diode laser Vcsel et le circuit de traitement numérique des informations du capteur (ces deux derniers composants proviennent toutefois d'autres fournisseurs choisis par Apple). Mais, selon la presse coréenne, il semble partager ce marché de modules de caméra 3D avec le coréen LG Innotek.

Fournisseur exclusif des détecteurs de mouvement du Galaxy S8

Les quatre divisions de produits sont promises toutes à de fortes progressions. Deux se distinguent tout particulièrement : la division de Mems et circuits analogiques, et la division d’imageurs et autres produits. La première bénéficie du rebond de STMicroelectronics dans les Mems après quatre années consécutives de recul. Elle pourrait voir son chiffre d’affaire grossir de près de 20% en 2017.

Le groupe a emporté le marché des détecteurs de mouvement Mems de la Switch, la dernière console de jeu de Nintendo, et de plusieurs smartphones vedettes, dont le P10 de Huawei, le R9s d’Oppo et le Galaxy S8 de Samsung. « Nous sommes le seul fournisseur du Galaxy S8, confie à L’usine Nouvelle Benedetto Vigna, le patron de la division Mems et circuits analogiques, qui représente 23% du chiffre d'affaires total en 2016. Nous avons gagné l’exclusivité de ce marché aux dépens d’InvenSense qui partageait avec nous le marché de la génération précédente, le Galaxy S7. » STMicroelectronics bénéficie aussi de la montée en puissance des constructeurs chinois dans les mobiles. Oppo, numéro quatre mondial des smartphones derrière Samsung, Apple et Huawei, a fait son entrée en 2016 dans le Top 20 de ses clients, alors que Huawei figure déjà dans le Top 10. Un point noir toutefois: STMicroelectronics ne parvient toujours pas à faire revenir ses détecteurs de mouvement Mems dans l'iPhone, un marché qu'il détenait en exclusivité jusqu'en 2013. Selon Bloomberg, le marché du futur iPhone a été emporté par Bosch et InvenSense.

Extension de la capacité de production à Crolles 2

Mais c'est la division d’imageurs et autres produits qui affiche les perspectives les plus prometteuses. Son chiffre d’affaires pourrait être multiplié par deux à trois en 2017.  Une évolution qui s’explique par l’explosion de la demande d’imageurs à temps de vol dans les mobiles. « Il y a un an, nous avions un seul client, note Jean-Marc Chery, directeur général adjoint du groupe et patron de cette petite division qui représente 4,2% du chiffre d'affaires total en 2016. Nous en avons aujourd’hui plusieurs constructeurs de mobiles, dont un majeur. » Le client majeur en question est Apple que STMicroelectronics se garde bien de désigner conformément aux règles de confidentialité imposées par la firme à la pomme à ses fournisseurs.

L’envolée de la demande a contraint le groupe à presque doubler ses investissements industriels à 1,1 milliard de dollars en 2017. Une bonne partie de l’effort (300 millions de dollars selon l'estimation de L'Usine Nouvelle) bénéficie  à l’usine Crolles 2, près de Grenoble, où sont fabriqués les imageurs sur des plaquettes de 300 mm de diamètre. L’objectif est d'en porter la capacité de production à 5 000 tranches par semaine à la fin de 2017, contre 3 000 tranches par semaine un an auparavant. « Il est possible que nous soyons amenés à augmenter encore l'investissement », prévient Carlo Ferro sans préciser de montant. De quoi faire oublier la morosité des six dernières années.

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