Les deux enjeux de Roche dans le monde du diagnostic

Leur nombre de clients diminue, et leurs tests peinent à être remboursés. Même Roche, le numéro un des industriels du diagnostic in vitro, pâtit de la restructuration du secteur.

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Les deux enjeux de Roche dans le monde du diagnostic

Même lorsqu'on est numéro un mondial, exercer dans le diagnostic in vitro (la partie "cachée" des analyses médicales) s'avère de plus en plus compliqué. En France, le suisse Roche Diagnostics est confronté à deux grandes mutations.

D'une part, la réforme de la biologie médicale. Amorcée il y a un an, elle se traduit par une forte concentration des laboratoires d'analyse médicale. Résultat ? "Cette restructuration du marché entraîne une réduction du nombre de nos clients à cause du déploiement de laboratoires multi-sites", reconnaît Bertrand Le Bert, président de Roche Diagnostics France, interrogé par l'Usine Nouvelle.

Et les conséquences se font déjà sentir, avec un marché de la fourniture aux laboratoires en chute de 2% depuis un an. Car pour réaliser leurs analyses d'échantillons, ils achèteront désormais un grand système automatisé de haute technologie plutôt que dix petits, et consommeront aussi moins de réactifs. Sans hésiter à marchander. "Le pouvoir de négociation des clients importants augmente", poursuit Bertrand Le Bert. Mais Roche avait anticipé. Misant sur le déploiement de nouveaux services, avec la constitution en janvier 2011 d'une division Ingénierie et Déploiement de 80 personnes.

Des tests non remboursés, en raison de la crise

Mais ce qui inquiète aussi le laboratoire, c'est la mise sur le marché laborieuse de ses tests de diagnostic. Un enjeu qui n'est pas propre à la France. "Dans l'Union Européenne, cela devient de plus en plus difficiles de lancer de nouveaux tests innovants et d'obtenir un remboursement", se désole Michael Heuer, dirigeant EMEA et Amérique Latine de Roche Diagnostics. Ainsi, alors qu'il a enrôlé plus de 47 000 femmes dans ses essais cliniques, Roche n'a pas obtenu le soutien des autorités sanitaires françaises pour remplacer les frottis par son test HPV dans la détection du cancer du col de l'utérus. Faute de budget suffisant, les états entament un bras de fer avec les industriels...

Roche veut rebondir malgré l'échec du rachat d'Illumina

Malgré des mois d'insistance, Roche a dû abandonner il y a peu ses velléités d'acquérir Illumina, un spécialiste américain du séquençage du génome. "Nous voulions investir beaucoup d'argent dans l'acquisition d'Illumina, mais cette dernière n'a pas voulu. Ce sujet est clos", confie Michel Heuer à l'Usine Nouvelle. Le laboratoire va néanmoins continuer d'investir dans ses propres technologies et poursuivre les partenariats, car "chaque année, on voit émerger une nouvelle technologie de séquençage, cela bouge très vite!" C'est pourquoi Roche entend trouver de nouvelles cibles à racheter, et dit rechercher des opportunités dans le monde entier.

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