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Les détecteurs de fumée souffrent de leur manque de fiabilité

Aurélie M'Bida ,

Publié le , mis à jour le 28/08/2015 À 10H56

Rappels à répétition, faible taux d’équipement des foyers français... Les détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) ne rencontrent pas le succés escompté.

Des plus grands jusqu'aux plus modestes des spécialistes des objets connectés, des industriels chevronnés et des nouveaux venus sur le marché à la faveur d’une législation contraignante... Tous ont lancé leur propre matériel de détection de la fumée. Parfois un peu trop vite ou avec trop d'impréparation. Cela ne semblait pourtant pas être le cas du français Bell & Wyson qui, après études et de nombreux tests, a réussi le pari de mettre un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) dans une ampoule LED. Astucieux et pratique, sauf lorsque la DGCCRF demande au fabricant de rappeller un lot de 500 unités de matériels jugés "non conformes et dangereux".

Le gendarme de la concurrence et de la consommation vient d’émettre une mise en garde des consommateurs contre les appareils BW1.2 ampoules LED et détecteur avertisseur de fumée intégré fabriqués par la start-up francilienne. "Le professionnel concerné a pris des mesures de retrait de la commercialisation et de rappel des exemplaires vendus auprès des clients concernés", précise-t-il dans son avis. Il est reproché à ce matériel "un important défaut de sensibilité au feu et d’une puissance acoustique insuffisante, tels que le produit ne remplit pas son rôle de détecteur et d’avertisseur et est considéré comme particulièrement dangereux, ainsi que de défauts multiples de marquage", explique la DGCCRF.

Des rappels relativement fréquents

L’incident n’est pourtant pas un acte isolé. La DGCCRF multiplie les mises en garde lorsqu’un danger grave et immédiat lié à la non-conformité du matériel se présente. Depuis le début de l’année, cinq rappels de produits différents ont été signalés. Depuis 2013, dix rappels ont été effectués suite à une note de mise en garde de la DGCCRF. "Neuf avis de rappel volontaires ont également été publiés par les professionnels du secteur depuis 2013", selon la DGCCRF.

Un nombre important surtout si l’on considère les deux études du magazine 60 millions de consommateurs qui, successivement en octobre 2009 et octobre 2014, décomptait seulement 25% environ de DAAF fiables sur une vingtaine d’appareils testés. Le marché représente plus de 30 millions de logements à équiper, le parc résidentiel français comptant 33,9 millions de résidences principales et secondaires en 2014. Entre 2009 et 2014, quelque 5 millions de détecteurs auraient été vendus. Cette année, les ventes pourraient à elles seules atteindre près du double. Un marché attractif qui ne manque pas d'attiser la compétition entre les fabricants de DAAF.

80% des logements ne sont pas encore équipés

Tout a commencé en 2011, lorsqu’un décret d’application de la loi Morange a rendu obligatoire, à compter du 8 mars 2015, la présence d’un détecteur de fumée dans tous les lieux d’habitation à usage privé. Estampillé du marquage CE et devant être conforme à la norme européenne harmonisée NF EN 14604, le détecteur doit, le cas échéant, être fourni par le propriétaire à son locataire et entretenu par le locataire. "Un détecteur d’incendie qui fonctionne correctement se reconnaît généralement parce qu’il est volumineux et pas spécialement beau", plaisante Benjamin Klesse, directeur commercial chez Chubb France, qui fabrique les détecteurs de la marque Kidde, utilisés massivement aux Etats-Unis.

L’esthétisme, une des raisons de l’absence de succès en France ? "Seuls 15 à 20% des logements sont actuellement équipés, précise Benjamin Klesse. Pourtant, l’offre est abondante. Mais les produits ne sont pas forcément tous à la hauteur, car il faut mettre le prix pour obtenir un bon détecteur. Un DAAF efficace va être certifié 10 ans et le boîtier sera scellé, de telle sorte qu’il n’est pas possible de l’ouvrir et après la date, il n’y aura plus qu’à le changer." Un délai supplémentaire jusqu'à janvier 2016 a été accordé aux propriétaires pour équiper leurs logements de DAAF.

Elles étaient peut-être trop jolies, trop design… les ampoules avec détecteur de fumée intégré de Bell & Wyson retirées du marché!

Aurélie M'Bida

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