Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Les démons des Bric

, , , ,

Publié le

Les démons des Bric © D.R. - BRICS

En Chine, la publication la semaine passée d’un indice des directeurs d’achat meilleur qu’attendu a, à peine, rassuré. Ce chiffre n’a pas levé le doute sur la vigueur de la croissance qui devrait être, à 7,7% cette année, la plus faible depuis 1999. Mais il n’y a pas que l’ex-empire du Milieu. Mois après mois, le constat est là : les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) n’ont plus d’élan. En Inde, la croissance au dernier trimestre a été la plus faible depuis dix ans (4,5%). La Russie patine autour de 2,5%. Enfin, le Brésil est à moins de 2% en rythme annuel. Il est tentant de chercher des raisons communes à des situations si hétérogènes. Et, on peut en trouver au moins une : l’Europe. La déprime des Vingt-sept, qui pèsent "encore" 23% du PIB mondial, mine le dynamisme de leurs grands partenaires, américains ou émergents.

Ainsi, en 2012, les exportations des Bric vers l’Europe ont stagné à 577 milliards d’euros. Et pour le reste ? Cette panne des Bric a surtout à voir avec leurs démons internes. Alors que la planète entière reproche à l’Europe de trop traîner pour se réformer, le même mal frappe nos Bric. En Chine, le nouveau pouvoir tergiverse, entre relance et assainissement de l’économie. On le comprend ! Il y a un risque réel que l’opération de transparence réclamée par beaucoup au nouveau président Xi ne se transforme en catastrophe façon "subprime" ! Car à Pékin nul n’a idée de l’état réel du secteur financier intoxiqué par des années de folle croissance de l’investissement (notamment local), qui correspond toujours à la moitié du PIB. Au Brésil, tout au contraire, Dilma Rousseff se trouve aux limites d’un modèle qui, depuis des années, a négligé l’investissement et privilégié la consommation. Ce choix a nourri des goulots d’étranglement, au premier chef dans les infrastructures qu’illustre l’incapacité du pays à mettre en valeur sa richesse pétrolière. Et on pourrait citer aussi sa compétitivité industrielle, mise à mal par ses rideaux protectionnistes.

L’Inde souffre à peu près des mêmes maux. Affaibli, le Premier ministre Singh fait face à la paralysie d’un système politique miné par la corruption et le clientélisme à l’approche des législatives de 2014. Quant à la Russie, les sorties de Vladimir Poutine qui, avant son élection de mars 2012, promettait de créer 25 millions d’emplois, paraissent bien fanfaronnes. L’espoir que l’ours russe tourne le dos à l’économie de rente et au népotisme s’éloigne de jour en jour. Bien sûr, nos géants affichent encore des croissances à faire rêver Paris, Athènes ou Madrid. Mais à force de crier haro sur le baudet européen qui met, cahin-caha, de l’ordre dans ses affaires, on oublie que les moins réformateurs ne sont peut-être pas ceux que l’on croit.

Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle