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L'Usine Aéro

Les défis qu’Airbus Helicopters doit relever pour 2016

Olivier James , , , ,

Publié le

Confronté à une sévère baisse de régime du secteur pétrolier et à des retards dans des contrats militaires, l’hélicoptériste a connu une année 2015 difficile.


H160 Airbus Helicopters

L’âge d’or de l’aviation commerciale engloutie sous les commandes ne rend que plus visible les difficultés que connaît le secteur des hélicoptères. Preuve en est avec Airbus Helicopters qui a présenté lundi 25 janvier ses résultats commerciaux.

Moins de deux semaines après ceux d’Airbus faisant état d’un carnet de commandes et de livraisons records, le contraste est frappant : la filiale hélicoptériste d’Airbus Group n’a enregistré que 383 commandes en 2015 (contre 402 en 2014) et a livré 395 appareils (contre 471 en 2014). Avec un niveau de commandes inférieur aux livraisons, le carnet de commandes est donc en léger retrait.

Dans le secteur civil, Airbus Helicopters subit – au même titre que ses concurrents – le ralentissement brutal de l’activité dans le secteur pétrolier et gazier qui trouve son origine dans la chute du prix du baril de pétrole.

"Nous nous attendons à un très faible niveau d’activité dans ce secteur pour 2016 et 2017", précise Guillaume Faury, le pdg du groupe. Côté militaire, la situation n’est guère brillante : l’hélicoptériste pâti de retards pris dans des grands contrats avec des pays comme la Pologne (pour des appareils de type Caracal) et le Qatar (avec la vente de NH90).

Les services de plus en plus présents

En difficulté, Airbus Helicopters a malgré tout affirmé ses positions de numéro un dans le civil (45% des livraisons en 2015) et de numéro quatre dans le militaire (9% des livraisons en 2015). Mais Guillaume Faury sait que l’année à peine entamée sera difficile.

"Nous nous préparons à résister, a-t-il affirmé. Nous comptons sécuriser notre carnet de commandes en 2016 en engrangeant davantage de commandes que nous ne livrerons d’appareils". Comment le dirigeant compte-t-il atteindre cet objectif ? Peut-il faire remonter le niveau de charge de travail du site de Marignane (Bouches-du-Rhône), qui fonctionne pour sa partie production en sous-régime ?

Airbus Helicopters mise de plus en plus sur ses activités liées aux services aux opérateurs et va devoir en 2016 faire la preuve de leur pertinence. Alors qu’en 2014, elles représentaient 42% du chiffre d’affaires, leur niveau s’élève en 2015 à 47%. Le lancement début 2015 de l’offre de service HCare, qui propose notamment des engagements de disponibilités des appareils, pourrait commencer à vraiment porter ses fruits cette année. La volonté du groupe depuis deux ans de se concentrer sur la satisfaction de ses clients pourrait très vite se transformer en monnaie sonnante et trébuchante.

Des contrats militaires qui pourraient se débloquer

Sur le volet civil, Airbus Helicopters pourrait engranger en 2016 les premières commandes de son dernier-né, le H160. A condition que le groupe respecte le calendrier qui prévoit la poursuite des vols de tests en cours et les premières livraisons en 2018 grâce à une usine flambant neuve, automatisée et robotisée. Autre essai qu’il va falloir réussir à marquer : la vente d’appareils à L’Iran. Alors que le grand frère Airbus semble déjà bien positionné avec 114 avions évoqués, Airbus Helicopters semble pour le moment moins avancé.

"Ce pays a d’énormes besoins par rapport à son secteur pétrolier et gazier, a confirmé Guillaume Faury. Nous espérons pouvoir commencer des négociations car nous estimons que c’est un marché important".

Fin 2016, la ligne d’assemblage d’Airbus Helicopters en Roumanie, qui assurera la production low cost des H215, devrait entrer en service et permettre au groupe de faire remonter son niveau de livraisons. En Chine également, la ligne d’assemblage qui produira des hélicoptères légers H135 devrait être finalisée dans le courant de l’année. De l’usine sortiront 100 appareils lors des dix prochaines années.

Vendre moins, mais vendre mieux

Côté militaire, le groupe espère surtout en 2016 conclure des contrats en cours. En 2015, seul celui passé avec la Corée du Sud a été finalisé. En particulier celui qui lui permettrait de produire 50 Caracal en Pologne, suspendu après le changement de majorité intervenu lors des élections législatives d'octobre 2015.

Idem avec le Qatar : la baisse du prix du pétrole a semble-t-il ralenti le processus engagé de vente de 22 NH90. Les ventes d’appareils Caracal au Koweït pourrait aussi se débloquer cette année. "En 2016, plusieurs de ces campagnes seront conclues", assure Guillaume Faury.

Au-delà du niveau de commandes et de livraisons qu’Airbus Helicopters parviendra à atteindre en 2016, l’enjeu pour le groupe est de parvenir même en situation difficile à tirer son chiffre d’affaires et ses bénéfices vers le haut. S’il est bien entendu trop tôt pour y répondre, la présentation des résultats financiers d’Airbus Group et de ses filiales le 24 février prochain permettra de savoir si en 2015 Airbus Helicopters sera parvenu à maintenir ses finances à flots malgré la baisse des livraisons.

Olivier James

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