Les défaillances d'entreprises s'envolent au troisième trimestre

Entre juillet et septembre, pas moins de 11 407 entreprises françaises ont ouvert des procédures, soit + 17 % par rapport au deuxième trimestre, selon une étude du cabinet Altares. Un signal inquiétant pour l'économie.

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Les défaillances d'entreprises s'envolent au troisième trimestre
Moins de clients et moins de crédits. Telle est la dangereuse combinaison qui a mené tout droit à la défaillance près de 11 407 entreprises françaises au troisième trimestre, selon Thierry Million, responsable des études chez Altares. Soit en hausse de 17% entre juillet et septembre par rapport au deuxième trimestre, du jamais vu depuis 1997 (+12 000) selon l'enquête réalisée par ce cabinet d'études. Avec ce constat aggravant : 67% d'entre elles sont des liquidations directes.

Une faillite sur quatre due aux retards de paiement
Les tensions, présentes depuis 2006, se sont accélérées au cours de l'été, en même temps que la crise financière. "Soit les entreprises ont eu du mal à trouver des clients, analyse le responsable. Soit elles ont été confrontées à des difficultés de trésoreries dues à la raréfaction du crédit et au fait qu'elles avaient déjà puisé dans leurs ressources pour résister au premier semestre". Et l'argent se faisant plus rare, les entreprises ont subi des retards de paiement de 32 jours en moyenne, multipliant par six le risque de défaillance, constate l'étude. Or les retards de paiement sont à l'origine d'une faillite sur quatre...

L'industrie dans le rouge
Résultat, les défaillances se sont donc à la fois multipliées et propagées à tous les secteurs d'activité. Dans l'industrie, elles ont fait un bond de 23% : + 13% dans les biens d'équipements, + 22% dans les biens intermédiaires et +31% dans les biens de consommation, alors que ces deux dernières branches restaient encore bien orientées au premier semestre. "Même les secteurs les plus solides, comme la mécanique, la chaudraunerie ou l'aérospatial, ont été impactés par la crise financière et la récession aux Etats-Unis", poursuit Thierry Million.



L'ensemble de l'économie vit dans le rouge : + 22% des défaillances dans les services aux particuliers, + 13% dans le bâtiment, + 11% dans le commerce. Dans les transports, elles ont explosé à + 49% dans les transports et la palme revient à l'immobilier avec + 55%.

53 000 défaillances à la fin 2008
Autre point saillant de l'étude, alors que par le passé les défaillances touchaient d'abord les jeunes entreprises, plus vulnérables (- de 5 ans), les défaillances se propagent aux PME depuis le début 2008 et touchent désormais les grandes entreprises (+48% pour les entreprises de plus de 20 salariés). Celles-ci davantage tournées vers l'international, ont été frappées de plein fouet par la conjoncture internationale. Au total, 53 000 entreprises devront passer par les tribunaux d'ici à la fin 2008. Et pas de rebond attendu pour 2009, tant les tensions risquent de perdurer malgré les efforts du gouvernement pour soutenir le crédit et malgré "une meilleure écoute" des banques". "Une banque acceptera-t-elle d'avancer le paiement d'une facture qui risque de toutes les manières de rester impayée ?", s'interroge Thierry Millon.



La méthodologie d'Altares

Membre du Bodacc (Bulletin officiel d'annonces civiles et commerciales), le cabinet Altares collecte l'ensemble des jugements auprès des greffes des tribunaux de commerce ou des chambres commerciales des tribunaux d'instance ou de grande instance. Ses statistiques d'ouvertures de procédure de sauvegarde et de défaillances comptabilisent les jugements dès leur enregistrement, « le plus souvent quelques semaines avant leur publication au Bodacc », explique le cabinet.


Carmela Riposa

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Les défaillances d'entreprise repartent à la hausse en 2007, 02/04/2008

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