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Les coûts de non-qualité, une source de profit peu exploitée par les industriels

Marine Protais

Publié le

étude exclusive Une étude menée par l’Afnor révèle que les coûts de non-qualité restent peu analysés par les industriels car les indicateurs sont difficilement mesurables et le sujet peu discuté dans les entreprises françaises.

Les coûts de non-qualité, une source de profit peu exploitée par les industriels © LFB

Baisser ses coûts de non-qualité est une source importante de profitabilité pour les entreprises. Pourtant elles sont encore trop peu à savoir comment mesurer ces coûts, encore moins à engager des actions pour les réduire, constate l’Afnor dans une étude publiée mardi 3 octobre auprès de 816 entreprises.

20 % des entreprises ne mesurent pas leurs coûts de non qualité

Plus de 90 % des sondés reconnaissent que les coûts de non-qualité sont indispensables ou nécessaires, ils représenteraient 5 % de leur chiffre d’affaires selon la majorité. Mais 20 % des entreprises interrogées ne savent pas comment les mesurer. "Ce chiffre est plus important dans les entreprises de moins de 50 salariés", remarque Anne-Laure Mauduit, responsable développement, innovation et prospective à l’Afnor et auteure de l’étude.

"Les entreprises mesurent essentiellement les indicateurs directement visibles comme les rebuts par exemple. Mais ils ne vont pas forcément mesurer le coût administratif lié à la non-qualité, le taux de rendement synthétique, les variations entre le coût prévu et le coût constaté d’un projet, les problèmes managériaux...", expose Anne-Laure Mauduit de l’Afnor.  "Si ces facteurs étaient davantage pris en compte, on se rendrait compte que les coûts de non-qualité représentent bien plus que 5 % du chiffre d’affaires des entreprises", estime de son côté Jean-Jacques Crosnier, ancien directeur qualité de Naval Group et membre du comité de pilotage de l’étude.

Suivi des indicateurs de coûts de non qualité en pourcentage d'entreprises sondées

Autre constat de l’étude : quand des indicateurs sont suivis, peu de mesures sont prises ensuite pour régler les dysfonctionnements. "Une part non négligeable (10 %) ne reporte pas du tout les coûts de non-qualité à leur comité de direction", précise l’étude de l’Afnor. Et près d’un tiers des entreprises interrogées ne mènent pas d’actions pour les baisser.

Fréquence de reporting des coûts de non qualité au comité de direction en pourcentage d'entreprises interrogé 

"Omertà" sur la qualité

"Même si les entreprises sont conscientes que ces coûts sont importants, ces sujets restent encore peu discutés car il y a un sentiment de culpabilité autour de la non-qualité, le droit à l’erreur reste un sujet compliqué en France", analyse Anne-Laure Mauduit. "Il y a une sorte d'Omertà sur la qualité en France car l’échec est considéré dans notre culture comme très important, et puis c’est aussi un sujet pas très glamour, difficile à faire entendre auprès des comités de direction", renchérit Jean-Jacques Crosnier.

La bonne nouvelle : il reste un gisement de productivité et compétitivité à exploiter pour les industriels. "Même si certains dysfonctionnements, comme les problèmes managériaux ou de communication, sont difficilement mesurables, on peut s’y attaquer grâce à des méthodes lean", positive Jean-Jacques Crosnier. L’Afnor met par ailleurs à disposition des entreprises certaines outils pour mieux identifier les coûts de non-qualité.
 

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