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Les coulisses du premier meeting de Pierre Gattaz président du Medef

Christophe Bys , , ,

Publié le

Ce n’est pas parce que le résultat était très attendu qu’il ne s’est rien passé lors de l’assemblée générale du Medef, qui a vu Pierre, fils d’Yvon, Gattaz accéder à la présidence. Ce moment de vie de la famille patronale a été l’occasion de célébrer son unité, de rappeler ses priorités, et de voir le président du comité statutaire…s’amuser. Reportage dans les coulisses du Palais des congrès.

Les coulisses du premier meeting de Pierre Gattaz président du Medef

Ce n’est pas seulement l’effet de la climatisation, si, mercredi 3 juillet, l’air était moins orageux à l’intérieur du Palais des congrès de Paris qu’à l’extérieur. L’assemblée générale du Medef s’y réunissait pour choisir le successeur de Laurence Parisot, soit la chronique d’un vote annoncé. Les mœurs patronales ont été à la hauteur de leur réputation, courtoises en apparence, quels que soient les mouvements sous-terrain qui travaillent l’appareil. Résultat : Pierre Gattaz a été élu avec 476 voix contre 8 à Hervé Lambel. Soit deux fois moins de voix que le nombre de votes blancs qui s’est élevé à 16.

Il fallait toute la malice d’un cacique du mouvement patronal, Georges Drouin, président du comité statutaire, pour donner un peu de piquant à cette élection. Tandis que les votes électroniques étaient comptabilisés et vérifiés par les scrutateurs de l’élection, il commente l’opération d’un "le suspense est considérable" avant d’ajouter juste avant la proclamation "nos scrutateurs ont trifouillé dans les ordinateurs et voici les résultats."

Une salle qui cache sa joie

L’élection a été saluée par des applaudissements normalement enthousiastes de la salle, une joie polie et sans débordement. Puis le conseil exécutif s’est réuni, avant que Pierre Gattaz ne rejoigne à nouveau la scène pour son premier discours de président du Medef, dans lequel il a déroulé son programme, précisant certains points du calendrier. L’audience a écouté, applaudissant un peu quand Pierre Gattaz a indiqué "Mesdames et Messieurs, vous êtes tous des héros", riant franchement quand il a évoqué le sujet d’économie de sa fille pour le baccalauréat 2013 : "vous montrerez de quelle manière les conflits sociaux peuvent être facteur de cohésion sociale."

Pour Thibault Lanxade qui fut un temps son challenger avant de rallier la candidature Gattaz, "c’était un beau discours, les deux pieds dans la glaise." Il est vrai que le nouveau président du Medef a beaucoup travaillé son image d’homme de terrain, l’homme de la situation, celui dont le storytelling était le bon pour l’époque.

"Pierre Gattaz est le patron d’une entreprise patrimoniale qui a réussi" explique Jean-François Fusco, le trésorier de la Fefis, qui ajoute "c’est une entreprise industrielle, quand l’urgence du moment c’est de conserver une industrie en France." Thierry Gagnez, le président de l’UIMM des Vosges ajoute : "les patrons sont au bout du rouleau, l’heure de vérité arrive. Le nouveau président du Medef sera encore plus confronté à ce changement de cap que Laurence Parisot." Si elle a été remerciée par Pierre Gattaz et nommée présidente d’honneur (un poste purement honorifique) au Medef, la présidente sortant n’a pas prononcé publiquement le moindre discours en ce jour qui était aussi le dernier de son mandat. L’homme du jour s’appelait Pierre Gattaz. Pas question de brouiller les messages.

Commentant cette première prestation de Pierre Gattaz, un votant confiait : "c’était sa première fois", avant d’ajouter, "si on voulait un tribun, on n’aurait pas voté pour Pierre Gattaz. Le tribun c’était Roux de Bézieux." Pierre Bellon, le président de Sodexo, soutien de Geoffroy de Roux de Bézieux, saluait lui plutôt "l’unité patronale, le plus important." Oubliés les propos critiques sur Pierre Gattaz. Preuve de l’unité affirmée : à la sortie de la salle, il devisait avec Denis Kessler, soutien depuis le début de Pierre Gattaz et un temps présenté comme l’inspirateur du patron de Radiall. Denis Kessler est formel : "je ne cherche aucun rôle. Ce qui m’intéresse c’est le débat d’idées, je reste dans ma petite entreprise", explique le dirigeant de la Scor. Une petite entreprise "dont la capitalisation est de 5 milliards", lui rappelle Pierre Bellon.

Pour les participants au vote, l’unité était essentielle en ces temps économiques difficiles. "c’est un message fort envoyé au monde politique. Ainsi, dès le jour de l’élection, on peut se mettre au travail, car chacun a sa feuille de route", estime pour sa part Eric le Jaouen, le président du Medef Loire. "Il n’y a pas d’opposition dans l’équipe, mais de la complémentarité", renchérit Jean-Marc Burki, le patron de Sealock.

Pas de revanche assure l’UIMM

Quant au grand retour de l’industrie aux manettes du mouvement patronal, Jean-François Pilliard, le délégué général de l’UIMM et tout-nouveau vice-président du Medef chargé des questions sociales, explique qu’"il n’y a pas de revanche dans cette élection. L’important c’est l’union du monde patronal", avant de rappeler qu’avec la fédération du bâtiment, son organisation a œuvré au rapprochement des trois principaux candidats. "Nous sommes aussi très fiers d’avoir fait prévaloir l’importance d’un dialogue social avec un principe de subsidiarité", ajoute-t-il.

Dernier motif de satisfaction pour les patrons présents au Palais des Congrès : le fonctionnement annoncé du Medef version Gattaz. Le centralisme et le goût du secret de Laurence Parisot était de plus en plus contesté à mesure que la fin de son mandat approchait. Une critique que récusait celle-ci, répétant chaque fois que toutes les mesures étaient soumises au conseil exécutif.

Toujours est-il que l’annonce d’un Medef à la direction plus collégiale réjouit les uns et les autres. "Les vice-présidents, c’est une organisation calquée sur celle de l’entreprise : un chef d’orchestre qui donne le tempo et un orchestre qui joue la musique avec des rôles précis" estime Jean Arnould, le président de l’UIMM de Moselle. Jean-Luc Chauvin, le président du Medef des Bouches-du-Rhône se réjouit pour sa part d’une autre révolution "managériale" voulue par Pierre Gattaz : faire des chefs d’entreprise les relais de l’action du Medef : "On sera au rendez-vous, estime le patron méridional, les patrons n’hésitent plus à prendre la parole. Les codes changent."

L’assemblée générale n’aura duré qu’une grosse demi-journée. A peine le cocktail terminé, une bonne partie des dirigeants quittait le Palais des congrès pour rejoindre leur entreprise, rassurés. La famille patronale est unie et porte un message clair en direction du gouvernement : il faut baisser les charges maintenant.

Premier rendez-vous le 4 juillet, où Pierre Gattaz sera reçu par le Premier ministre dans le cadre de la concertation sur les retraites. 

Christophe Bys

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