Les copies des médicaments biologiques s'invitent à l'Assemblée nationale

Face à l'expiration des brevets de nombreux médicaments biologiques, un grand marché pourrait s’ouvrir pour les copies à petits prix de ces traitements complexes, sur lesquelles misent de nombreux industriels comme le leader Sandoz.

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Les copies des médicaments biologiques s'invitent à l'Assemblée nationale

Ce jeudi 2 octobre, industriels, médecins, associations de patients et autorités ont débattu à l’Assemblée nationale d’une classe méconnue de médicaments : les biosimilaires. Un terme barbare pour désigner les copies de médicaments biologiques (les biomédicaments), sorte de génériques très complexes. Utilisés pour traiter cancers, sclérose en plaque ou diabète, les biomédicaments, produits à partir d’organismes vivants, ont pris une place considérable depuis une vingtaine d’années.

En France, ils représentent désormais 25% du marché pharmaceutique et 7 milliards d’euros de ventes, en croissance de 3 à 4% par an. Mais aussi 7 des 10 médicaments les plus coûteux. Or plusieurs d’entre eux s’apprêtent à perdre leur brevet, d’où la montée en puissance des biosimilaires, généralement vendus 20 à 30 % moins chers. Un marché que le gouvernement veut soutenir, notamment via le budget de la Sécurité Sociale qu’il vient de présenter, car il y voit une source non négligeable d’économies potentielles pour l’Assurance Maladie.

Samsung face aux géants de l’industrie pharmaceutique

Il n’y a encore que 18 biosimilaires autorisés en Europe, dont 7 en France. Mais les perspectives d’un marché mondial compris entre 10 et 15 milliards de dollars d’ici 2020 expliquent les investissements colossaux réalisés par des géants de l’industrie pharmaceutique et même de nouveaux entrants, comme Samsung.

Le conglomérat coréen a engagé pas moins de 2 milliards de dollars, espérant lancer en 2016 son premier biosimilaire en Europe, une copie du traitement Enbrel de la biotech Amgen. Cette dernière est aussi engagée dans cette voie, travaillant sur 6 copies de biomédicaments de ses concurrents pour 2017.

Mieux encadrer pour rassurer les médecins

Le pionnier Sandoz, filiale générique de Novartis, le numéro un mondial de la pharmacie, reste loin devant. Lancée dès 2005 dans les biosimilaires, elle fait aujourd’hui figure de leader mondial avec 50% de parts de marché, 4 produits lancés et 6 en phase finale de développement. "Le développement d’un biosimilaire fait appel à une technologie complètement différente de celles des génériques, et requiert sept à dix ans et 200 à 500 millions de dollars d’investissements, explique à L’Usine Nouvelle Frédéric Collet, président de Sandoz France et vice-président du syndicat de l’industrie générique (Gemme). Le ticket d’entrée est extrêmement élevé et très peu d’acteurs sont capables de maîtriser l’ensemble des trois étapes que sont le développement, la fabrication et la commercialisation. C’est une spécificité de Novartis."

En France, Sandoz dispose déjà de trois produits commercialisés. Mais, tout comme Amgen, il prône une évangélisation et un meilleur encadrement de ces médicaments pour réussir à les faire accepter par les médecins et les pharmaciens. Tout en garantissant "l'accès du plus grand nombre à un coût acceptable par la collectivité", assure Frédéric Collet. Les discussions avec les autorités ne devraient pas manquer.

Gaëlle Fleitour

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