"Les coopératives laitières se sont peu préoccupées d’exportation. Mais les choses évoluent", affirme Dominique Chargé

Avec la suppression des quotas laitiers depuis le 1er avril, éleveurs et industriels doivent s’habituer à vivre avec la volatilité des cours du lait, au rythme des aléas climatiques des grandes zones mondiales de production. Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), estime que l’Europe doit mettre en place des mécanismes de protection et des assurances sur les marges dans le cadre de la prochaine révision de la Politique agricole commune (Pac) avant 2020.

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L’Usine Nouvelle - Comment voyez-vous le début d’année 2015 avec la fin des quotas laitiers ?

Dominique Chargé - Malgré la fin des quotas laitiers, la collecte ne s’envole pas depuis le début de l’année, comme on pouvait le penser. Le marché reste atone. Des risques de sécheresse semblent voir le jour en Nouvelle-Zélande. Tout cela devrait raffermir les cours prochainement. Malgré les problèmes d’embargo sur la Russie, la demande mondiale reste orientée à la hausse, de 2,5% pour l’année selon les prévisions. L’Europe et la France sont plébiscitées en Asie. Notre gastronomie, la diversité de nos produits et l’ensemble de nos marques y sont particulièrement appréciés.

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Lire notre dossier : La filière laitière à l'heure d'une Europe sans quotas

Justement, il est souvent reproché aux coopératives d’avoir peu de marques présentes à l’export...

Nous nous sommes peu préoccupés de l’exportation ces dernières années. Mais les choses sont en train d’évoluer. Des marques comme Candia ou Paysan Breton sont en train de se développer à l’exportation, notamment en Asie. Par ailleurs, depuis cinq ans, le secteur coopératif a investi 1 milliard d’euros dans des outils de production, dont beaucoup sont à destination de marchés à l’exportation. Et d’ici à 2018, les premiers recensements font état de près de 1 milliard d’euros également.

Est-ce que les coopératives sont bien armées face à la volatilité des cours du lait attendue avec la fin des quotas ?

Nous souhaitons que les pouvoirs publics français nous accompagnent à l’échelle européenne pour demander la mise en place de mécanismes limitant l’impact de cette volatilité. Il faudrait des outils d’intervention plus réactifs et plus adaptés à des situations particulières ponctuelles, comme aujourd’hui dans le cas de l’embargo russe. Par ailleurs, dans le cadre de la préparation de la nouvelle Politique agricole commune à horizon 2020, nous demandons à Bruxelles qu’une étude soit conduite sur la possibilité de mettre en place un système d’assurance de marge pour les éleveurs, comme c’est le cas sur le Farm Bill aux Etats-Unis.

La concentration du secteur va-t-elle se poursuivre selon vous ?

Oui, le mouvement devrait se poursuivre. Depuis quatre ans, la coopération a vu son poids se renforcer dans le secteur, passant de 40 à 45% du lait transformé en France et de 50 à 54% de la collecte. La coopération laitière représente désormais un chiffre d’affaires de 14,5 milliards d’euros.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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