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Les convictions du Monsieur "Entreprises" du quai d’Orsay

Solène Davesne , , ,

Publié le

Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, veut mobiliser ses diplomates pour soutenir les entreprises françaises et relancer la diplomatie commerciale.

Les convictions du Monsieur Entreprises du quai d’Orsay © dooq - Flickr - C.C.

"C’est une transformation culturelle qu’il va devoir faire. L’économie n’est pas séparable de l’influence", reconnaît Jacques Maire. Depuis septembre, le diplomate qui a passé une partie de sa carrière dans le privé chez Axa, dirige la nouvelle direction des entreprises du Quai d’Orsay. Laurent Fabius a fait de la diplomatie économique la priorité du ministère des affaires étrangères. Face à l’énorme déficit de la balance commerciale, les diplomates vont devoir mouiller leurs chemises pour soutenir les entreprises à l’export.

La diplomatie économique n’est pourtant pas vraiment une nouveauté. Les présidents Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy avaient déjà exhorté les ambassadeurs à se transformer en VRP de luxe. Sans grand succès. Une sous-direction aux entreprises avait déjà été créée au sein du ministère. "Mais il y avait une dichotomie entre ce que les ambassadeurs faisaient sur le terrain et ce que valorisait l’administration centrale. Au Quai d’Orsay, seul le politique était vraiment valorisé tandis que l’économie et la culture passaient pour des "danseuses" des ambassadeurs", juge un conseil du cabinet de Laurent Fabius.

La nouvelle direction des entreprises, qui rassemblera entre cinquante et cent personnes, devra atteindre trois objectifs. Le premier est d’améliorer les liens entre les ambassadeurs en poste à l’étranger et les entreprises de taille intermédiaires. Car le quai d’Orsay le reconnaît, « il y a des abonnés qui connaissent très bien le chemin et savent obtenir un service premium », surtout parmi les grands groupes du CAC 40. Le ministère souhaite à l’inverse cibler davantage les entreprises du SBF 120, qui ne disposent pas des mêmes réseaux d’influence et les PME innovantes des pôles de compétitivités.

Les ambassadeurs devront s’entourer d’un conseil économique, regroupant des chefs d’entreprises mais aussi les directeurs locaux d’Ubifrance ou des chambres de commerce. Ils devront aussi mettre en place des plans d’actions précis afin de mobiliser les entreprises sur les opportunités de marchés identifiées. Un exemple ? Le dernier ambassadeur au Tadjikistan a remarqué à son arrivée l’absence de voitures françaises dans les rues de la capitale et d’Airbus dans les flottes locales. Il a décroché son téléphone pour contacter Dacia et Airbus. "Il faut être proactif et détecter les marchés sur lesquels nos entreprises ont des chances", assure Jacques Maire.

Dernier objectif : soutenir la voix des entreprises lors des négociations internationales à l’OCDE ou à Bruxelles. Pour y parvenir, le quai d’Orsay entend miser sur la formation économique des ambassadeurs.

Un vrai changement ? Sur le terrain, les acteurs sont plus dubitatifs. "Cela ne change pas grand-chose. Nous sollicitons déjà l’ambassadeur à chaque salon professionnel important pour les PME françaises" assure un membre du dispositif public en poste à l’étranger.

Pour être efficace surtout, il devra trouver un terrain d’entente avec le ministère du commerce extérieur, à Bercy. Le quai d’Orsay entend confier à l’ambassadeur le rôle de chef de file de l’appui aux entreprises. Mais sur le terrain, les acteurs sont multiples. C’est à Ubifrance que revient l’accompagnement des PME à l’étranger, tandis que les missions économiques des ambassades se sont repliées sur les missions régaliennes et l’appui aux grands contrats. "On n’évitera pas la question des outils et de la pertinence de ceux-ci mais cela doit venir plus tard", glisse-t-on au quai d’Orsay.

"La diplomatie économique mise en œuvre par Laurent Fabius est une mission nécessaire mais pas suffisante. Il y a une mission terrain qu’Ubifrance est le seul à pourvoir mener", a assuré Nicole Bricq, la ministre du commerce extérieur au siège de l’agence de soutien des PME à l’export. La mobilisation des ambassadeurs ne permettra aussi pas de s’attaquer à la principale difficulté des entreprises. Pour décrocher des marchés, les entreprises doivent avant tout avoir des produits adaptés aux marchés et être compétitive.

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