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« Les constructeurs vont devoir s’adapter à une nouvelle concurrence »

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Exclusif L’enquête « Mobilité » d’IBM vient de paraitre. Réalisée auprès de 123 décideurs internationaux, implantés dans 18 pays et dans des secteurs aussi variés que la finance, l’énergie, l’administration, et bien sûr, l’automobile, elle démontre que l’évolution de la mobilité n’est plus une chimère.

« Les constructeurs vont devoir s’adapter à une nouvelle concurrence » © IBM

Entre auto-partage et informations embarquées, la voiture va devoir s’intégrer dans un nouveau contexte. Ou les constructeurs traditionnels vont jouer des coudes pour conserver leurs prérogatives. Explications de Servane Tellouck-Canel, Directrice marché-industrie chez IBM

La mobilité de demain rime-t-elle avec voiture électrique ?

En partie. Ce sera une alternative parmi d’autres. Ce qui est certain, c’est que 83 % des personnes interrogées s’attendent à ce que les constructeurs proposent un portefeuille produits élargi, qui ira du véhicule thermique à l’électrique ou à l’hybride. Ce taux passe même à 92% en France où la clientèle est plus équipée, et donc plus saturée, que dans les pays émergents.

La demande va-t-elle fondamentalement évoluer ?


Si 15%  de nos interlocuteurs pensent que rien ne changera, 63% sont convaincus que la mobilité de demain passera par une nouvelle offre de services. Pour eux, il ne s’agira plus obligatoirement de vendre une voiture, mais d’en donner l’accès ou plus largement, d’offrir une solution de déplacement.

Les constructeurs se sont-ils préparer à cette révolution ?


De par leurs réseaux de concessionnaires, ou surtout leurs sociétés captives de financement, les constructeurs ont des atouts évidents. Reste que d’autres acteurs vont vouloir leur part du gâteau. Qu’ils soient fournisseurs de télématiques, sociétés d’auto-partage, entreprises d’infrastructure (parkings, autoroutes…), distributeurs de la grande distribution, voire capital-risqueurs, tous vont vouloir se positionner sur le marché. Ils mettront en avant leurs propres savoir-faire et les constructeurs vont devoir apprendre à gérer les alliances.

Ne pensez-vous pas que cette nouvelle mobilité soit une problématique de riches ?

Le véhicule électrique est certes plus cher. Le fait de « l’auto-partager » pourra en donner l’accès à une population qui n’a aujourd’hui pas, ou plus, les moyens de s’offrir sa propre voiture. Dérangeante aujourd’hui, elle devrait devenir plus naturelle pour une clientèle jeune, habituée aux forfaits de téléphone ou d’internet.

L’auto-partage va se traduire par une baisse du volume de ventes. Si elle est écologiquement souhaitable, sera-t-elle rentable pour les constructeurs ?

Ils n’auront d’autres solutions que de s’adapter et de développer leurs chiffres d’affaires liées çà ces nouveaux services. IBM a connu, et su faire face, à cette mutation. Alors qu’hier nous fabriquions des ordinateurs, aujourd’hui, nous réalisons plus de la moitié de notre chiffre d’affaires dans les services à la clientèle. Personne de peut dire à quelle vitesse cette mutation se fera dans l’industrie automobile. Mais notre étude montre qu’elle sera inéluctable.
 

Advancing Mobility

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