Les constructeurs chinois de smartphones en passe de perdre leur arme favorite des prix bas

Confrontés à l’inflation des coûts de production, les constructeurs chinois de smartphones sont contraints d’augmenter leurs prix moyens de 17,6% en 2017, selon TrenForce. De quoi leur faire perdre leur principale arme des prix bas et favoriser la consolidation de l’industrie des mobiles en Chine.

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Les constructeurs chinois de smartphones en passe de perdre leur arme favorite des prix bas
P9, l'un des smartphones vedettes de Huawei

L’ascension des constructeurs chinois de smartphones est-elle en train de toucher à sa fin ? En tout cas, ils sont en train de perdre leur arme favorite des prix bas. C’est en proposant des terminaux avec des spécifications techniques de haute volée mais à des prix abordables qu’ils ont réussi à s’imposer comme la principale force sur le marché.

Huawei et Gionee donnent l'exemple

Selon TrendForce, les marques chinoises ont signé 46,2% des smartphones écoulés dans le monde en 2016, dépassant pour la première les livraisons des deux leaders du marché réunis, le coréen Samsung Electronics et l’américain Apple, qui ont représenté ensemble 38,1% du marché. Sept d’entre elles figurent dans le Top 10 mondial en 2016 : Huawei, Oppo, Vivo, Xiaomi, Lenovo, TCL et ZTE.

Mais l’inflation des coûts de production les pousse à remettre en cause leur stratégie traditionnelle basée sur des prix bas. Un mouvement initié par Huawei, numéro trois mondial du marché, avec son smartphone vedette P9 lancé en avril 2016 et Gionee avec son M6 introduit en juillet 2016, suivis ensuite par Xiaomi et Meizu. Selon TrendForce, le prix moyen des smartphones chinois devrait augmenter de 17,6%, passant de 247 dollars en 2016 à 290 dollars en 2017.

Hausse de coûts des composants électroniques

Depuis le second semestre 2016, les constructeurs chinois sont confrontés à une forte hausse de certains composants électroniques clés comme la mémoire mobile Dram, la mémoire flash 3D ou l’écran, qui représentent des postes importants du coût de revient des mobiles. Ils sont d’autant plus pénalisés qu’ils reposent pour l’essentiel de leurs besoins sur des importations pour ces composants. Une source d’approvisionnement que la dépréciation du yuan vis-à-vis du dollar tend à surenchérir depuis le second semestre 2016, aggravant le problème. Selon TrendForce, la flambée des coûts de composants électroniques menace maintenant la viabilité de plus de 30 marques chinoises de smartphones. Pour une raison simple: dans les mobiles sous Android, elles ne savent pas se différencier de leurs compétiteurs autrement que par une politique agressive de prix.

Les marques chinoises subissent par ailleurs l’inflation galopante en Chine et son corollaire : l’augmentation continue des salaires. Une évolution qui affecte leur compétitivité sur le marché. Pour restaurer leurs marges, elles n’ont d’autres choix à court terme que d’augmenter les prix. « Sous la pression des coûts, les volumes de production de modèles d’entrée de gamme à moins de 145 dollars vont diminuer, prévoit Avril Wu, analyste chez TrendForce, dans le communiqué. En outre, la croissance rapide des ventes va devenir une chose du passé pour les constructeurs chinois. C’est un signe annonciateur d’une consolidation de cette industrie en Chine avec le rachat de certaines petites marques peu compétitives par de plus grandes à l'avenir. »

Vivo génère le plus de bénéfices que Huawei

Selon Strategy Analytics, si les constructeurs chinois sont derrière près d’un smartphone sur deux écoulés dans le monde en 2016, ils ne détiennent ensemble que 25% du gâteau en valeur, contre 63% pour le couple Samsung Electronics et Apple. C’est Vivo qui s’impose comme la marque chinoise la plus rentable, devant Oppo, Huawei et Xiaomi.

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