Le gouvernement reporte - provisoirement - la privatisation d'ADP

Les conditions actuelles de marché ne sont "pas du tout favorables" à une privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), a déclaré ce 11 mars la porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye à la veille de la date limite du recueil des signatures des opposants au projet, qui demandent l'organisation d'un référendum à ce sujet.

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Le gouvernement reporte - provisoirement - la privatisation d'ADP
Les conditions actuelles de marché ne sont "pas du tout favorables" à une quelconque opération de privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye à la veille de la date limite du recueil des signatures des opposants au projet, qui demandent l'organisation d'un référendum à ce sujet. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

La pétition réclamant un référendum d'initiative partagée sur la privatisation d'ADP (Aéroports de Paris) doit être clôturée le 12 mars, sur un constat de semi-échec, avec plus d'un million de signatures récoltées, alors qu'il en fallait 4,7 pour obtenir un vote Cet obstacle levé, le gouvernement n'entend pas pour autant lancer à court terme la procédure de privatisation. Sans doute dans un souci d'apaisement, à quelques jours du premier tour des élections municipales. Mais surtout en raison de conditions de marché peu favorables.

"En tout état de cause l'instabilité actuelle des marchés montre que les conditions de marché ne sont pas du tout favorables à une quelconque opération de privatisation et en particulier en ce qui concerne ADP", a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres. "Actuellement, compte tenu des conditions de marché, nous serions un bien mauvais gestionnaire si nous faisions le choix immédiat de céder des actifs et notre participation dans ADP", a-t-elle ajouté.

L'Etat français détient actuellement 50,6% d'ADP. Le projet de privatisation, qui doit prendre la forme d'une concession limitée à 70 ans, figure au rang des cessions d'actifs publics prévues dans la loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) adoptée au printemps.

Les opposants à ce projet, qui souhaitent la tenue d'un référendum d'initiative populaire (Rip) à ce sujet, doivent recueillir d'ici jeudi minuit les signatures d'un dixième des électeurs inscrits, soit 4.717.396 de personnes, pour organiser un vote.

Depuis le lancement de leur pétition et selon le dernier décompte publié par le Conseil constitutionnel le 4 mars, ils sont loin du compte avec quelque 1,12 million de signatures.

En Bourse de Paris, l'action ADP cédait 4,11% à 116,60 euros à 15h20. Le titre a perdu plus de 30% de sa valeur par rapport à son niveau du 19 février, avant le début de la chute des marchés mondiaux.

La capitalisation boursière du groupe a ainsi été ramenée à 12,2 milliards d'euros selon les données Reuters-Refinitiv.

Cette chute est à peine moins brutale que celle de son grand concurrent allemand Fraport, qui a vu sa valeur boursière fondre de 37% sur la même période. Quant à l'italien Atlantia, il a perdu 40% en trois semaines.

Le secteur du transport aérien est l'un des plus touchés par les retombées de l'épidémie qui a débuté en Chine en décembre et certaines compagnies aériennes ont annoncé des réductions de capacités allant jusqu'à 25% pour la saison estivale.

Cette crise tombe mal pour ADP qui a annoncé le 20 février le rachat de 49,01% du capital du groupe indien GMR Airports, qui exploite entre autres les aéroports internationaux de New Delhi et Hyderabad, une acquisition qui lui coûtera près de 1,4 milliard d'euros.

Son PDG, Augustin de Romanet, a été contaminé par le nouveau coronavirus, a annoncé le groupe lundi, et restera confiné à son domicile pendant 14 jours.

Avec Reuters (Marine Pennetier, avec la contribution de Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)

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