Environnement

Les cleantechs françaises à Pékin (2/3) : Speed dating franco-chinois

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Après leur coaching, les treize dirigeants de cleantechs françaises que la Bpi a emmené à Pékin pour qu'ils découvrent le marché chinois, participent à leurs premiers rendez-vous en tête à tête avec des entrepreneurs locaux spécialisés dans l’environnement.

Les cleantechs françaises à Pékin (2/3) : Speed dating franco-chinois

A quelques encablures du nid d’oiseau et du cube d’eau, construits pour abriter respectivement le stade et la piscine des jeux olympiques de Pékin en 2008, la délégation de chefs d’entreprises rejoint le technopôle de Zhongguancun situé dans le district de Haidian et considéré comme la Silicon Valley chinoise. Au programme, leur intervention à la conférence annuelle du Forum de Zhongguancun. Devant un parterre de 300 représentants d’associations professionnelles spécialisées dans le secteur de l’environnement, de villes et de financiers chinois, autant de partenaires potentiels, ils se jettent à l’eau. Les conseils de la veille (voir épisode 1) semblent avoir porté leurs fruits : les présentations sont concrètes et courtes, la parole assurée.

Dans la foulée, le speed dating - 30 minutes par entretien - commence autour de petites tables numérotées. En fonction des besoins de chacun, Ubifrance a organisé des rendez-vous sur mesure, entre six et dix par PME sur les trois jours. Ceux-ci ont déjà commencé plus tôt dans la journée avec des hommes d’affaires chinois venus de la Province de Juangsu située à 1000 kilomètres de Pékin. C'est la troisième province chinoise en taille et qui compte pas moins de dix villes de plus de cinq millions d’habitants !. Ils se termineront par des visites sur les sites des entreprises chinoises. Chez hi Minh, un fournisseur d’équipements solaires pour Solar Euromed (solaire à concentration), chez Foton, premier constructeur de véhicules utilitaires en Chine pour SP3H (solutions pour la réduction des émissions de CO2 dans l’automobile) et PVI (chaines de traction pour les camions électriques et développement de batteries).

Au Forum de Zhongguancun, Philippe Barre, le président de CTP Environnement, une PME basée à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) spécialisée dans le nettoyage chimique des installations thermiques et la fabrication d’unités mobiles pour le traitement des effluents industriels, Stéphane Oziol, le directeur de la filiale singapourienne de l’entreprise et leur interprète enchainent les rendez-vous : directeur innovation du géant pétrolier Sinopec, investisseurs chinois, scientifiques... Le dernier entretien de la journée est avec un entrepreneur du traitement des déchets. Après de longues minutes pour comprendre leurs activités respectives, Philippe Barre passe son message : "nous découvrons le marché chinois, nous voulons voir comment cela se passe. Nous voulons savoir si vous avez besoin de nos produits". La réponse est positive. Les deux entrepreneurs décident de rester en contact. Le chef d’entreprise français est plutôt satisfait.

Un énorme marché potentiel

Ce n’est en effet pas le travail qui manque en matière environnementale. Il n’y a qu’à regarder le ciel gris de Pékin noyé sous la pollution. Une ville dans laquelle le niveau de pollution atteint régulièrement trois à quatre fois les seuils réglementaires européens. Même si l’emploi et l’amélioration du niveau de vie restent la préoccupation première des Chinois, ces derniers semblent de plus en plus sensibles à la dégradation de leur environnement. Pour apaiser des populations échaudées par des scandales écologiques et sanitaires et éviter la contestation sociale, mais aussi par pragmatisme écologique, les autorités chinoises sont en train de changer de discours. "Face à la dégradation généralisée des écosystèmes, la volonté politique est de garantir la croissance économique tout en préservant le bien-être de la population. La croissance seule ne suffit plus, avance Philippe Marrec, le chef de pôle Ubifrance Industrie pour le Chine. Il y a des enjeux économiques et sociaux car 3,1 % du PIB chinois est perdu chaque année à cause des dommages environnementaux".

Dans le cadre de son 12e plan quinquennal (2011-2015), la Chine s’est ainsi fixée des objectifs ambitieux (réduction de l’intensité carbone de 17%, des oxyde d’azote de 10%...). Résultat : les autorités ont décidé de moderniser les sites de traitement des eaux, d’ouvrir des centres de traitement pour les déchets dangereux et de limiter l’enfouissement des déchets ménagers au profit de l’incinération et du recyclage, d’améliorer la qualité des carburants... Dans un marché des cleantechs largement dominé par les entreprises chinoises, les opportunités sont réelles pour les entreprises étrangères. Equipements de contrôle de la pollution de l’air, technologies d’accès à l’eau potable ou de dessalement d’eau de mer... sont autant de savoir-faire recherchés. Reste qu’entre identifier un débouché et décrocher le marché, des nombreux obstacles de taille subsistent.

Camille Chandès, à Pékin.

A suivre vendredi 20 septembre : le bilan de la mission et les obstacles à surmonter

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