Les cinq dossiers santé chauds du CSIS

Le Conseil Stratégique des Industries de Santé, coordonné par le gouvernement, se tient aujourd'hui. Un rendez-vous très attendue par l'industrie pharmaceutique, pour tourner la page de l'affaire Mediator, mais pas seulement…

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Les cinq dossiers santé chauds du CSIS

Enfin ! Les industriels de la pharmacie l'attendaient depuis de longs mois, après une année 2011 marquée par le scandale du Mediator et la défiance des politiques à leur égard.

Mais il est loin le temps de l'union sacrée avec le gouvernement, qui avait régné lors du précédent CSIS, organisé en 2009 sous l'égide du Président de la République, Nicolas Sarkozy. Car le ministre de l'Economie, François Baroin (qui remplace le chef de l'Etat parti au chevet des familles des soldats tués en Afghanistan) va devoir subir la fronde de l'industrie.

Au rang des griefs : le reproche fait aux pouvoirs publics de ne pas avoir tenu leurs promesses, notamment en imposant - via les lois de ces derniers mois - des baisses de prix non négociées, ou en freinant la mise en place d'un vrai statut d'automédication, qui permettrait de valoriser les médicaments non remboursés… Mais cinq autres préoccupations devraient animer de ce deuxième CSIS.

1 - Valoriser l'innovation
Comment les laboratoires peuvent obtenir le prix espéré pour leur médicament… alors qu'"il y a une défiance criante sur ce que produisent les traitements dans la vraie vie, on l'a vu l'année dernière", se demande Guy Eiferman, PDG de MSD France. Le LIR, le think tank des laboratoires de recherche, plaide, lui, pour l'accroissement des données de pharmaco-épidémiologie, pour suivre le produit dans la vraie vie. Et valoriser ainsi l'innovation. Il appelle à "la création de base de données standardisées avec une même qualité de collecte, ouvertes aux entreprises". Accéder aux données de l'Assurance-Maladie, les industriels en rêvent... Mais que sont-ils prêts à offrir en échange? Ils estiment déjà faire suffisamment en transmettant les résultats de leurs essais cliniques aux autorités sanitaires.

2 - Soutenir les biotechs
Lors du précédent CSIS, les Big Pharmas s'étaient engagées aux côtés du secteur public à contribuer majoritairement à un fonds d'investissement de soutien aux biotechnologies en France. InnoBio est alors né, doté de 139 millions d'euros. Ce qui n'est pas suffisant pour combler les besoins en financement de cette filière. Problème, France Biotech, qui représente les 270 biotech françaises, n'a même pas été convié au CSIS. Seuls sont invités les industriels de la pharma (via le Leem, le G5 et le LIR) et du dispositif médical (représenté par le Snitem).

3 - Intensifier les partenariats public-privé (PPP)
Depuis le dernier CSIS, l'industrie a désormais un guichet unique : l'Alliance pour la recherche et l'innovation des industries de santé (Ariis). Mais il reste encore du travail pour développer les PPP, selon le nouveau président de l'Ariis, Claude Bertrand, vice-president executif R&D d'Ipsen. "La France avait sans doute un peu de retard dans ce domaine", reconnait-il. "Il fallait absolument, pour avoir une visibilité internationale, une simplification de nos structures". Cependant, la transparence doit désormais primer dans ces partenariats, pour faire oublier les conflits d'intérêt mis en exergue dans l'affaire du Mediator.

4 - Trancher la question du Made in France
C'était l'une des grandes avancées de l'opus 2009. "En 2010, nous avons signé un accord avec la société Delpharm, pour mettre en œuvre la mesure du CSIS visant à stimuler l'existence de façonniers en France et en Europe investis dans la fabrication pharmaceutique", raconte Marcel Lechanteur, président de la filiale France du laboratoire Lilly. "Grâce à cet accord, Delpharm a pu commencer la fabrication des génériques de la molécule du Zyprexa, avant l'échéance du brevet." Un système qui s'est déployé depuis, et offre en contrepartie des remises fiscales aux laboratoires princeps.

Pour cette édition 2012, le Made in France est toujours d'actualité. Avec une nouvelle piste : la création d'un label indiquant l'origine des médicaments, pour défendre la production européenne, et en particulier les étapes (fabrication du principe actif, du médicament, conditionnement) réalisées en France. Une idée soutenue par les industriels hexagonaux, mais décriée par leurs concurrents étrangers. Qui la voient comme "la traduction d'un protectionnisme français", selon Hervé Gisserot, président de GSK France et président du LIR. "La France n'a pas du tout besoin de cela, mais d'investissements internationaux, estime-t-il. Or nos entreprises n'investiront pas si la France est perçue comme un pays fermé". Des débats en perspective...

5 - Instaurer des prix à l'exportation
Inquiets que leurs produits soient encore revendus par des grossistes 30 à 40% plus chers dans certains pays européens, les industriels prônent l'instauration d'un double prix à l'exportation. Et espèrent aussi régler ainsi les problématiques de pénurie de médicaments rencontrées ces derniers mois...

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS