Les cinq défis de l’industrie aéronautique tricolore pour voler toujours plus haut

Les industries françaises aéronautiques et spatiales ont réalisé une année record en 2016 avec un chiffre d’affaires supérieur à 60 milliards d’euros. Le secteur profite du dynamisme d’Airbus qui n’a jamais livré autant d’avions.

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Les cinq défis de l’industrie aéronautique tricolore pour voler toujours plus haut
Airbus a battu en 2016 son record avec 688 appareils livrés.

A deux mois du salon du Bourget, l’industrie aérospatiale tricolore se porte bien. "2016 a été une année record. On a touché un plus haut historique en termes d’activité. La filière est encore plus cohérente, solide et dynamique", s’est félicité Marwan Lahoud, président du Gifas (groupement des industriels français de l’aéronautique et du spatiale) à l’occasion de la présentation du bilan de l’année 2016. Le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 60,4 milliards d’euros en hausse de 4,1% par rapport à l’an dernier. L’industrie a encore joué les bons élèves économiques, s’imposant comme le premier contributeur à la balance commerciale du pays apportant un solde net de 18,6 milliards.

Deux segments sont cependant à la peine : l’aviation d’affaires ne s’est pas encore remise de la crise économique de 2008, et le marché des hélicoptères lourds civils pâtit toujours du manque d’investissements de la part des grands groupes pétroliers offshore.

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L’industrie bénéficie globalement d’une visibilité exceptionnelle avec un carnet de commandes équivalent à cinq années de production. Toutefois pour rester sur son nuage, l’industrie aérospatiale tricolore doit relever cinq défis.

Porter l’effort de défense à 2% du PIB

A force de raboter le budget de la Défense, "On a atteint un point de rupture", souligne le président du Gifas. Depuis les années 90, le budget des armées aurait reculé de 26% en euros constants (hors pensions) et le financement des études technologiques a été réduit de 60%. Marwan Lahoud veut porter l’effort de Défense à 2% du PIB à l’horizon 2022, contre 1,43% actuellement. Cet effort sera nécessaire pour renouveler les composantes de la dissuasion nucléaire, remplacer le matériel militaire vieillissant et financer les technologies d’avenir. Selon le groupement, la dualité des équipements civils et militaires permet d’ancrer l’emploi et le siège des grands groupes en France. L’activité industrielle de Défense représente un chiffre d’affaires de 13,1 milliards soit 22% de l’activité du Gifas.

Relever le défi de la production

"On n'a jamais fait autant d'avions civils en France. On commence à être dans une industrie de série", souligne le GIFAS. Airbus a passé la barre des 10 000 avions livrés et a établi un nouveau record en livrant 688 appareils l’an dernier.

L'accélération de production de l'A350 et l'A320Neo a été impressionnante. En un an, la cadence de production de l’A350 a été multipliée par 3,5. Les fournisseurs sont aussi sollicités côté Défense : Dassault Aviation a doublé la cadence de production du Rafale suite aux contrats remportés à l’export. Le groupement indique investir un milliard d’euros par an dans son outil de production misant sur les nouvelles technologies (robotisation, fabrication additive, plateforme numérique de partage des données…)

Recruter et assurer le renouvellement des compétences.

Le secteur aéronautique et spatial emploie 187 000 personnes. Sur les cinq dernières années, il aura recruté 60 000 salariés. Les industriels rencontrent toutefois des difficultés d’emploi et de recrutements dans les métiers de production. En 2016, l’activité a permis toutefois l’embauche de 10 000 personnes en 2016 et la création de 2000 emplois nets. Les embauches ont concerné les ingénieurs et cadres (45%), les opérateurs qualifiés (30%), les techniciens supérieurs et employés (25%). Les effectifs en 2017 devraient sestabiliser avec l’embauche prévue de 8000 personnes. Le secteur a également formé 6000 jeunes en alternance.

Renforcer la supply chain

Les PME restent le maillon faible de la chaine de fournisseurs aéronautiques. 25% d’entre elles sont déficitaires selon une étude réalisée par la Banque de France. Le groupement a mis en place un programme d’excellence industrielle pour réduire de moitié la non performance de moitié en termes de ponctualité et de qualité de la production. 300 PME devraient avoir bénéficié à terme de ce programme qui dispose d’un budget de 11,6 millions d’euros financé en grande partie par les régions et le Gifas. Certains indicateurs économiques sont repassés au vert comme le besoin en fonds de roulement des petites entreprises.

Maintenir l’effort de R&D.

Le secteur aérien s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 pour les stabiliser en 2020. "Il nous faudra trouver des technologies de rupture pour atteindre cet objectif", indique Marwan Lahoud. L’objectif est de poursuivre la R&T pour accélérer les gains en consommation des aéronefs tout en diminuant le bruit et les émissions polluantes. 300 PME participent aux différents programmes du CORAC, le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile. Le GIFAS fait toutefois planer le risque de décrochage technologique notamment vis-à-vis à de l’Allemagne et du Royaume-Uni qui bénéficient de l’ordre de 150 millions d’euros par an de financement public dans le domaine de la Recherche.

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