L'Usine Santé

"Les Chinois essayent de mettre la finance au service de l’industriel, et non l’inverse", compare Alain Mérieux

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Passionné par la Chine, le capitaine d’industrie lyonnais fondateur de BioMérieux a reçu, le mercredi 26 mars, le Président chinois. Il estime que l’industrie française a beaucoup à apprendre de ce pays. Qu’il n’a jamais sous-estimé.

Les Chinois essayent de mettre la finance au service de l’industriel, et non l’inverse, compare Alain Mérieux © Institut Mérieux - Christian Ganet

A 76 ans, Alain Mérieux est un capitaine d’industrie comme on n’en connaît peu désormais. Très fortement ancré à Lyon, où il a fondé le spécialiste du diagnostic médical BioMérieux, il préside toujours l’Institut Mérieux, qui coiffe la galaxie d’entreprises de la santé fondée par sa famille (BioMérieux, Transgene, Mérieux NutriSciences).

L’homme est aussi un fin connaisseur de la Chine, où il se rend deux fois par an. C’est en 1978 qu’il y effectue son premier voyage professionnel. Il se poursuivra par de nombreux partenariats scientifiques dans ce pays et l’ouverture du premier bureau de représentation de BioMérieux à Pékin en 1997. "Il y a 20 ans, j’ai vraiment vu ce grand pays comme la seule puissance au monde capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Honnêtement, je ne me suis pas trompé", confiait Alain Mérieux en petit comité, peu avant d’accueillir le président chinois au siège de BioMérieux, ce mercredi 26 mars.

"Frappé" par la vision chinoise dans la santé

Sa relation avec les Chinois ne se limite pas à un partenariat commercial. Selon lui, la France a aussi beaucoup à apprendre d’eux. "Les Chinois ne comprennent pas les 35 heures et les RTT, estime-t-il. Pour eux, il faut travailler plus ! Nous avons fait un certain nombre d’erreurs en France : d’un côté, la réduction du temps de travail, de l’autre, la financiarisation de l’industrie. Alors que les Chinois travaillent énormément et essayent de mettre la finance au service de l’économie et de l’industriel, et non l’inverse. A mon avis, c’est ce qui explique les maux que connaît la France depuis quinze ans !"

Cette figure industrielle lyonnaise se dit aussi "frappé" par la vision chinoise dans le domaine de la santé. "Ils ont déjà fait une réforme de la santé publique inspirée du modèle gaulliste, qui donnera accès aux soins à 97% de la population ! Je suis aussi marqué par la force avec laquelle ils implémentent leur action."

"Quand un peuple a une vision et travaille, rien ne l’arrête !"

Pour répondre aux besoins chinois en termes de santé publique, BioMérieux réalise désormais une partie de sa production en Chine, où il a également établi une joint-venture avec un acteur local. Sans crainte pour ce qui concerne la problématique de la propriété intellectuelle. "En Chine, nous avons quelques produits copiés, mais il faut l’accepter. Et un jour nous nous retrouverons à armes égales", de la même façon que les Japonais ont su largement combler leur retard dans l’automobile, estime Alain Mérieux. "Car quand un peuple a une vision et travaille, rien ne l’arrête !"

Gaëlle Fleitour

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte