Les Chinois contraints par Washington de renoncer au rachat de l’allemand Aixtron

Le fonds d’investissement chinois Fujian Grand Chip retire son offre de rachat de l’équipementier allemand de semiconducteurs Aixtron. Confronté au veto de Washington et aux hésitations de Berlin, il est contraint de jeter l’éponge.

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Les Chinois contraints par Washington de renoncer au rachat de l’allemand Aixtron
Machine déposition de semiconducteurs en couches minces d'Aixtron

C’est officiel. Le fonds d’investissement chinois Fujian Grand Chip ne rachètera pas l’équipementier allemand de semiconducteurs Aixtron. Il est contraint et forcé de jeter l’éponge en retirant son offre de rachat à 670 millions d’euros. Après le veto du président américain Barack Obama pour des raisons de sécurité nationale, il n’a guère le choix.

Crainte d'utilisation militaire

Créée en 1983, près d’Aix-La-Chapelle, Aixtron, qui compte 700 personnes dans le monde et réalise un chiffre d’affaires annuel de 200 millions d’euros, construit des équipements de déposition de semiconducteurs en couches minces, l’une des étapes critiques dans la fabrication de LED, écrans plats ou panneaux photovoltaïques. Sa technologie présente la particularité d’être duale avec des applications à la fois civiles et militaires. Parmi ses clients figurent de grands équipementiers d’électronique de défense, dont l’américain Northrop Grumman et le français Thales. C’est ce potentiel militaire qui préoccupe Washington et justifie son veto en dépit du fait qu’Aixtron est une société allemande.

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Fujian Grand Chip et Aixtron auraient pu passer outre en excluant de la transaction l’activité et les brevets de l'équipementier allemand aux Etats-Unis. Le problème c’est que le feu vert de Berlin n’est pas acquis. Après avoir donné son approbation le 8 septembre 2016, le ministère fédéral allemand de l’économie et de l’énergie a fait volte-face en retirant son accord le 21 octobre 2016. Officiellement pour davantage d’investigation. Certains medias outre-Rhin voient dans ce revirement la main de Washington.

Véto américain en série

L’échec de cette transaction intervient dans un climat d’extrême tension entre Pékin et Washington. La Chine est accusée par les Etats-Unis de pillage des technologies occidentales. Les semiconducteurs sont considérés comme un domaine hautement sensible par Washington. D’où son veto à l’encontre des investisseurs chinois pour le rachat des LED de Philips, à l’entrée dans le capital du constructeur de disques durs Western Digital et maintenant à l’acquisition d’Aixtron. Sans compter ses intimidations pour les empêcher de s’emparer des fleurons américains des puces électroniques Micron Technology et Fairchild Semiconductors.

Mais cette politique restrictive vis-à-vis des investissements chinois dans des secteurs sensibles suscite de plus en plus de critiques aux Etats-Unis comme en Allemagne. Aixtron voyait dans l’offre de Fujian Grand Chip l’opportunité de financer son développement international et de profiter du l’appétit vorace de la Chine en semiconducteurs. L'ETI allemande devra maintenant oublier ce rêve.

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