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Les chimistes français veulent profiter du dégel des relations avec l’Iran

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Suite au dégel des sanctions économiques contre l’Iran, de nombreux industriels français sont sur les rangs pour tirer parti du potentiel de ce grand pays. Comme les chimistes hexagonaux, partis il y a trois mois se faire connaître à Téhéran.    

Ils l’attendaient pour le 21 mars, à l’occasion du Norouz, le Nouvel An iranien. La fin des sanctions économiques et financières contre l’Iran, annoncée par les Etats-Unis et l’Union Européenne suite à l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire samedi 16 janvier, réjouit les chimistes français.

Qu’attendre de la visite la semaine prochaine du président Rohani en France ? "Des annonces sur les possibilités de financement et le signal que les entreprises françaises sont les bienvenues, estime Jean Pelin, le directeur général de l’Union des industries chimiques (UIC). Je suis convaincu que les Iraniens vont faire jouer la concurrence entre les Français, les Italiens, les Allemands voire les Belges. Tous les Occidentaux se précipitent en Iran, mais ceux qui avaient anticipé ont quand même une longueur d’avance". 

Numéro un mondial du ciment et client géant de la cosmétique

Si l’allemand BASF, numéro un mondial du secteur, était déjà bien implanté en Iran, le pays n’était encore que le 50e partenaire commercial des chimistes hexagonaux. Mais ils estiment avoir des cartes à jouer. C’est le message qu’ils ont porté en se rendant du 24 au 28 octobre derniers en Iran.

Pour leur secteur très hétérogène, les opportunités sont gigantesques pour servir ce marché de 80 millions d’habitants. Qu’il s’agisse de fournir des additifs au premier producteur de ciment mondial, des pesticides et engrais à cette terre agricole, des peintures et résines pour le bâtiment, ou encore des produits chimiques pour ce pays friand de cosmétiques

Le savoir-faire français dans l’environnement

Sans compter les grands projets en pétrochimie, gelés du temps des sanctions, mais stratégiques pour ce pays qui dispose de la deuxième réserve mondiale en gaz et de la quatrième en pétrole.

LA PHARMACIE FAIT SON SHOW EN IRAN
Dans le secteur de la santé, une mission de chefs d’entreprise français est justement en cours en Iran, menée du 17 au 20 janvier par le Medef Santé et le syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem). "Les besoins iraniens en services de santé sont colossaux, confie ce dernier. La consommation de produits de santé y atteint des taux records, avec 400 médicaments par an et par personne, une vente d’antibiotiques 16 fois supérieures aux moyennes européennes. 96% des médicaments consommés sont fabriqués en Iran, qui recherche donc avant tout un savoir-faire international." Les Français espèrent donc répondre aux besoins en médicaments, dans la gestion des urgences, les infrastructures hospitalières et les partenariats publics-privés, mais également les équipements médicaux, l’informatique hospitalière et la santé animale.

"Pour les Iraniens, les technologies européennes sont synonymes d’économies d’énergie, avec un apport environnemental positif, estime Pascal Perrochon, le responsable Affaires Internationales de l’UIC. Et le fait que nos produits soient compatibles avec des règles très différentes et exigeantes comme Reach, mais aussi le savoir-faire français en recyclabilité et en économie circulaire sont des atouts par rapport aux Chinois, aux Indiens, voire demain aux Américains."

Premiers contrats d'ici mars

Pour les Français, l’heure n’est pas encore à produire en Iran. Se développer avec un partenaire local reste obligatoire pour démarrer, d’où l’intérêt des contacts noués avec des entreprises et fédérations professionnelles lors de la mission de l'UIC. Les grands chimistes Solvay et Arkema étaient du voyage, mais aussi des acteurs plus spécialisés comme Eurotab, le spécialiste européen industriel de la compression des poudres, ou l’entreprise de chimie fine Novasep.

"Ces premiers contacts m'ont donné l’occasion de comprendre la détermination des acteurs  économiques à développer des industries comme l'agroalimentaire et la pharmacie, des secteurs porteurs pour nos technologies, raconte son dirigeant, Michel Spagnol. La concrétisation de ces premiers échanges en contrats prendra du temps car nous devrons opérer dans le cadre légal des accords internationaux."

Avec, pourquoi pas, une offensive groupée. "Ce voyage a été l'occasion de créer des liens au sein de la délégation également, ce qui permettra, j'en suis persuadé, de nous développer aussi au travers de partenariats", estime Michel Spagnol.

Si de gros contrats pourraient être annoncés la semaine prochaine dans le secteur aéronautique, il faudra encore patienter un ou deux mois côté chimie, estime Jean Pelin. Qui n’exclut pas d’organiser à nouveau un déplacement en fin d’année, pour rappeler aux Iraniens que les entreprises françaises sont bien sur les rangs.

Gaëlle Fleitour

 

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