Les chefs d'entreprise déçus par leur fonction

Etre chef d'entreprise n'est plus gratifiant. C'est ce que révèle le rapport intitulé « The Road of Recovery », réalisé par Opinion Research pour l'opérateur boursier NYSE Euronext.

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Seuls 38% des patrons considèrent leur emploi comme plus gratifiant qu'il y a trois ans. Bien loin des 60% enregistrés en 2008. « Les heures de gloire du rôle de PDG sont clairement du passé, au moins dans un futur proche », note le rapport. Le baromètre, qui grimpait depuis deux ans, est tombé à 22 points.

En cause ? Leur travail en lui-même. 98% d'entre eux notent qu'ils passent plus de temps qu'avant à l'établissement de rapports pour les conseils d'administrations, de questions de réglementation ou de conformité. « Le rapport révèle comment les chefs d'entreprise ont été contraints d'analyser leur passé, les habitudes et de changer de façon significative leur gouvernance pour aujourd'hui et pour demain », commente le président d'Opinion Research Corporation.

Autre motif d'insatisfaction : la politique de rémunération des cadres dirigeants révisée du fait de la crise. Sur les douze derniers mois, 57% des chefs de sociétés américaines, tous secteurs confondus, ont été contraints de modifier leur salaire et autres avantages. Les salaires sont les premiers affectés pour 63% des cas, suivis des bonus (47%) et des stocks options (30%). Pour les entreprises du reste du monde, seuls 36% des dirigeants ont vu leur rémunération changer. D'autres avantages sont souvent supprimés, à l'instar des voyages d'affaires et des dépenses automobiles.

Reprise en 2011
Autant d'arguments qui poussent les entrepreneurs à être pessimistes quant à la reprise de l'économie. Pas avant 2011, selon 61% des 284 chefs d'entreprises interrogés, pour la plupart aux Etats-Unis et pour les autres dans 23 pays.

Près des trois quarts d'entre eux pensent que la reprise sera dans tous les cas « lente avec des périodes de stagnation », précise le rapport. Elle devra passer, selon eux, par une réduction des dépenses et de la dette, au détriment d'investissements dans les nouvelles technologies et le marketing. Les Etats-Unis restent la région du monde jugée cruciale pour les PDG, suivie de l'Europe de l'Ouest et de la Chine. « Les entreprises situées hors Etats-Unis sont plus influencées par l'environnement commercial, qui est actuellement très affectant », explique le rapport.

Seul signe positif : les patrons notent que la crise a permis la renégociation des contrats, l'acquisition de plus grandes parts de marché et de nouveaux employés avec de nouvelles compétences.

Barbara Leblanc

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