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Quotidien des Usines

Les chaussons Repetto dansent dans le monde entier

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Entretien

Les chaussons Repetto dansent dans le monde entier
© Repetto
© Repetto

Les entreprises citées

Trop à l’étroit sur son site industriel de Saint-Médard-d’Excideuil en Dordogne, la célèbre marque de ballerines Repetto (30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, 270 salariés dont 150 dans l’usine périgourdine) procédera à une extension de l’usine sur 3000 mètres carrés et compte embaucher 150 personnes sur quatre ans. Rencontre avec Jean-Marc Gaucher, le PDG.
 
Après avoir envisagé une extension de l’usine hors de la Dordogne, vous avez finalement décidé d’étendre le site. Qu’est-ce qui vous a retenu ?

Certainement pas les pouvoirs publics ! Le sous-préfet que j’ai rencontré m’a fait comprendre que du moment que je restais en France, dans le fond peu importait où j’allais.

Dans notre conversation, il m’a répété quatre fois qu’il était énarque. Je m’interroge... Je me demande si en France, on veut vraiment encourager l’industrie et l’investissement industriel. Alors autant vous dire que j’ai refusé de recevoir le Premier Ministre François Fillon dans mon usine il ya quinze jours. Je n’ai pas envie d’entendre un discours sur la politique industrielle.

Lorsque j’aurais payé l’investissement de ma poche qui se monte à 3 millions d’euros, je m’offrirai des pages de publicité et je ferai savoir la réalité des choses. Ce développement va permettre à l’usine de passer d’une production de 2000 à 7000 paires par jour, de disposer d’une nouvelle zone logistique, d’une réorganisation des flux qui nous permettra de gérer trois fois plus de volumes, mais aussi d’une école de formation dédié au « cousu retourné » (chaque semelle de cuir est cousue à l’envers avant d’être retournée) qui jouxtera l’usine.

Pour ne rien arranger, il se trouve que l’usine ne fait pas partie de la ZRR [zone de revitalisation rurale, NDLR], donc je n’ai droit qu’à 10 % d’aides par rapport au montant total de l’investissement.
Malgré tout, j’ai décidé de rester en Dordogne parce que j’essaie d’avoir un comportement responsable vis-à-vis des salariés qui travaillent dans l’usine. La Région Aquitaine devrait nous aider sur le volet formation des futurs embauchés.
 
Quelle est la stratégie de développement que vous voulez mener pour Repetto ?


Avant de faire l’acquisition de Repetto, j’ai écrit trois lignes que je veux absolument respecter et auxquelles je me tiens : faire de Repetto une marque mondiale, une marque de luxe mais pas de mode, avec des produits exclusifs, et être dans des produits les plus techniques pour la danse.
Nous avons d’ailleurs passé un partenariat avec l’université de Compiègne il y a cinq ans pour arriver à réduire le bruit des chaussons de danse. Quand j’ai repris en 1999 cette entreprise, elle était au bord du gouffre. L’entreprise perdait 10 millions de francs par an et accumulait 100 millions de francs de dettes. Depuis, nous avons redressé la barre avec une progression de 25 à 30% par an.
En dix ans, on a multiplié le chiffre d’affaires par huit, pour atteindre en 2010, 30 millions d’euros, dont 50 % à l’export. Sur la totalité de notre activité, le produit danse représente 40 % du volume et 25 % en valeur. Nous employons au global 260 salariés, dont 150 en Dordogne.
Nous allons continuer à nous développer à l’export, en implantant des boutiques en Asie, principalement à Hong-Kong, en Corée du sud, à Taiwan, Singapour, aux Philippines et au Japon. Courant du 1er semestre, nous visons vingt-cinq ouvertures de boutiques dans cette zone. Par exemple, la semaine prochaine, deux boutiques ouvrent à Taiwan.
 
La catastrophe qui touche le Japon peut elle vous amener à différer vos projets ?

Nous disposons déjà de neuf boutiques au Japon. Je pars ce dimanche en Asie. Je vais faire un saut au japon. Nous avons décidé de créer une ballerine spéciale pour ce pays. A l’intérieur de la semelle, il y a aura écrit « solidarité ». L’intégralité des ventes sera reversée pour les victimes.
 
Vous n’évoquez pas la Chine dans vos implantations ?

Nous sommes trop petits pour aller en Chine. Je veux d’abord susciter la demande. De même, je me méfie beaucoup des Etats-Unis, avec la baisse du dollar. Par contre, nous allons poursuivre nos implantations en Europe. En France, où nous détenons 9 boutiques et 22 corners, nous allons inaugurer deux magasins supplémentaires à Paris. Hier soir, nous avons inauguré la boutique de Bordeaux. Cela faisait trois ans que je souhaitais un emplacement bien, précis, visible, Cours de l’Intendance et pas ailleurs.
 
Vous lancez une ligne de sacs. Une première diversification ?

J’ai rencontré une jeune styliste Morgan Diguerher. La première collection sera mise en place en mai prochain. Les cuirs viennent d’Italie et de France. La production se fait en Tunisie. Nous avons également lancé le concept de l’Atelier, un service sur mesure qui permet de choisir son cuir, sa ganse et d’avoir sa ballerine personnalisée. C’est un service qui fonctionne dans la boutique de la Rue de la Paix à Paris. Nous allons le rendre itinérant en faisant un Tour de France de l’Atelier de façon temporaire. Nous réfléchissons aussi à la possibilité d’utiliser Internet. Mais le rendu des couleurs sur le Web n’est pas le même que de visu.


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