Les charmes discrets de l’industrie exposés aux lycéens

Cécile Maillard ,

Publié le

Reportage Pendant deux jours, l’Usine extraordinaire a reçu, au Grand Palais à Paris, la visite de plus de 10 000 collégiens et lycéens, et reste ouverte tout le week-end au grand public. Visite guidée avec des élèves de terminale venus de l’Oise.

Les charmes discrets de l’industrie exposés aux lycéens
Des élèves de terminale du lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise (Oise) en visite à l'Usine extraordinaire, stand de la métallurgie, le 23 novembre à Paris.

L’argument de l’opératrice de production de Michelin a fait mouche. Les élèves de terminale Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D) du lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise (Oise) ont tous retenu que, un fois entré dans l’industrie, on pouvait changer de métier. "Ca rassure, parce qu’on peut se tromper", commente Carl. Virginie Machado, la salariée présente sur le stand de Michelin à l’Usine extraordinaire, raconte à quel point son travail a changé, depuis qu’elle est arrivée il y a douze ans. "Aujourd’hui, j’ai une montre au poignet qui m’alerte s’il y a un problème. On intègre de plus en plus les nouvelles technologies !"

Imrane, lui, avait déjà envie de travailler dans l’industrie avant de venir visiter les installations industrielles sous la coupole du Grand palais, vendredi 23 novembre. "Ca m’a confirmé que c’était pour moi ! Mais je savais pas que les usines étaient aussi connectées, que les ouvriers travaillaient avec des tablettes… " Il s’est orienté vers le bac STI2D spécialité "énergies et environnement", "parce que tout le monde nous dit qu’il y a du boulot, et c’est bien de travailler pour l’environnement". D’ailleurs, après son bac, il hésite entre un BTS Gestion et protection de la nature et un BTS Fluides, énergies, domotique.

Une visite avant Parcoursup

Tous les élèves vantent les équipements de leur lycée, à la fois général, technologique et professionnel. "On a des panneaux solaires, des scooters électriques… " En travaux pratiques, une des filles du groupe, Amelle, a travaillé sur le stockage de l’énergie électrique. David Deschamps, professeur de sciences de l’ingénieur, leur a "fait la surprise" la semaine dernière de leur annoncer cette sortie à Paris, pour la journée. "Un super prof !" dira un groupe d'élèves. Dans quelques mois, ils devront déposer leurs vœux dans Parcoursup.

D’ailleurs, ils sont tous concentrés, intéressés, interrogent beaucoup les salariés rencontrés ou leur jeune guide, une étudiante en quatrième année d’école d’ingénieurs, sur leur parcours. Comme eux, elle a voulu éviter la classe prépa et a rejoint Arts et Métiers après un DUT. Les écoles d’ingénieurs leur font peur, ils ont l’impression de ne pas avoir le niveau. "De plus en plus, elles prennent des apprentis" veut les rassurer leur prof.

Ruée sur les cartes de visite de Staubli. "Prenez, prenez, il paraît qu’ils prennent des stages, des apprentis, des CDI… " La boite se vide en dix secondes ! "Et chez Michelin, ils recrutent à partir de quel diplôme?" interroge Valentin. David Deschamps apprécie de les voir discuter avec des professionnels. "Cela leur donne une vision de l'orientation par les métiers, et pas uniquement par les formations, comme d'habitude dans les forums."

Des industriels interpellés

Sur le stand de la métallurgie, le président de l’UIMM, Philippe Darmayan, attend deux bus de jeunes qui arrivent de Dunkerque. Il en a déjà rencontré la veille. "Ils ont un intérêt incontestable pour le numérique, les choses innovantes, le travail collectif. Quand on voit leur passion à tous pour les start-up, on sent que l’entrepreneuriat les tente. Ils n’ont pas envie de se sentir enfermés dans un métier, dans une entreprise. Cela nous interpelle et doit nous secouer, nous, industriels."

Attirer les jeunes vers l’industrie était l’objectif premier de l’Usine extraordinaire. 10 000 collégiens et lycéens sont venus avec leur classe les 22 et 23 novembre, 200 étudiants en école d’ingénieurs ou DUT se sont mobilisés pour les accompagner. Les organisateurs avaient mis en ligne tout un arsenal pédagogique pour préparer la visite et pour la débriefer au retour. En espérant casser quelques idées reçues.

Le 23 novembre, les industriels membres de la Fondation Usine extraordinaire se sont engagés à accueillir 4 100 collégiens pour leur stage de 3e, en plus des 800 venus de collèges de l’éducation prioritaire qu'ils ont déjà promis de prendre. Une bonne nouvelle pour les jeunes qui galèrent souvent à trouver une entreprise, et un engagement fort pour l’industrie, qui contribuera ainsi au tiers de la promesse faite par le gouvernement dans le cadre du plan PaQte : faciliter 15 000 stages de qualité en entreprise.

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