Les chantiers STX de Saint-Nazaire vont tourner à plein régime jusqu’en 2026

La signature d’une intention de commande pour quatre paquebots entre STX France et MSC Croisières au Palais de l’Elysée garantit des livraisons jusqu’en 2026. Le plein emploi sur les chantiers de Saint-Nazaire est assuré pendant dix ans.


L'Harmony of the Seas au chantier STX de St-Nazaire

"Début 2012, lors de ma visite sur les chantiers de Saint-Nazaire, je sentais une ambiance lourde avec des salariés qui s’inquiétaient. Ils cherchaient à être rassurés par l’actionnariat, le carnet de commandes. Depuis 2012 que de chemin parcouru !", se réjouit le président de la République, François Hollande, lors de son allocution, ce mercredi 6 avril au Palais de l’Elysée, quelques minutes après la signature entre STX France et MSC Croisière d’une intention de commandes de quatre paquebots pour un montant de 4 milliards d’euros.

Aujourd’hui, les chantiers navals de STX France ont 13 paquebots à construire jusqu’en 2026. Ces quatre nouvelles commandes sont aussi le fruit du dynamisme de l’entreprise, qui a su améliorer la productivité avec 100 millions d’euros d’investissements aux cours des cinq dernières années, un accord de compétitivité signé avec les syndicats et un Etat qui a su se remettre en cause après les échecs du passé.

Une ETI tournée vers l’export

"L’Etat a un rôle à jouer dans le soutien de son industrie. Tous les Etats le font y compris les plus libéraux, a rappelé Laurent Castaing, le directeur général de STX France. Nous ne sommes qu’une ETI, totalement tournée vers l’exportation. Et l’Etat aide les entreprises à exporter. Depuis le début de votre quinquennat, Bercy a mis en place des solutions, de petites choses mises un à une. Et à la fin, on rattrape les allemands", poursuit le patron de Saint-Nazaire.

Des solutions qui passent par le CICE, la Coface, l’Ademe,… Et le dirigeant de promettre des centaines d’emplois sur le chantier naval entre les futures embauches de STX et des "co-réalisateurs", les sous-traitants de premier rang qui travaillent sur le site.

Cette commande doit totaliser 37 millions d’heures de travail (3500 emplois directs sur 10 ans), d’où la demande pressante des syndicats pour accélérer les embauches pérennes. Et la France peut remercier l’armateur italo-suisse MSC et sa filiale MSC Croisières. STX n’avait pas connu une telle visibilité depuis le siècle dernier.

MSC Croisières continue à faire confiance à STX France. "Notre compagnie opère 12 paquebots de croisières. Ils ont tous été construits à Saint-Nazaire depuis 2001, rappelle Gian Luigi Aponte, PDG de MSC Croisières. Pourquoi ? Pour la qualité du chantier, des ouvriers. Pour la paix sociale. Sans oublier la contribution efficace de la Coface, instrument vital pour la construction des bateaux. Et l’engagement du gouvernement français."

Des paquebots propulsés au GNL

Les nouveaux paquebots qui seront propulsés au GNL seront gigantesques : 335 mètres de long, 47 mètres de large et 2750 cabines. Ils suivront les quatre paquebots du type Meraviglia (2246 cabines) commandés en mars 2014 et le 1er février dernier. Avec de telles commandes, MSC Croisières poursuit "sa stratégie qui vise à soutenir les chantiers naval européens pour que la construction navale reste en Europe."

Ils ne sont aujourd’hui que trois à pouvoir construire ces paquebots : l’allemand Meyer Werft, l’italien Fincantieri et le français STX France.

Aujourd’hui, le site de Saint-Nazaire peut encore engranger quelques commandes. "Tout n’est pas complètement rempli", prévient Laurent Castaing, qui envisage tout de même de sous-traiter certains éléments des paquebots à d’autres chantiers européens, mais "uniquement pour de la sous-traitance". Les problèmes de riche commencent.

Olivier Cognasse

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