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Les cartes bancaires et SIM plongent Gemalto dans la tourmente

Ridha Loukil ,

Publié le

L’effondrement du marché américain de la carte bancaire et la baisse des prix des cartes SIM plombent les résultats de Gemalto. Le numéro un mondial de la carte à puce est contraint de passer en revue toutes ses activités et d’y faire le tri.

Les cartes bancaires et SIM plongent Gemalto dans la tourmente © D.R. - Gemalto

C’est la dégringolade chez Gemalto. Après des résultats en stagnation en 2016, le numéro un mondial de la carte à puce voit son chiffre d’affaires au premier semestre 2017 chuter de 8% (à taux de change constants) à 1,1 milliard d’euros. Certes, en chiffres ajustés, le groupe, qui emploie 15 000 personnes dans le monde, dont 3 000 en France, reste dans le vert avec un bénéfice d’exploitation de 93 millions d’euros, contre 172 millions d’euros un an auparavant. Mais, en chiffres conformes au standard comptable international IFRS, il déplore une perte d’exploitation de 433 millions d’euros, contre un bénéfice d’exploitation de 108 millions d’euros au premier semestre 2016.

Perte de 20% en Bourse

Gemalto avait prévenu les marchés financiers, le 21 juillet 2017, de cette détérioration avant la présentation officielle des résultats le 1er septembre 2017. Depuis cet avertissement, le titre en Bourse a perdu aux alentours de 20% de sa valeur. Un coup dur pour Philippe Vallée, qui a succédé en septembre 2016 à Olivier Piou en tant que directeur général de l’entreprise.

Une partie de la dégradation provient de l’effondrement du marché américain de la carte bancaire. L’industrie de la carte à puce a beaucoup bénéficié de la migration aux Etats-Unis à partir de 2014 des cartes de paiement traditionnelles à piste magnétique vers la carte à puce au standard EMV. « En très peu de temps, l’Amérique est passé de zéro à près de 25% du marché mondial de la carte bancaire à puce, explique Philippe Vallée. Ce qui s’y produit depuis plus d’an an est un ajustement du marché à un niveau normal. A ce stade, nous ignorons jusqu’où ce phénomène va aller. Nous manquons encore de visibilité. »

Baisse des prix des cartes SIM de 15 à 20%

L’activité paiement, qui comprend la vente de cartes mais aussi d’équipements, de logiciels et de services pour les gérer, a plongé de 19% à 415 millions d’euros au premier semestre 2017.  Le plongeon atteint 37% en Amérique, contre une augmentation de 33% un an auparavant.

L’autre facteur négatif réside dans la dégradation du marché des cartes SIM utilisées par les opérateurs mobiles pour l’identification de leurs abonnés. Les ventes de Gemalto ont ici reculé de 17% à 239 millions d’euros. « Nous sommes toujours en attente d’évolution des opérateurs mobiles vers les prochaines générations de connectivité pour relancer le marché, confie Philippe Vallée. Nous continuons à souffrir par ailleurs d’une sévère baisse des prix de 15 à 20% par an. »

Commoditisation des cartes SIM

Selon ABI Research, les livraisons de cartes à puce en 2016 sont montées à 5,45 milliards d’unités pour les cartes SIM et 2,84 milliards pour les cartes de paiement au standard EMV, en croissance respective de 3 et 0,3%. Le cabinet confirme la baisse des prix. « Les cartes SIM deviennent un marché extrêmement mature et commoditisé, explique à L’Usine Nouvelle Phil Sealy, analyste chez ABI Research. La pression sur les prix et les marges continue et ce malgrè l’intégration de mémoire plus grande ou l’évolution à venir vers les mobiles 5G. En 2016, la baisse a été exacerbée par la consolidation du marché dont les deux leaders, Gemalto et OT-Morpho, détiennent plus de 45%. Pour maintenir leur base de clients ou gagner des parts de marchés, les fournisseurs sont obligés de se battre sur les prix. »

Cependant, tout n’est pas noir. Les activités pour les entreprises (comme le cryptage des données), les gouvernements (comme les documents d’identité électroniques) et le machine-to-machine (comme les solutions de connectivité pour les véhicules) progressent fortement. Mais leur développement ne suffit pas à compenser le recul dans les cartes de paiement et cartes SIM. « Ce qui nous arrive aujourd’hui touche toute l’industrie de la carte à puce, affirme Philippe Vallée. Mais comme nous en sommes le leader avec 28 à 30% du marché, nous sommes les plus affectés. Et c’est à nous que revient la charge d’expliquer ce qui se passe. »

Espoir dans le développement de l'e-SIM

Philippe Vallée place beaucoup d’espoir dans l’émergence de la carte SIM embarquée (e-SIM) dont il se présente comme le leader avec des contrats conclus avec Microsoft ou Lenovo. « Cette technologie offre l’avantage d’utiliser un module électronique plus sécurisé et donc plus cher que la carte SIM amovible classique, explique Philippe Vallée. C’est aussi l’opportunité pour nous de développer une activité de broker, intermédiaire entre les utilisateurs et les opérateurs télécoms. » Mais l’e-SIM n’occupe encore qu’une place marginale sur le marché et son développement se heurte à la réticence des opérateurs mobiles.

Ces difficultés poussent Gemalto à passer en revue toutes ses activités et à y faire le tri. Philippe Vallée se défend de tout projet de vente d’activités. Malgré les soubresauts qui la touchent, l’activité des cartes SIM demeure rentable. Il n’en reste pas moins que le groupe, qui prévoyait la présentation de son nouveau plan stratégique avant la fin de l’année 2017, a repoussé l’exercice au premier semestre 2018. Le temps d’avoir davantage de visibilité, non seulement sur les perspectives de développement, mais aussi sur les résultats de son plan de transition lancé en avril 2017 avec l’objectif de dégager 50 millions d’euros d’économie au prix de la suppression de 160 postes (120 aux Etats-Unis et 40 en France) et la fermeture de l’activité paiement de Netsize, une société rachetée par Gemalto en 2013.

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