Les cartes à puce de seconde génération en pleine effervescence

Le secteur de la carte à puce est toujours en plein boom. La deuxième génération de ces cartes, sécurisées et multi-applications, est sur les rails. Elle attire de nouveaux acteurs, issus de l'électronique et de l'informatique.

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Les cartes à puce de seconde génération en pleine effervescence

Depuis son apparition en 1985, la carte à puce a cependant beaucoup évolué. De " composant " indépendant, elle est devenue un véritable " ordinateur " capable de gérer et de communiquer des données. Sur les quelque 2,4 milliards de cartes à puce produites en 2001, un tiers incorporeront en effet un microprocesseur et un système d'exploitation ! Et cette part est appelée à grandir... Au-delà de ses rôles traditionnels - cartes téléphoniques notamment -, la carte à puce voit donc son champ s'élargir à des applications en pleine explosion : gestion et sécurisation d'accès, commerce électronique, " pay per view ", fidélisation de la clientèle... Résultat, les revenus sur le marché des cartes à puce seront de plus en plus tirés non pas de la production, mais du développement et de l'intégration ! Cette profonde mutation du marché des cartes à puce entraîne, bien sûr, l'arrivée de nouveaux acteurs : des professionnels de l'électronique (les fabricants de puces STMicroelectronics, Siemens et Hitachi en tête), mais aussi, et surtout, de l'informatique (Sun, Bull, et Microsoft depuis un an). Les pionniers comme Gemplus et Schlumberger ont réagi, et ont noué des alliances et consacré d'importants moyens en développement de logiciels. Ils ont d'ailleurs réussi jusqu'ici à conserver leur leadership sur le marché : selon le cabinet d'études Dataquest, ils détenaient ainsi respectivement 32 % et 31 % du marché en volume en 1998 ! Mais la concurrence, elle aussi, se construit, comme le montre la multiplication des alliances. En octobre, Oberthur Card Systems est né de la fusion d'Oberthur Smart Cards avec la division cartes du groupe De La Rue - cette nouvelle entité devrait arriver à la troisième place sur le marché. De leur côté, Dassault AT et Siemens-Nixdorf se sont dotés d'une filiale commune en octobre. Et d'autres alliances - voire des fusions - devraient suivre : l'objectif est d'atteindre une taille suffisante, mais aussi de se positionner à tous les niveaux de la chaîne, de la fabrication à l'intégration, en passant par le développement. L'enjeu devient d'autant plus grand que le marché devrait encore s'ouvrir grâce aux avancées réalisées dans trois domaines : l'émergence de solutions sécurisées, la standardisation des plates-formes de développement et la mise en place de cartes multi-applications. Premier grand chantier, lourd de conséquences pour le décollage de certaines applications, comme le commerce électronique : le paiement sécurisé. " Il est inimaginable qu'on puisse lire et écrire sur une carte sans un maximum de sécurisation ", estime Michel Fallah, ancien de Gemplus et P-DG de Stella, qui fabrique des terminaux de lecture. La sécurité sur le devant de la scène Les banquiers l'ont compris les premiers. Le groupement Cyber-Comm a été créé l'an dernier de la fusion entre deux projets français concurrents : CyberCard et E-Com. Cyber-Comm regroupe pas moins de six banques (BNP, Banques populaires, Crédit agricole, Crédit lyonnais, Crédit mutuel et Société générale), l'opérateur national (France Télécom), deux fabricants de cartes (Gemplus et Oberthur), ainsi que deux organismes de gestion de cartes (EPF et Visa). Plus européen, le projet Massc (Multi-Application Secured Smart Cards), issu du programme Medea, est lui aussi coordonné par un français, en l'occurrence, Bull. Le fabricant de puces n'est autre que STMicroelectronics, et l'institut de recherche associé est le GIE (groupement d'intérêt économique) Dyade, créé à parité par l'Inria et... Bull. Parmi les autres partenaires, on remarquera, entre autres, les opérateurs Banksys (à l'origine du porte-monnaie électronique belge Proton) et TIM (Telecom Italia Mobile), spécialisé dans le GSM. Là aussi, il s'agit de sécuriser les échanges de données, mais dans un cadre plus large que les applications bancaires. " Notre volonté est de mettre à disposition des opérateurs et des utilisateurs un Meccano pour qu'ils développent leurs applications ", expose Jean-Pierre Tual, vice-président de la division " cartes à puce " de Bull et coordonnateur du projet. En matière de plates-formes de développement, Javacard, de Sun Microsystems, et Multos, de Mondex (consortium qui regroupe quatorze sociétés, dont Mastercard, American Express, Motorola, Infineon, etc.), ont été les premiers à défricher le terrain. Ces pionniers ont même lancé il y a plus d'un an des kits de programmation adaptés au développement sur mesure en petites séries, ouvrant par là même le marché aux PME-PMI et à leurs prestataires SSII ! Interopérabilité des futures cartes " intelligentes " Mais, en octobre 1998, Microsoft, décidément insatiable, s'est lancé à son tour dans la bataille avec Smart Card for Windows (SCW). Et l'ambition du géant du logiciel est encore plus grande : " En plus de mettre Windows sur une carte, Microsoft met aussi les cartes dans Windows ", résume Mike Dusche, directeur des produits " cartes à puce " chez l'éditeur. Son objectif est clair : préparer le terrain pour les applications futures avec un standard de fait. Les fonctionnalités liées aux cartes à puce (lecture, écriture de données ou sécurisation) sont en effet désormais intégrées dans l'ensemble de la gamme Windows (CE, NT 4, 2000). " Un tel système d'exploitation va permettre une interopérabilité entre fabricants de cartes à puce et de lecteurs ", assure Frédéric Engel, directeur du marketing du français ActivCard. Et c'est justement d'interopérabilité dont aura besoin la nouvelle génération de cartes " intelligentes ", qui verra le jour dans quelques mois. Elles seront " multi-applicatives ", tout à la fois porte-monnaie électronique, outil d'accès à l'Internet et carte de crédit, ces cartes " à tout faire " présentent le grand avantage de pouvoir être totalement personnalisées. L'utilisateur choisira les services qu'il désire, et uniquement ceux-ci. Une expérience grandeur nature est menée en ce moment à Tours. Le projet Vocable intègre dans une seule carte à puce une carte bancaire, un porte-monnaie électronique et un système de fidélisation valable auprès de douze commerçants. Avec le projet Milano, le groupement Cartes bancaires va expérimenter le paiement sécurisé via un GSM. De La Rue, France Télécom, Motorola et Schlumberger sont de la partie. Ce dernier a d'ailleurs pris de l'avance en la matière, en proposant des services intégrés directement dans la carte Sim des portables. Le salon Cartes, du 16 au 18 novembre, à Paris-la Défense, sera l'occasion de faire un point.

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