Quotidien des Usines

Les capitaux chinois déferlent sur le monde

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Cette année, les investissements à l’étranger faits par l’ex-empire du Milieu pourraient atteindre 60 milliards de dollars. Selon le journal El Pais, les autorités n’ont de cesse d’encourager l’expansion des entreprises chinoises hors de leurs frontières naturelles. Les Etats-Unis et l’Europe sont leur terrain de chasse préféré.

Les capitaux chinois déferlent sur le monde

La crise financière qui a ébranlé le monde à partir d’octobre 2008 a eu un fort impact sur le flux des investissements directs étrangers (IDE). Cette déferlante de capitaux a soudain perdu de son dynamisme, ne reprenant de la vigueur que depuis quelques mois.
Or, un pays n’a pas cessé de pousser toujours davantage ses pions à l’étranger, même quand la crise atteignait son degré de virulence le plus élevé : il s’agit de la Chine.

En 2009, les IDE à l’échelle mondiale ont accusé un ralentissement de près de 40 %. Or, cette année-là, les entreprises chinoises ont augmenté de près de 7 % leurs investissements hors de leurs frontières naturelles : elles y ont consacré 43 milliards de dollars. Détail à prendre en considération : un peu plus de 40 % de cette manne se destinait à des fusions et acquisitions. (De tels chiffres émanent du ministère du Commerce, à Pékin.)


Des entreprises plus faciles à acquérir

2010 promet d’être une année faste : les investissements à l’étranger de l’ex-empire du Milieu pourraient se hisser à 60 milliards de dollars. Les raisons invoquées par le ministère du Commerce sont la reprise qui frémit actuellement aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe, mais aussi le soutien que le gouvernement chinois veut apporter à l’expansion sous d’autres latitudes de ses entreprises.
Il faut savoir, relève le quotidien espagnol El Pais dans son édition du 20 août 2010, qu’ «une partie importante de ces investissements chinois à l’étranger proviennent d’entreprises publiques.» «Le secteur privé, au contraire, s’est montré assez timide et les autorités veulent lui donner un sérieux coup de pouce.»

L’article ainsi publié par El Pais apporte un éclairage nouveau sur cette réalité encore méconnue qu’est l’onde de choc des investissements chinois tout autour du globe. Elle est favorisée par la crise économique, «qui a permis aux Chinois d’acquérir des entreprises à des prix soudain plus accessibles».

Le constructeur automobile Volvo constitue l’un des symboles de cette Chine éprise de conquêtes industrielles et financières qui s’érige en sauveuse d’entreprises occidentales en péril. El Pais rappelle le choc qu’a constitué, le 2 août dernier, l’absorption
de Volvo, auparavant dans le giron de Ford, par le chinois Geely.
 

Compagnies pétrolières et minières

Mais les Chinois aux dents les plus longues, à l’étranger, sont «les entreprises spécialisées dans les matières premières, les ressources naturelles se faisant plutôt rares en Chine». Parmi les figures de proue des investisseurs chinois dans le monde : les compagnies pétrolières Sinopec et CNPC (China National Petroleum Corporation) tout comme la compagnie minière Chinalco. Une filiale de CNPC,
Petrochina, a annoncé son intention de dépenser 60 milliards de dollars pour accroître sa puissance de feu hors de Chine, nombre d’entreprises étant dans son collimateur.

El Pais nuance ce tableau apparemment idyllique des investissements directs chinois en citant les propos d’économistes et d’experts, en Chine, qui expriment certaines craintes : une telle boulimie d’acquisitions à l’étranger se justifie-t-elle alors que de sérieuses incertitudes pèsent toujours sur l’avenir de l’économie mondiale ?

Et puis, les autorités de certains pays pourraient se montrer méfiantes, voire hostiles, à la recrudescence des investissements chinois. Le journal espagnol en veut pour exemple les projets du sidérurgiste Anshan Iron and Steel (Ansteel) aux Etats-Unis, portant sur l’érection de cinq usines en partenariat avec Mississippi Steel Development. Certains élus américains ont fustigé ces projets, soupçonnés de menacer le marché du travail autant que de porter atteinte à la sécurité nationale.


Forte reprise des investissements étrangers en Chine

L’offensive chinoise à l’étranger, en termes d’exportation de capitaux, s’avère une tendance assez récente. C’est en 2004, seulement, que le Programme des Nations Unies pour le Développement (Unctad) a attiré l’attention des milieux économiques sur la montée en force des investissements chinois à l’étranger. «La Chine est non seulement la première destination mondiale pour les investissements mais elle a vocation à devenir l’un des principaux exportateurs de capitaux», décryptait un rapport de l’Unctad.

La Chine est devenue au 2ème trimestre 2010 la deuxième économie mondiale et elle «happe» plus que jamais les investissements directs étrangers (IDE). Le 17 août, le ministère du Commerce à Pékin a estimé que les entreprises étrangères avaient injecté 46 milliards d’euros dans l’économie chinoise pendant les sept premiers mois de l’année en cours. Par rapport à la même période en 2010, une hausse de 20,7 % de ces IDE.

Semblables chiffres ne prennent pas en compte les investissements dans le secteur financier.




 

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