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Les cadres restent très attachés au salariat mais n'excluent rien

Christophe Bys

Publié le

Avec le numérique, les formes de travail alternatives au salariat sont de retour. L'Apec s'est intéressé aux perceptions des cadres sur ces nouvelles formes juridiques de travail. Attentifs aux évolutions, ils restent plutôt conservateurs.

Les cadres restent très attachés au salariat mais n'excluent rien
Salariés ou pas ? Les cadres restent attachés au salariat pour la sécurité financière qu'il procure
© Victor1558 - Flickr - C.C.

Près d'un cadre sur deux se dit très attaché au salariat, selon une étude que vient de réaliser l'Apec*. Seulement 7% déclarent ne pas l'être du tout et la moitié (50 %) indique qu'elle pourrait y renoncer sous certaines conditions. Ce goût relatif pour l'aventure hors-salariat varie selon que l'on ait ou non un emploi (74 % des cadres sans emploi se disent prêts à travailler autrement), de l'âge (62% des moins de 40 ans) ou de la satisfaction vis-à-vis de sa vie professionnelle actuelle (69% des insatisfaits). Autrement dit, tant que le salariat est là et que tout se passe bien, les cadres aiment ce statut, mais que le vent tourne et ils sont prêts à étudier d'autres options. 

Le salariat reste la norme

 A moins qu'il ne s'agisse d'un défaut d'information, qui, pour le coup, se nourrit d'expériences concrètes. Seulement 17 % des cadres actuellement en poste dit avoir déjà connu une forme de travail atypique. On notera qu'en les nommant de cette façon "emploi atypique", l'Apec entretient l'idée selon laquelle le salariat est la norme. Dans cette catégorie, elle place le micro-entrepreneuriat, le portage salarial, le travail à temps partagé, les groupements d'employeurs et les coopératives d'activités et d'emploi. Un cadre sans emploi sur cinq (21%) a connu au moins une forme d'emploi atypique. 

Mais ils en ont déjà entendu parler à 95%. En tête arrive le micro-entrepreneuriat (92%), suivi du portage salarial (53%) ou du travail à temps partagé (45%)... La coopérative d'activité et d'emploi ferme le ban avec seulement 34% de cadres qui disent la connaître.

Interrogés sur leurs perceptions des avantages et inconvénients de ces différentes formes de travail, les cadres révèlent qu'ils les connaissent plutôt bien. Par exemple, pour le travail à temps partagé, 49 % voient comme avantage principal la possibilité de travailler sur des missions et des projets variés et 46 % de bénéficier d'une protection sociale. Pour le micro-entrepreneuriat, 34 % mettent d'abord en avant l'organisation de leur emploi du temps, quand l'avantage du portage salarial qui ressort est la délégation des démarches administratives et des activités de gestion. Côté handicaps, le micro-entrepreneuriat pâtit des procédures administratives (25 %) et de la crainte d'un manque de relations sociales. 

Changer, oui... surtout si on les force

Reste que globalement, ces différentes formes de travail bénéficient d'une image positive pour les cadres interrogés. Etonnamment, les coopératives d'activité et d'emploi ont une bonne image auprès de 89 % des cadres, qui idéalisent peut être un peu un environnement soustrait à la forte contrainte financière qu'ils connaissent. Groupements d'employeurs et travail à temps partagé suivent avec 89 et 86 % d'images positives. Le micro-entrepreneuriat reçoit 77 % des suffrages et le portage salarial 75%. 

Alors partira ou partira pas ? 16 % des cadres disent qu'ils pourront certainement tester l'une ou l'autre de ces formes de travail au cours des trois prochaines années. 40 % répondent qu'ils pourraient le faire probablement. La raison de ce changement ? Pour 54 % ce serait suite à un licenciement ou une période sans activité. 37 % l'envisagent en complément de revenus et 36 % pour tester avant de se lancer franchement.

Le salariat garde donc encore un fort pouvoir d'attraction et mis à part les indépendants qui rongent leurs freins, l'adieu au salariat reste conditionné pour un cadre sur deux par une obligation. On imagine que c'est parce qu'ils ne trouvent pas de CDI correspondant à leurs aspirations qu'ils imaginent se lancer dans le travail indépendant sous une des ses différentes formes. Un chiffre ne trompe pas. L'Apec a proposé une grosse dizaine de critères aux cadres en leur demandant s'ils étaient ou non importants dans leur vie professionnelle. 64 % ont répondu "percevoir des revenus réguliers" comme première réponse. Suivie par "faire du bon travail" et "apprendre à faire de nouvelles choses". C'est dire que travailler reste, même pour les cadres, synonyme d'abord de gagner de quoi vivre. 

* Salariat et autres formes d'emplois, Apec, mars 2019

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1 commentaire

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29/03/2019 - 09h00 -

C'est une excellente nouvelle cet amour renouvelé pour la sécurité qu'apporte le salariat et l'importance apportée au bien vivre, à la qualité du travail et donc au refus de la précarisation d'une certaine façon. Cela renforce la justesse et la pertinence du combat de la coopérative Smart. Qu'ils n'hésitent pas à aller découvrir ce qui y est fait ????
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