L'Usine Aéro

Les cadences de production des principaux programmes des constructeurs aéronautiques

Olivier James , , , ,

Publié le

Infographie A l'occasion de l'ouverture du salon aéronautique de Farnborough au sud de l'Angleterre, le grand rendez-vous du secteur en alternance avec le salon du Bourget, gros plan sur les programmes d'Airbus, de Boeing, de Dassault aviation, d'ATR ou encore d'Airbus Helicopters.

Les programmes d'Airbus

L’A320 sera produit à un rythme soutenu au cours des prochaines années. Les cadences passeront de 42 appareils par mois en 2015 à 60 en 2019. La nouvelle version du monocouloir, l’A320neo, remplacera l’ancienne. Mais l’année 2016 a été marquée par des retards de livraison en raison de problèmes sur le moteur de Pratt & Whitney qui équipera environ la moitié des A320neo. Des difficultés que la direction devrait régler dans le courant de l’été. Airbus parviendra-t-il à dépasser la barre des 500 A 320 produits en 2016 ? Quelque 560 A320 neo pourraient être produits en 2020, selon le BCG.

Tendance à la baisse pour l’A330. Après être montée à 9 appareils par mois en 2013 et 2014, la cadence est retombée à 6 début 2016 et devrait atteindre 7 dans le courant de 2017. Airbus avait livré 103 A330 en 2015, et n’en livrera probablement que 70 cette année. L’arrivée de l’A350 XWB et le lancement en 2014 de l’A330neo, qui entrera en service fin 2017, expliquent la baisse dans la production de ce long-courrier. En 2020, ce sont 56 A330neo qui pourraient être produits, avant une augmentation éventuelle en cas de succès commercial.

Le dernier-né d’Airbus connaît des ratés de livraison imputables aux retards de l’un de ses fournisseurs clés, Zodiac. Après avoir livré 14 A350-900 en 2015, Airbus mise sur 50 appareils en 2016. Un objectif peut-être trop optimiste au vu des retards accumulés et du développement parallèle de l’A350-1000, dont les premières livraisons sont prévues pour la mi-2017. Officiellement, Airbus prévoit de faire passer les cadences à 10 par mois en 2018. La production pourrait dépasser 120 exemplaires des deux versions de l’appareil en 2020.

C’est sans doute le plus chahuté des programmes, lancé "dix ans trop tôt", de l’aveu même du patron d’Airbus, Fabrice Brégier. En attendant un hypothétique engouement des compagnies asiatiques pour le superjumbo, la production tourne au ralenti. Le niveau de 30 appareils livrés en 2012 et 2014 semble loin. La cadence de 2 appareils par mois est assurée pour 2016, mais après ? Faute de nouvelles commandes, le nombre d’A380 produits pourrait retomber dès 2017 sous la barre des 20 exemplaires.

Les programmes de Boeing

Les cadences du monocouloir de Boeing resteront en deçà de celles de son concurrent direct, l’Airbus A320. La cadence sera poussée à 47 avions par mois en 2017, 52 en 2018 et 57 en 2019. Le planning de production du 737 MAX, version remotorisée du programme dont les premiers exemplaires seront livrés l’an prochain, prévoit une hausse brutale du rythme de production : 120 avions en 2017 et 530 en 2020. Le Leap étant l’unique moteur des B737, Safran et ses fournisseurs devront atteindre des cadences inédites dans l’histoire du secteur.

Le programme B767 devrait reprendre des couleurs. Après un pic de 26 appareils livrés en 2012, mais seulement 16 en 2015, Boeing prévoit de relancer les cadences et compte les faire passer à 2,5 avions par mois en 2017, après 1,5 l’an passé et 2 cette année. Une tendance haussière qui s’explique par la production dès 2016 de la version ravitailleur du programme, le KC-767/46, dont le niveau de production devrait tourner autour de 17 exemplaires en 2020. Soit, à cette date, une trentaine d’exemplaires du 767.

Le programme B777 connaît une baisse de régime depuis son point culminant de 2014 (99 appareils). Boeing compte baisser la cadence actuelle de 8,3 appareils par mois à 7 en 2017. Le BCG mise sur une diminution nette de la production, avec une trentaine d’appareils produits en 2020. À cette date, sa nouvelle version, le 777-X, dont la production commencera en 2017, prendra progressivement le relais. À terme, l’avionneur mise sur une cadence de 10 appareils par mois.

Malgré les incidents techniques dont il a été victime, le programme B787 connaît une courbe de production croissante. Le planning des cadences a été clairement établi par Boeing : 10 appareils par mois en 2015, puis 12 en 2016 et 14 avant la fin de la décennie. Le BCG, lui, anticipe une stabilisation de la production, avec 120 appareils produits en 2020.

Les autres programmes

Secoué par la baisse du prix du pétrole, ATR perd l’un de ses principaux arguments commerciaux pour ses turbopropulseurs. Mais le niveau des livraisons reste orienté à la hausse, ce qui a provoqué certains retards de la part de quelques fournisseurs. ATR va devoir patienter avant d’atteindre la barre des 100 appareils produits (ATR 42 et 72), objectif qui avait été envisagé pour l’année 2016.

Les temps sont durs pour la filiale hélicoptériste d’Airbus Group, tant dans les secteurs civil que militaire. Le niveau de livraison est passé de 471 appareils en 2014 à 395 en 2015. La direction s’attend en 2016 et 2017 "à un très faible niveau d’activité", que les accidents sur plusieurs appareils pourraient encore faire baisser. Les fournisseurs peuvent toutefois espérer que de grands contrats internationaux créent des appels d’air, à l’instar de celui avec la Chine pour 100 H135 et peut-être de futurs succès commerciaux sur le terrain militaire.

Les programmes Falcon évoluent dans un contexte des plus chaotiques, celui du marché de l’aviation d’affaires. Dassault a livré presque deux fois moins d’appareils en 2015 (55) qu’en 2010 (95). Hormis la prévision du groupe pour cette année, environ 60 Falcon, impossible de prévoir les cadences d’ici à 2020. D’autant que le retard du moteur Silvercrest de Safran destiné au Falcon 5X ajoute une incertitude sur le carnet de commandes de Dassault et donc sur une partie du planning industriel.

Après avoir plafonné à 11 livraisons par an depuis 2010, les cadences repartent à la hausse à la faveur des succès rencontrés à l’export (Égypte et Qatar) et par anticipation des futurs contrats (Inde). L’actuelle cadence de 2 Rafale par mois (sur 11 mois) permettra à l’avionneur de livrer au maximum 22 appareils dès 2018. La cadence pourrait passer à 3 appareils par mois, dans la mesure où l’avionneur signerait un troisième puis un quatrième contrat, ce qui représente à cette échelle une augmentation significative pour les fournisseurs.

Olivier James

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte