Les Bretons tentent d’oublier la crise porcine à l’exposition universelle de Milan

Une délégation d’élus et de chefs d’entreprises bretons a présenté à l’exposition universelle de Milan le savoir-faire agroalimentaire de la Bretagne.  

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Même à plus de 1000 kilomètres de leurs terres, les Bretons ne se déplacent jamais sans leurs... binious. C’est au son de cet instrument à vent qu’une délégation de représentants de la Bretagne a inauguré, le 25 août, un espace temporaire dédié au savoir-faire alimentaire de la région au sein du pavillon français de l’exposition universelle de Milan (Italie). Sous une grande vitrine, symbolisant un damier, des photos et des produits alimentaires factices de marques emblématiques (Hénaff, Le Gall, Malo, Savéol, Guyader, Brocéliande, etc.)... Une initiative singulière au moment où l’élevage porcin traverse une crise majeure et doit réinventer son modèle. "C’est important que la Bretagne soit là, souligne Jean-Paul Simier, le responsable du pôle agriculture et agroalimentaire de l’agence régionale Bretagne développement et innovation (BDI). L’Italie est le premier marché à l’export de la région, pesant 600 millions d’euros de chiffre d’affaires."

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Milan, "source d'inspirations"

Nathalie Marchand élève des porcs à Noyal-sur-Vilaine (Ile-et-Vilaine). Elle est engagée dans la filière qualité aux graines de lin, Bleu Blanc Cœur. Elle est venue à Milan promouvoir des œuvres artistiques autour du cochon. De quoi "donner une image positive à l’élevage de cochon", espère-t-elle. D'autres patrons de PME connues pour leurs efforts à l’export ont également fait le déplacement. "Je vois l’évènement comme une source d’ouverture d’esprit sur le monde pour découvrir les visions des pays pour répondre au défi alimentaire mondial", souligne Olivier Clanchin, le président de Triballat-Noyal (marque Sojasun). Un point de vue partagé par Christian Guyader, le patron de la marque de salaison éponyme. "J’incite toujours mes collaborateurs à voyager. C’est une grande source d’inspirations pour développer notre offre et mieux comprendre les habitudes des consommateurs étrangers", affirme-t-il.

Aucun représentant des industriels des viandes, en pleine crise, n’avait choisi de faire le déplacement, pas plus que les porte-parole des interprofessions. Une déception pour certains, alors que la viande bretonne cherche de nouveaux marchés. "Il faut exporter davantage et se faire connaître à l’étranger, mais il faut aussi livrer bataille sur le marché intérieur", tente de justifier, quelque peu embarrassé, le président (PS) du conseil régional, Pierrick Massiot, dont l’institution cofinance l’exposition temporaire sur l’agroalimentaire breton. Sur son pavillon, la France a préféré jouer la carte traditionnelle, ventant la diversité de ses produits, loin de la technologie et des messages d’avenir de certains pays voisins. "Nous sommes tous petits face au monde. Il faut arrêter de rejeter nos problèmes sur les autres. Nous devons nous prendre en mains et s’ouvrir. On ne nous attendra pas", répète un chef d’entreprise.

Lui, comme d’autres, a fait le déplacement à Milan et enverra bientôt ses équipes marketing faire un tour pour glaner des sources d’inspirations. "Les esprits ne sont pas assez neufs dans nos entreprises. Il faudrait laisser la place aux jeunes pour impulser de nouvelles idées", reconnait le patron d’une PME bretonne. A bon entendeur...

Adrien Cahuzac, envoyé spécial à Milan

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