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L'Usine Agro

"Profession Brasseur", le pari des brasseurs français pour professionnaliser les microbrasseries

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Face à la concurrence internationale et à la multiplication des micro-brasseries, le syndicat professionnel Brasseurs de France lance sa propre marque, aux critères restrictifs. Elle n’inclut pas encore l’obligation de se fournir en houblon français, une filière au fort enjeu de relocalisation…

Profession Brasseur, le pari des brasseurs français pour professionnaliser les microbrasseries

La multiplication des bières artisanales issues de microbrasseries dope toujours le marché de la bière en France, avec 4 000 marques françaises et plus de 1100 brasseries réparties sur tout le territoire... dont la moitié a moins de trois ans d’existence. Emmenés par Brasseurs de France, le syndicat professionnel rassemblant 98% de la production française de bière (2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier en France), les acteurs hexagonaux entendent donc défendre, face à l’Allemagne et la Belgique, "leurs terroirs, leurs spécificités et leur tradition" en lançant ce 20 février "la première marque collective de qualité sur la bière", intitulée "Profession Brasseur".

Garantir origine, qualité et savoir-faire

Symbolisée par un logo à l’hexagone doré, elle doit garantir l’origine (bière brassée et conditionnée dans une brasserie française), la qualité ("respecter les règles d’hygiène et de traçabilité, contrôler les matières premières et le produit aux différentes étapes de la production afin de garantir le savoir-faire brassicole français et la qualité du produit fini", selon 420 critères contrôlés par l’organisme indépendant Certipaq et l’Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie), mais aussi le savoir-faire. Car c'est tout l'enjeu du secteur, pour espérer pérenniser et professionnaliser les microbrasseries qui se multiplient. Pour être certifiés, les professionnels doivent ainsi disposer de leur propre outil de production, d’au moins trois ans d’expérience dans la profession ou être diplômés du "titre brasseur".

Trois brasseurs déjà certifiés

De la Brasserie Duyck (Hauts-de-France), "la plus grande des petites brasseries" avec 100 000 hectolitres produits (moins d’une dizaine d'établissements en France dépassent les 200 000 hectolitres, tels ceux d'Heineken ou Kronenbourg) à La Grenouille Assoiffée en Moselle, microbrasserie de 150 hectolitres, vingt-et-un brasseurs sont déjà engagés dans la démarche et trois certifiés. Les premières bières portant la marque "Profession Brasseur" seront en vente à partir du 1er juillet 2018. "Nous souhaitons permettre aux consommateurs de s’y retrouver au milieu de l’offre, et choisir une bière française grâce à ce label valorisant métier et savoir-faire", explique Maxime Costilhes, directeur général de Brasseurs de France.

Le chainon manquant du houblon

Il n’exclut pas, d’ici quelques années, d’intégrer dans le cahier des charges la provenance hexagonale des matières premières phares que sont le houblon et le malt. "Nous travaillons avec les filières sur le sujet, assure-t-il. La plus grande difficulté reste le houblon, mais aujourd’hui on remobilise les producteurs et on replante des hectares." Le développement des microbrasseries et l’essor de bières plus houblonnées incitent de nouveaux agriculteurs à s’intéresser à la culture de cette plante (Lire notre enquête). Pour autant, les investissements requis et les connaissances nécessaires freinent encore le mouvement de relocalisation dans l’Hexagone, malgré l’émergence d’une association et des Comices du houblon organisés depuis l'an dernier.

Or les brasseurs français doivent, s’ils veulent disposer d’approvisionnements plus locaux, mieux définir leur offre, estime Francis Heitz, responsable commercial de Comptoir agricole. "Nous ne sommes pas outillés pour faire des houblons amérisants, donc on ne peut pas offrir ces houblons. Aujourd’hui, le monde brassicole doit s’interroger sur son style. La Belgique est connue pour ses bières blanches, l’Allemagne pour ses pils, les Etats-Unis pour leurs IPA… Donc, quel style français pour quels styles de houblons français ?", interroge-t-il. Pour un développement harmonieux de la filière, il suggère une contractualisation accrue entre les brasseurs, les houblonniers et les négociants, à l’image de la filière céréalière.

Gaëlle Fleitour et Franck Stassi
 

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