L'Usine Matières premières

Les bourses chinoises s’effondrent sur les matières premières

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Alors que le monde a les yeux rivés sur la Grèce, les cours des métaux, qu’ils soient précieux ou de base, se sont repliés en bloc le 7 juillet sous le poids de l’effondrement du marché boursier chinois (-30% à -40% en moins d’un mois). Sur la même pente, le pétrole se rapproche de son prix le plus bas.

La Chine consomme environ la moitié des métaux produits mondialement. Les perspectives de croissance moindre et le krach boursier entamé en juin et qui s’accélère ces jours-ci à Shanghai et Shenzhen sonnent donc comme un coup de grâce pour des marchés de matières premières déjà en piètre posture.

Pourquoi la Chine craque ?

Le krach chinois est une violente correction qui fait suite à une bulle née de l’afflux de capitaux sortis de l’immobilier et de l’épargne, après la baisse des taux décidée par la Banque centrale en novembre 2014. Un changement de règles décidé par la Commission de régulation des marchés financiers, interdisant les investissements boursiers financés par de l’emprunt (opérations "sur marge"), a fait éclater cette bulle, qui avait atteint son apogée mi-juin.

De plus en plus de sociétés se retirent de la cotation pour essayer d’échapper à la violente correction boursière qui s’est propagée de la place de Shanghai à celle de Shenzhen, avant de s’étendre aux autres places asiatiques. On estime aujourd’hui que la moitié des sociétés cotées en catégorie "A" ont suspendu leur cotation.

Les métaux industriels perdent leur meilleur client

Le 7 juillet, le cuivre (livraison septembre) a perdu 6% à New-York pour atteindre 5 260 dollars la tonne, son cours le plus bas depuis juillet 2009. Le nickel, lui, a chuté de 9% et s’approche des 10 000 dollars la tonne. L’étain (-4,4% à 13 700 dollars), le zinc (-3,7% à 1 934 dollars) et le plomb (-2% à 1 722 dollars) ont suivi la tendance. Quant au minerai de fer, il continue sa descente aux enfers après quelques mois de répit pour les producteurs. Son cours de référence (teneur 62% Caf à Tianjin) est passé sous les 50 dollars la tonne, selon le Metal Bulletin. Même l’aluminium s’est replié d’1,7% à 1 666 dollars, plus de 20% en-dessous de son pic de septembre 2014.

A l’échelle d’une semaine, les chutes sont plus flagrantes encore : -20% pour le cuivre, -15% pour le nickel, et même -37% pour l’étain ! Des chutes qui doivent beaucoup à la Grèce, qui fait chuter la parité euro/dollar. Mais ce glissement de l’euro ne représente pas plus d’un quart de ces baisses, et c’est bien la Chine et ses perspectives de croissance morne sur les pays émergents (Chine, Brésil et Russie en tête) qui tirent les matières à la baisse.

Les précieux ne sont plus un refuge

Même l’or n’est plus une valeur-refuge, puisqu’à 1 150 dollars l’once il s’approche de son cours le plus bas cette année. Et l’argent (-18% depuis son pic de janvier) ne prendra pas le relais. En forte baisse depuis quelques années, le métal blanc, plébiscité par l’industrie photovoltaïque, bascule de plus en plus des métaux précieux vers les métaux industriels. Le platine, au plus bas depuis le premier semestre 2009, ne fait pas mieux, tiré à la baisse par la crise européenne. Le continent est le plus gros consommateur de pots catalytiques pour ses véhicules diésel.

Le pétrole craint l’Iran plus que la Grèce

Rien de réjouissant non plus du côté du pétrole (-15% depuis fin juin). Le Brent est repassé sous les 60 dollars, alors que l’activité reprenait petit à petit sur ce marché sonné par la chute brutale intervenue en 2014. L’Agence internationale de l’énergie vient de relever les perspectives de demande mondiale (+ 20 000 barils par jour sur 2015 et 2016), mais également ses prévisions de production américaine (+ 30 000 barils par jour cette année, puis -150 000 bj en 2016). Le pétrole pâtit aussi de la menace du retour de la production iranienne sur le marché en cas d’accord sur le nucléaire et de levée de l’embargo. Celle-ci ne devrait pourtant pas intervenir avant 2016. En résumé, si le Grexit potentiel n’avait pas suffi à affoler les marchés, la Chine et l’Iran s’en sont chargés.

Myrtille Delamarche

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte