"Les bornes à charge rapide permettront de démocratiser le véhicule électrique", selon Gil Souviron

Gil Souviron, le PDG du spécialiste de dispositif de charge IES Synergy, pense que la proposition de la ministre de l’Ecologie pour installer sept millions de bornes ne va pas assez loin. Il demande l’installation de bornes à charge rapide pour démocratiser le véhicule électrique.

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L’Usine Nouvelle - 7 millions de points de recharge promis par Ségolène Royal d’ici 2030, est-ce une bonne nouvelle pour IES Synergy ?

Gil Souviron - Les mesures proposées dans le cadre de la loi sur la transition énergétique sont positives. Elles mettent en effet l’accent sur la migration du véhicule carboné vers le véhicule électrique et prennent à bras le corps le problème du diesel, dont on sait qu’il est cancérigène. Installer 7 millions de bornes n’est pas très difficile, mais nous pensons que cette mesure doit être complétée par une action spécifique pour équiper les infrastructures en charge rapide. Elle n’évoque pas la puissance des bornes alors que ce sont les bornes à charge rapide qui permettront de démocratiser le véhicule électrique.

Pourquoi la question de la charge rapide est aussi cruciale pour le développement du véhicule électrique ?

Les sept millions de bornes de recharge évoquées sont des bornes à charge lente, elles équivalent à une prise électrique. Le conducteur sera surpris de laisser sa voiture branchée une heure sur le parking d’un supermarché, pendant qu’il fait ses courses, et de ne gagner que 10 kilomètres d’autonomie. Or, avec une charge rapide, en moins de 20 minutes, le véhicule est complètement rechargé. Le véhicule électrique doit se substituer au véhicule thermique, il ne doit y avoir de verrou à son utilisation, car un conducteur ne peut pas attendre plus de 8 heures pour que sa voiture soit chargée !

La France est en retard sur la question de la charge rapide ?

Il n’y a pas de cadre politique précis et réaliste sur ce sujet comme en Allemagne. IES Synergy est une entreprise française qui offre des solutions de recharge rapide mais il est vrai que nous réalisons moins de 10% de notre activité en France. Les raisons sont historiques. Le véhicule électrique s’est développé via l’Etat et de grands acteurs publics comme La Poste. Or ils n’ont pas besoin de charger rapidement le véhicule dans la journée. Un véhicule de tournée se recharge simplement la nuit sur une prise classique. Au contraire en Allemagne, le gouvernement a mis en place un plan de déploiement de bornes à charge rapide dans tout le pays, avec l’objectif de déployer largement le véhicule électrique pour tous.

La question du prix des batteries à charge rapide n’est-elle pas le réel problème à leur développement ?

Une borne à charge rapide universelle (norme Combo 2 et CHAdeMO) de 50kW coûte installée entre 25 et 30 000 euros. Des solutions existent aussi pour des Wallbox de 25kW, qui s’installent facilement dans des parkings, voire chez les particuliers, pour 5 à 6000 euros. Ce qui freine souvent les collectivités, c’est le surcoût imposé par ERDF pour raccorder la borne de 50kW au réseau, ce qui amène parfois à tripler le prix de la borne. C’est un vrai problème car, avec l’augmentation de l’autonomie des véhicules d’ici trois à quatre ans, il faudra des bornes plus puissantes, qui ne supporteront pas un tel surcoût.

Propos recueillis par Pauline Ducamp

1 Commentaire

"Les bornes à charge rapide permettront de démocratiser le véhicule électrique", selon Gil Souviron

verdarie
21/06/2014 11h:34

C'est sûr que le problème de la recharge des batteries est une épine dans le processus de démocratisation du véhicule électrique, mais ce n’est pas que cela ! Le véhicule électrique a du mal à se développer à cause de son prix qui est, pour une même catégorie, de près d’un tiers supérieur à celui d’un véhicule diesel et la moitié pour un véhicule essence . Ensuite il y a le problème de l’autonomie. On nous dit que les Français font en moyenne entre 15 et 40 km par jour pour se rendre à leurs occupations et que le véhicule électrique répondrait tout à fait à ces besoins. On oublie juste de dire que lors des déplacements il y a toujours une part d’imprévu (passer chercher les commissions, ramener un collègue, reprendre le petit chez la nounou, etc..) et que le véhicule sert aussi pour des déplacements plus longs notamment lorsqu’on part en vacances. Qu’un voyage à quatre en train ou en avion, ça coûte cher! Et lorsqu’on est arrivé à destination il faut encore pouvoir se déplacer ? S’il faut posséder deux véhicules pour répondre à tous ces besoins, lorsqu’on multiplie les frais (achat, garage, assurance, entretien) on voit bien que la solution passe par plus d’autonomie ! Les réticences viennent aussi de ce que l’on ne nous dit pas, bien que ces critères soit déterminant pour orienter les choix ? Comme les batteries dont le coût du remplacement ne peut être négligé , des performances qui diminuent rapidement au fil du temps et aussi en fonction de l’humidité et le froid. Du temps nécessaire pour retrouver l’autonomie, du nombre et de la répartition des points de recharge sur le territoire. Tous ces points sont autant de facteurs négatifs qu’il faut forcément résoudre si l’on souhaite faire évoluer les comportements. Enfin, il faut en finir avec l’incertitude du coût d’entretien et des réparations car c’est le noir complet. Je rappelle à cette occasion que je suis porteur d’un projet de moteur qui pourrait résoudre toutes ces difficultés et plus encore car lorsqu’une majorité de véhicules deviendra électrique, ce dont on ne peut douter, viendra le problème de la fourniture électrique et donc du statut quo, du nucléaire ou des Enr ?…. Choix qu’il convient de faire des à présent si l’on souhaite limiter les problèmes à ceux d’aujourd’hui ?

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