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Les bonnes recettes de la chimie

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Enquête Le secteur connaît son lot de restructurations. Mais des PME françaises continuent à investir et à maintenir le tissu industriel.

Les bonnes recettes de la chimie
SNF Floerger revendique 43?% du marché mondial des polyacrylamides. Son chiffre d’affaires a doublé depuis cinq ans.

Le redressement judiciaire de Kem One à Saint-Fons (Rhône), l’arrêt de la production d’intermédiaires chimiques par Arkema à Chauny (Aisne), la fermeture du site de produits acétylés de l’américain Celanese à Roussillon (Isère), la suppression programmée par BASF de la moitié de l’effectif de son usine de pigments d’Huningue (Haut-Rhin), la mise sous cocon du complexe pétrochimique de LyondellBasell à Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône)… Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur la chimie française.

Un secteur concentre toutes les inquiétudes : la chimie de base (chlore, polyéthylène, soude…). L’absence de croissance en Europe dans l’automobile et le bâtiment, ses deux principaux marchés, l’ouverture d’importantes capacités de production au Moyen-Orient et une compétitivité dégradée quant au prix des matières premières et de l’énergie laissent présager le pire. "Depuis deux ans, 700 000 tonnes de capacités d’oléfines ont été fermées en Europe. Dans le même temps, les États-Unis investissaient pour atteindre 10 millions de tonnes supplémentaires d’ici à 2017, grâce à un gaz de schiste peu cher", rappelle Daniel Marini, le responsable des affaires économiques de l’Union des industries chimiques (UIC).

Cependant, l’ensemble du secteur (156 000 salariés) n’est pas autant touché. "Aujourd’hui, la chimie française se porte relativement mieux que l’industrie en moyenne", constate Serge Lhoste, associé au cabinet Roland Berger. En 2012, sa production a reculé de 0,5%, contre 16% pour le reste de l’industrie. Selon l’UIC, elle a connu une érosion moyenne de 2% de son effectif par an entre 2000 et 2010, principalement due à des gains de productivité et à des arrêts d’installations. Mais depuis trois ans, ses emplois se maintiennent.

Dans une étude publiée le 21 novembre, la Coface estime que "la situation de la chimie s’améliore malgré la conjoncture dégradée". L’établissement d’assurance-crédit observe "une décrue générale" du nombre de défaillances d’entreprises entre novembre 2012 et octobre 2013 (- 5,3%). Cela s’explique par le repli du nombre de faillites dans le commerce de produits chimiques (- 3%). "En revanche, analyse Daniel Marini de l’UIC, compte tenu de la faible croissance en Europe et de la baisse continue de la compétitivité de la chimie de base, on assiste à un phénomène croissant de restructurations et à des arrêts d’activités par les grands groupes."

Innover pour résister

Certaines ETI et PME font mieux que résister, s’imposant à l’échelle mondiale. Elles continuent à investir en France grâce à des stratégies originales. La première consiste à se spécialiser. Le groupe lyonnais Novacap (1 230 salariés, 750 millions d’euros de chiffre d’affaires) a transformé une partie de son portefeuille de produits chimiques de base, aux perspectives de croissance limitées, en produits à valeur ajoutée, tout en se recentrant sur cinq marchés (santé, alimentaire, détergence, services à l’environnement, cosmétique). Novacap possède sept usines dans l’Hexagone et quatre à l’étranger, et exporte 90% de sa production. Il a doublé sa taille en dix ans et est désormais le leader mondial de l’acide salicylique (aspirine). "Depuis 2010, nous avons investi 50 millions d’euros en France et ouvert quatre unités de production dont deux en pleine crise. Nous programmons d’investir entre 20 et 25 millions d’euros par an dans les années à venir", explique Pierre Luzeau, son président. Même stratégie pour le stéphanois SNF Floerger (1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 50% depuis cinq ans). L’ETI revendique 43% du marché mondial des polyacrylamides, utilisés dans le traitement de l’eau, la récupération assistée de pétrole et l’extraction des gaz de schiste.

D’autres misent sur l’innovation, tel PSB, à Annecy (Haute-Savoie). Le groupe (1 430 salariés, 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 42 pour Baikowski, sa filiale chimie) fabrique des produits de chimie minérale sur mesure pour la microélectronique, l’éclairage ou la céramique. "Nous jouons sur le choix des matériaux, la pureté et la mise en formulation des poudres. Ce positionnement nous permet de fournir une très grande diversité de marchés et d’être leader sur certaines niches", confie Denis Deruelles, le président de Baikowski, qui exporte 95% de sa production.

Autre stratégie : les services. Le distributeur toulousain de produits chimiques Gaches Chimie (260 personnes, 93 millions d’euros de chiffre d’affaires) fournit une veille sur les produits chimiques. "Comme nous sommes le lien entre les producteurs et les industriels utilisateurs, nous proposons d’identifier les risques liés à l’arrêt d’un produit pour des raisons réglementaires, d’arrêt de production ou de stratégie. Ce type de service est utilisé pour piloter la recherche et qualifier des substituts", précise Pierre Gaches, le président de l’entreprise familiale. Reste que tous ces acteurs craignent les répercussions des coûts de l’énergie et les risques pesant sur la chimie de base. Si sa désindustrialisation se poursuit, c’est autant de matières premières qu’il faudra aller chercher ailleurs. 

Les produits biosourcés, une voie prometteuse

Produire des composés chimiques à partir de ressources végétales… Tous les acteurs de la chimie y travaillent. Des solutions existent déjà pour des peintures, des détergents, des cosmétiques, des polymères. Plusieurs start-up, qui ont décidé de faire de la chimie verte leur cœur de métier, sont en phase de pré-industrialisation, à l’image de Global Bioenergies (carburants et matériaux), ou le seront bientôt, tel Carbios (plastiques). "Le biosourcé présente des perspectives de croissance supérieures à la chimie en général, mais son problème principal reste sa compétitivité", nuance Serge Lhoste, associé au cabinet Roland Berger. 

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