Les bonnes et mauvaises nouvelles des index égalité des entreprises

Le ministère du Travail a fait un premier bilan des index égalité femmes-hommes qui devait être publiés ce 1er mars 2019. Seule la moitié des entreprises concernées ont sorti leur note à temps. La bonne nouvelle est le constat d’écarts salariaux plutôt faibles entre les hommes et les femmes. En revanche, il ne fait pas bon rentrer de congé maternité, et parmi les dix meilleures rémunérations des entreprises, on cherche encore les femmes.  

 

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Les bonnes et mauvaises nouvelles des index égalité des entreprises
Muriel Pénicaud a tiré un premier bilan de l'égalité femmes-hommes dans les entreprises.

Comme l'exercice de la transparence est difficile ! Quatre jours après la date (requise par décret) de publication de l’index égalité femmes-hommes, seule la moitié des entreprises de plus de 1 000 salariés ont transmis leur note à la direction générale du travail. L’administration a reçu 831 déclarations sur les 1 460 attendues. Plus précisément, 732 entreprises sur celles qui étaient tenues de le faire dès le 1er mars. La différence provient de sociétés qui ont devancé l’appel : les entreprises de plus de 250 salariés ont jusqu’au 1er septembre 2019 et les plus de 50 salariés sont attendues le 1er mars prochain.

Cet index donne lieu à une note sur 100 qui s’appuie sur 5 indicateurs pour identifier les inégalités de traitement entre les hommes et les femmes avec une méthodologie simple mais très précise.

Retrouvez notre tableau complet ici.

Un quart des entreprises en alerte rouge

Les enseignements de ce premier round ne sont donc que partiels mais d’ores et déjà, le ministère du Travail a tiré un premier bilan. Un quart des entreprises (115) ont une note inférieure à 75. En dessous de ce seuil, c’est pour la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, "une alerte rouge" qui doit inviter à corriger le tir dès maintenant. La sanction n’interviendra que dans 3 ans en l’absence de réaction. "L’enjeu est de permettre une prise de conscience dans les entreprises, on ne progresse que si l’on mesure. Il faut être au cœur du système de management" a expliqué la ministre qui mise désormais sur l’action des partenaires sociaux et des dirigeants.

La deuxième tendance est plutôt rassurante, elle montre que les entreprises respectent plutôt bien le "à travail égal, salaire égal" puisque la moyenne sur cet indicateur est de 37 sur 40. En revanche la surprise est venue des augmentations post retours de congés maternités : elles ne reflètent pas les augmentations du reste des salariés. Bien que cette obligation soit inscrite dans la loi depuis 2006, 27 % des grandes entreprises ne la respectent pas. "Nous en sommes resté un peu stupéfaits" a commenté Muriel Pénicaud. Le dernier indicateur (la part des femmes dans les dix plus hauts salaires de l’entreprise) est un autre point faible mais cette mauvaise performance n’est une découverte pour personne.

Une compétition positive

La ministre, qui a rencontré de nombreux dirigeants de grandes entreprises ces derniers jours, a estimé que l’index jouait parfaitement son rôle de sensibilisation. "Certains de ces dirigeants ont eu de mauvaises surprises en découvrant qu’une ou deux de leurs entités étaient en alerte rouge. Par exemple des filiales de services de groupes industriels" témoigne-t-elle. Dans ce cas, on trouve en particulier des groupes dans lequel l’Etat est actionnaire. La ministre du travail va transmettre les entreprises concernées parmi lesquelles Renault, Engie, Thales ou Safran à son collègue de Bercy, Bruno Le Maire.

Charge à l’Agence des participations de l’Etat de mettre le sujet sur le haut de la pile. La ministre l’a rappelé, l’enjeu n’est plus d’en rester aux bonnes intentions, ni de sanctionner dans l’immédiat mais en jouant la transparence de "créer une compétition positive" pour passer à l’action. Pour certaines entreprises, la transparence n’a rien d’évident. L’Oréal par exemple n’a transmis qu’une note "globale" (plutôt bonne) pour son groupe mais qui ne donne aucune indication des performances des 17 entités de plus de 1 000 personnes qui sont concernées.

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