Les biens d'équipement s'animent

La reprise est enclenchée. Mais elle est inégale selon les branches. Si la demande étrangère est soutenue, la demande intérieure reste faible.

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S'ils n'osent pas parler de reprise, les professionnels des biens d'équipement se montrent plus optimistes. Ils affirment juste sortir du creux qui a suivi l'effondrement de l'investissement productif

depuis 1990. De la mécanique à la construction électrique, les carnets de commandes se regonflent, et la production repart (+2,4% au premier semestre).

Toutes les branches ne sont pas logées à la même enseigne, mais elles profitent d'abord, et en majorité, de la reprise de la demande étrangère, alors que les effets des dévaluations de la lire, de la livre et de l'escudo en septembre 1992 commencent à s'estomper. Dans la mécanique, les exportations ont bondi de 11,5% au premier semestre (+13% dans l'OCDE). Pour Jean-Louis de Fommervault, économiste de la Fédération des industries mécaniques, "le redémarrage de la machine-outil outre-Rhin a profité aux fournisseurs et aux sous-traitants français de composants". Même constat en construction électrique. "L'export présente de bonnes opportunités, dit-on au Gimelec, et les ventes d'appareillage à basse tension et de matériel d'électrification repartent, notamment vers l'Asie et l'Allemagne".

La demande intérieure, elle, est au point mort dans de nombreux secteurs. Elle est plus dynamique dans le matériel de transport. "Le re-stockage dans les biens intermédiaires, par les besoins de transport qu'il suscite, a relancé les achats de camions", affirme Phillipe Cunéo, du Bipe. Dans la mécanique, elle est plus liée à la reconstitution des stocks des grossistes en matériel d'entretien qu'à la production de biens d'investissement. Dans la construction d'équipements industriels électriques et électroniques, l'amélioration des ventes n'est perçue que sur les matériels les plus standardisés. "Pour les installations plus complexes, la demande domestique reste plate faute de grands projets", note le Gimelec.

L'activité devrait s'accélérer avec la reprise des investissements industriels. Les perspectives de demande, la situation financière des entreprises sont meilleures et les capacités de production sont davantage utilisées. Pour le Centre de prévision de l'Expansion, on sous-estime les tensions qui résulteront de la chute brutale de l'investissement depuis 1990 et qui devraient déclencher une reprise de l'effort d'équipement. Un avis qui n'est pas partagé par tous. D'après Jean-Louis de Fommervault, "les banques ne sont pas prêtes à financer les entreprises". La confiance restera primordiale dans les décisions, mais les incertitudes, tant politiques que financières, ne joueront pas dans le bon sens.







LES ÉQUIPEMENTS

SONT DAVANTAGES UTILISÉS

Le taux d'utilisation des capacités est remonté à 83,2% en juillet, un niveau proche de celui de longue période. De plus, 22% des entreprises avouent faire face à des goulets d'étranglement.

LES GROSSISTES

SE RéAPPROVISIONNENT

Les commandes des grossistes en biens d'équipement industriels se redressent sensiblement

depuis le début de l'année.

Elles sont pourtant encore jugées

inférieures à la normale.

LE MATéRIEL DE TRANSPORT REDÉMARRE

Les immatriculations de camions de plus de 5tonnes repartent

à la hausse avec les besoins

de transport suscités par

le restockage dans les biens

intermédiaires.

LES IMPORTATIONS

SE REDRESSENT

Les achats à l'étranger de biens d'équipement sont en hausse

depuis le début de l'année.

Les exportations sont elles aussi mieux orientées (+11,5% dans la mécanique).





USINE NOUVELLE - N°2471 -

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