Les barquettes d’Ecopla entre deux eaux : un transfert en Italie ou un maintien de leur production en Isère

Le dernier fabricant français de barquettes en aluminium est en sursis. Repris à la barre du tribunal de commerce de Grenoble (Isère) par l’italien Cuki, il fait l’objet d’un projet de Scop. Ses promoteurs comptent sur le soutien du gouvernement pour reconsidérer leur proposition.

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Les barquettes d’Ecopla entre deux eaux : un transfert en Italie ou un maintien de leur production en Isère

Les salariés et amis d’Ecopla ne baissent pas les bras. L’association qui soutient le projet de reprise du dernier fabricant français de barquettes en aluminium a décidé de faire appel de l’ordonnance prononcée par le tribunal de commerce de Grenoble. Jeudi 16 juin, celui-ci a tranché en faveur de la proposition faite par le groupe italien Cuki qui s’est engagé à verser 1,5 million pour racheter l’outil de production et la quasi-totalité des créances salariales avancées par les AGS. 77 personnes ont été licenciées.

De leur côté, une vingtaine de salariés de l’entreprise de Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère) a monté un projet de Scop, réuni 2,3 millions d’euros en provenance d’un fonds de revitalisation, du Crédit Coopératif, de Transmea, un autre fonds créé par l'Union Régionale des SCOP Rhône-Alpes (URSCOP) en partenariat avec le conseil régional, pour financer le stock d’aluminium nécessaire au redémarrage de l’activité, l’investissement industriel et la trésorerie. Seuls 100 000 euros étaient consacrés dans leur offre au remboursement des actifs. D’où la décision du tribunal de commerce plus attentif à la défense des créanciers qu’à celle de l’emploi, selon la position du juge commissaire. Afin d’éviter tout transfert de l’outil de travail en Italie, les anciens salariés d’Ecopla ont décidé d’occuper le site isérois dans l’attente d’une possible évolution judiciaire ou politique de ce dossier.

Pour les promoteurs de la Scop, le projet de redémarrage d’Ecopla est viable. Cette entreprise issue du démantèlement du groupe Pechiney, reprise successivement par un fonds de pension, par une banque britannique puis le groupe Nicholl Food Packaging, possède un savoir-faire dans le domaine de l’emboutissage profond de feuilles d’aluminium fines. "C’est la vraie valeur de la société", souligne Gilles Granié, pressenti pour être le directeur général de la future Scop. Le plan ébauché prévoit la reprise de 20 personnes. Les effectifs pourraient être portés à 70 ou 80 personnes à terme de cinq ou six ans, alors que le chiffre d’affaires pourrait progresser de 2,5 millions la première année à 13 millions sur le troisième exercice, avec un potentiel de 22 millions.

Certains clients sont d’ailleurs très dépendants du savoir-faire de l’usine d’Ecopla et s’inquiètent de la disparition de l’entreprise. Les Amis d’Ecopla remettent désormais leurs espoirs dans l’intervention du gouvernement, comme Benoit Hamon l’avait fait lorsqu’il était ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire pour préserver une autre entreprise haut-savoyarde. Un an après sa création sous forme de Scop, Alpine Aluminium a augmenté le nombre de ses salariés de 65 à 87. "Nos clients souhaitent augmenter leur volume de commandes l’année prochaine, affirme son président directeur général, Grégoire Hamel. Le modèle économique coopératif fonctionne. Il donne du sens aux efforts que doivent faire parfois les salariés pour que leur entreprise retrouve de la compétitivité."

Vincent Charbonnier

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