Les banques ayant passé les tests de justesse sans doute suivies

par Steve Slater et Edward Taylor

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LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - Tellement peu de banques ont échoué aux tests de résistance passés par 91 établissements européens que les investisseurs devraient se concentrer sur les groupes ayant réussi de justesse ces tests lors de l'ouverture des marchés lundi.

Seules sept banques européennes ont échoué à ces tests, dont cinq établissements espagnols, et pourraient avoir besoin de lever 3,5 milliards d'euros de fonds propres, soit nettement moins que prévu.

Néanmoins, la qualité des tests, destinés à évaluer la capacité de résistance des banques à une nouvelle récession sur les deux prochaines années, a été critiquée, certains les jugeant notamment trop faciles.

Le bilan de ces tests a par ailleurs été quelque peu éclipsé par une foule de données sur les économies européennes suggérant que les banques pourraient être confrontées à des pressions économiques moins fortes et des défauts sur les prêts moins importants qu'imaginé auparavant.

Conséquence, les investisseurs devraient se faire leur propre opinion au cas par cas, grâce notamment aux données supplémentaires fournies par les tests, comme celles concernant les portefeuilles de dette souveraine, pour déterminer quels pourraient être les prochains points faibles du secteur.

INTERROGATIONS SUR LA SEVERITE DES SCENARIOS RETENUS

"Avec si peu de banques ayant échoué, les investisseurs vont se demander si les scénarios économiques ont été suffisamment sévères", estime Jon Peace, analyste chez Nomura.

"Il est naturel pour les investisseurs d'examiner la marge avec laquelle les banques sont passées", ajoute-t-il, en citant la bonne marge de succès des établissements scandinaves et britanniques, alors que les banques grecques, espagnoles et italiennes s'en sont sorties avec plus de difficultés.

Alors qu'il était demandé aux banques de parvenir à maintenir un ratio de solvabilité d'au moins 6% pour réussir les tests, dix sept établissements ont affiché un ratio Tier 1 compris entre seulement 6 et 7%.

Parmi ces établissement figurent notamment Deutsche Postbank, Piraeus Bank, Allied Irish Banks, Monte dei Paschi di Siena, UBI Banca, Bankinter ainsi que huit petits établissements espagnols.

Si l'un des objectifs des tests était de faciliter le financement par les marchés de banques ayant rencontré dernièrement des difficultés en la matière, les établissements encore jugés trop risqués pourraient néanmoins continuer d'avoir des problèmes sauf à lever plus de capitaux.

"L'histoire n'est pas nécessairement terminée, et si les coûts de financement ne s'améliorent pas pour certaines banques, alors on ne serait pas surpris de voir des tests de résistance supplémentaires (réalisés) par certaines banques centrales nationales à l'avenir", prévient Jon Peace de Nomura.

Alors que les investisseurs prendront position sur les résultats des tests de résistance lundi à l'ouverture des marchés, les gouverneurs des banques centrales et les responsables des autorités de surveillance se réuniront en Suisse afin d'examiner les propositions de réformes sur le renforcement des fonds propres des banques.

Mais après leur réussite aux tests de résistance, les banques européennes pourraient avoir du mal à faire valoir qu'elles ne peuvent appliquer une réglementation financière plus stricte.

"Les banques sont prêtes à commencer à appliquer les nouvelles règles qui sont nécessaires pour renforcer les réserves de fonds propres et la gestion de liquidités des banques", a d'ailleurs assuré à Reuters Insider, après la publication des résultats des tests de résistance, Vitor Constancio, vice-président de la BCE.

Avec Philipp Halstrick, Huw Jones, Antonella Ciancio et Angeliki Koutantou, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français

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