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L'Usine de l'Energie

Les bactéries ouvrières de Global Bioénergies

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Enquête Pour produire du bio-isobutène, la start-up française exploite des bactéries Escherichia coli génétiquement modifiées.

Les bactéries ouvrières de Global Bioénergies
Global Bioénergies a inauguré en mai son démonstrateur industriel à Leuna (Allemagne) avant de passer à l’échelle industrielle.

Global Bioénergies sort du laboratoire. Pour démontrer l’efficacité et effectuer les derniers réglages de son procédé de production d’isobutène à partir de sucre, il a installé un démonstrateur industriel sur l’un des principaux sites pétrochimiques d’Allemagne, à Leuna. Hébergée dans les locaux de l’institut Fraunhofer, la start-up française paraît modeste, entourée de géants de la chimie comme les français Arkema et Total et les allemands BASF et Linde. Mais sur cette plate-forme pétrochimique de 13 kilomètres carrés, elle invente les carburants et les plastiques verts de demain.

Le procédé développé par Philippe Marlière et Marc Delcourt consiste à modifier génétiquement des bactéries Escherichia coli pour leur faire produire des enzymes qui transforment le sucre en isobutène. À la porte du démons­trateur de Leuna, la cuve de stockage contient du glucose de blé et de maïs. Demain, ce devrait être du sucre de betterave et plus tard, un sucre de deuxième génération tiré de la cellulose (déchets verts), voire du syngas. Stérilisé à 134 degrés, ce sirop jaune est inoculé en bactéries génétiquement modifiées dans un fermenteur de 5 mètres cubes, où il repose une journée à une température comprise entre 50 et 60 °C. L’air pompé dans la partie haute du fermenteur, qui contient 10 % d’isobutène, est purifié pour éliminer les gaz inertes. Puis l’isobutène à 99,99 % est pressurisé pour le liquéfier avant sa mise en bouteilles. Au bout d’une semaine, les bactéries sont extraites, inactivées et évacuées par une société spécialisée, tandis que le démonstrateur est entièrement nettoyé. Car le risque de mutation, qui affecte les performances des bactéries, augmente au fil des jours. La capacité annuelle de production à cette échelle préindustrielle est de 100 tonnes d’isobutène par an.

« Cette molécule plate-forme présente des propriétés physico-chimiques proches de celles du butane. Elle se liquéfie facilement », explique Marc Delcourt, le PDG de Global Bio­énergies. « Une pression équivalente à celle d’une bouteille de champagne suffit », confirme Emmanuel Trivin, le PDG de Butagaz, qui espère, grâce au partenariat établi avec Global Bioénergies, « être le premier à distribuer de l’agrobutane à ses clients ». Avec un marché potentiel de 18 milliards d’euros, l’isobutène entre dans la composition de nombreux produits habituellement issus de la pétrochimie. Parmi les débouchés, on trouve les carburants verts (iso-octane automobile et agrokérosène pour avions), le gaz domestique en bouteilles, le verre synthétique et la chimie de spécialité à destination des peintures, mais aussi de la cosmétique, via un partenariat avec L’Oréal. Un autre débouché pourrait s’avérer payant. Associé au butadiène (issu du vapocraquage du naphta, fraction légère du pétrole), le bio-isobutène permet de produire du butylcaoutchouc, un monomère de base utilisé dans les pneumatiques.

Vers l’industrialisation

« L’objectif est d’approcher des performances commerciales à l’horizon d’un an », en affinant les réglages pour porter de 80 à 100 % le rendement de transformation du sucre, affirme Marc Delcourt. D’ici là, Global Bioénergies multiplie les partenariats. Il a déjà convaincu Audi, Cristal Union, Arkema, Clariant et Ineos de signer des contrats d’approvisionnement ou de soutenir sa R & D. Il a aussi sécurisé ses financements jusqu’en 2018 via une émission obligataire pilotée par Bracknor Investment. Hermann Pengg, le responsable des carburants renouvelables chez Audi, se dit « impressionné par la capacité de l’entreprise à respecter les étapes de développement annoncées ».

Prochaine étape, la construction en 2019 d’une usine commerciale en France, « à Bazancourt (Marne) ou Arcis-sur-Aube (Aube), dévoile Marc Delcourt. Reste à trouver les 115 millions d’euros nécessaires ». Le projet IBN-One, monté en coentreprise avec le sucrier français Cristal Union, devrait transformer 200 000 tonnes de saccharose en 50 000 tonnes de gaz. Marc Delcourt se projette dans l’avenir : « Notre objectif est de multiplier les petites unités, au plus près des sources d’approvisionnement, quelles qu’elles soient : sucre de maïs, de betterave, de canne… » 

En Chiffres

  • 32 brevets
  • Montant investi dans le démonstrateur 10 millions d’euros
  • Coût de la future usine IBN-One 115 millions d’euros
  • Compétitivité pétrole 60 dollars le baril avec incitations fiscales, 130 dollars sans incitation

Source : Global Bioénergies

 

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