Les assureurs mettent un milliard d’euros sur la table pour les PME et ETI

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La réforme du code des Assurances va permettre dès cet été aux assureurs d’orienter une partie de leurs actifs vers les entreprises non cotées. Elles se sont réunies, avec la CDC et le Fonds de réserve des retraites, dans un fonds dédié au financement de la dette d’entreprises doté d’un milliard d’euros.

Les assureurs mettent un milliard d’euros sur la table pour les PME et ETI © Poolie - Flickr - C.C.

Dix-sept compagnies d’assurance ont décidé de suivre la Caisse des dépôts et le Fonds de réserve des retraites pour financer les entreprises moyennes et intermédiaires. Ensemble, ils créent le fonds Novo, doté d’un milliard d’euros qui seront investis dans 30 à 40 entreprises dans les deux ans à venir.

Ce fonds, baptisé Novo, aura pour mission d’acheter de la dette obligataire de PME et ETI, cotées ou non, triées sur le volet. Celles-ci devront en effet présenter le moins de risque crédit possible. Les entreprises pourront obtenir des prêts de 10 à 50 millions d’euros, d’une durée de 5 à 7 ans.

"Ce dispositif représente un acte fort d’une mobilisation nationale pour le financement des entreprises, estime Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie. Je crois qu’il est fondamental que l’épargne des Français aille vers les entreprises."

5 % des actifs des assureurs pourront être orientés vers les entreprises non cotées

Pour pouvoir mettre en place le fonds Novo, le gouvernement a en effet dû retravailler le code de l’Assurance. Un décret, prévu pour courant juillet, fixera à 5 % la part de ses actifs qu’une compagnie d’assurance pourra investir dans de la dette d’entreprises moyennes et intermédiaires cotées et non cotées. Ce qui pourrait représenter au total une enveloppe de 90 milliards d’euros.

Des assureurs se sont déjà lancés, depuis quelques mois, dans l’acquisition de dette d’entreprise. Axa a signé des partenariats avec la Société Générale et le Crédit Agricole pour pouvoir souscrire des placements privées de grosses ETI comme Sonepar ou Neopost.
"Ces initiatives se faisaient dans un cadre réglementaire contraint, explique Frédéric Lavenir, le directeur général de CNP Assurances qui a souscrit pour 100 millions d’euros dans le fonds Novo. Cette réforme nous donne plus d’espace."

Côté entreprises, le dispositif annoncé par le ministre de l’Economie devrait permettre d’amplifier le mouvement de désintermédiation entrepris depuis quelques mois. "Il est impératif pour les entreprises de trouver des sources de financement nouvelles, explique Thibaut Lanxade, chargé des PME au Medef. Ce financement alternatif nous paraît pertinent."

De son côté, l’Asmep-ETI approuve aussi ce nouveau dispositif, mais estime que le chemin n’est qu’à moitié fait. "On observe une appétence nouvelle, palpable des ETI pour le financement obligataire, estime Alexandre Montay, le délégué général de l’Asmep-ETI. Mais les outils de financement ne suffisent pas, il faut aussi une décision d’investissement. Les questions de rentabilité et de marges préoccupent les chefs d’entreprises et doivent aussi faire l’objet de l’attention des pouvoirs publics."

Arnaud Dumas
 

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