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Les anciens sites miniers d'uranium de France ont leur carte

Publié le

L'Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire vient de mettre en ligne une carte qui recense les 210 anciens sites d'extraction du minerai.

Les anciens sites miniers d'uranium de France ont leur carte

La France a longtemps exploité des mines d'uranium : la fermeture de la dernière mine date de 2001.  Durant 50 ans, depuis la deuxième guerre mondiale, 76 000 tonnes d'uranium ont ainsi été extraites du sous-sol français. Des activités qui ont laissé des risques potentiels, que l'IRSN entend répertorier.
La base de données qu'elle vient de mettre en ligne permet en effet de localiser les sites miniers sur une carte et d'en connaître l'historique. Au menu, les fiches synthétiques des 210 sites répartis dans les 23 zones minières identifiées, classés par zone minière et par ordre alphabétique. Le résultat d'un programme répondant au doux nom de Mimausa.

Mines d'uranium du Limousin. On y redécouvre que les mines d'uranium étaient particulièrement nombreuses dans le Limousin.  La région fait d'ailleurs partie d'une initiative dédiée : le groupe d'expertise pluraliste (GEP) qui doit, à partir d'un état des lieux critique de la situation des anciens sites miniers de la « Crouzille », proposer aux pouvoirs publics des pistes d'amélioration des conditions de surveillance et de gestion à long terme et, le cas échéant, identifier des actions permettant de réduire les impacts actuels.

« Tous les sites ne sont pas d'importance identique. Cela va de petits sites de prospection où l'on n'est allé que jusqu'à la réalisation de tranchées pour aller reconnaître le type de minéralisation, jusqu'au mines adossées à de véritables usines » explique Didier Gay, de la Direction Environnement de l'IRSN. La moitié des sites concernent des productions totales relativement faibles, inférieures à 10 tonnes. Les plus importants, ayant produit des quantités supérieures à 1000 tonnes, sont au nombre de 15 à 20, et sont concentrés sur trois zones : « tout autour de la région de Limoges, les pays de Loire et la Vendée, et la bordure du massif central. Ainsi que Lodève, dans l'Hérault » liste Didier Gay.

Quels risques pour les riverains ?

Tous les sites n'ont pas accueilli le même type d'activité, et les enjeux environnementaux sont différents d'un site à l'autre. « Huit sites ont accueilli des usines sur lesquelles on a traité du minerai : Limoges, Lodève, l'Aveyron, la Loire... » énumère Didier Gay. Le site du Bouchet fait office de cas d'exception, puisqu'il n'est pas situé à proximité d'un site d'exploitation : ce centre situé dans l'Essone à Vert-le-petit effectuait en effet voici plusieurs dizaines d'années des recherches sur le traitement du minerai pour le CEA. 

En cause du point de vue sanitaire, les sites où son stockés les résidus de traitement des minerais d'uranium : 17 points sont concernés sur le territoire. « Il y avait de la radioactivité, et l'on a modifié la manière dont cette radioactivité était répartie autour des sites » explique Didier Gay. Deux types de matériau posent problème.
Les stériles miniers. Ce sont les roches qu'on a dû dégager pour accéder au minerai. «Le minerai  contient des quantités plus importantes d'uranium, mais ces roches qui touchent le minerai en contiennent également : tout est un peu mêlé, dans la nature» rappelle Didier Gay.
Les résidus de traitement. «Ce sont les roches dans lesquelles on est allé retirer l'uranium qu'elles contenaient : elles ont subi des procédés physiques et chimiques» précise le scientifique. Dans ce déchet industriel, on ne trouve plus d'uranium, puisqu'il a été retiré, mais du radium 226 par exemple : l'un des éléments radioactifs de filiation de l'uranium. Plus précisément, on en trouve à hauteur de «quelques dizaines de Becquerels par gramme». Alors qu'une roche moyenne, partout sur le territoire français, en contient plutôt à hauteur de quelques Becquerels par kilogramme.

Certes, à titre de comparaison, les combustibles nucléaires des centrales ou leurs déchets contiennent plusieurs millions, voire milliards de Becquerels par gramme.
« Les déchets présents aujourd'hui en France sur certains anciens sites miniers font preuve d'une très faible radioactivité, n'ayant rien à avoir avec les déchets de l'industrie nucléaire. Mais elle est significative et peut dans certaines conditions présenter un risque pour l'être humain », résume Didier Gay.

Gare au radon. Ce risque existe en particulier si l'on installe des habitations sur ces matériaux. « Ces matériaux génèrent un gaz radioactif, le radon. A l'air libre, l'effet de dilution dans l'atmosphère suffit à éliminer le risque. Dans un bâtiment clôt par contre, le gaz se concentre. Or il s'agit d'un cancérigène pulmonaire. » L'école de Lachaux avait ainsi été remblayée par des granulats de BTP contenant des stériles miniers. Suite à la mobilisation de plusieurs membres de la société civile, Areva avait dû intervenir pour récupérer ces matériaux.

But de la carte des sites miniers : « préserver cette mémoire-là », explique Didier Gay. Le risque ne va pas évoluer à l'échelle humaine : l'uranium était contenu dans ces roches depuis que la Terre existe, soit 4,5 milliards d'années, et leur radioactivité n'a décru que de moitié sur tout ce laps de temps. Même dans les roches dont on a retiré l'uranium, la radioactivité du radium diminuera plus rapidement... au bout de plusieurs dizaines de milliers d'années.

Pourquoi a-t-on arrêté les mines d'uranium en France ?

« Là où l'on savait qu'il y avait de l'uranium, on a bien exploité les ressources françaises » pose Didier Gay. « Ce qui restait à exploiter aurait été trop coûteux à extraire, au moment où l'on a pris la décision d'arrêter ou de poursuivre ». Durant les années 80 jusqu'aux années 2000 en effet, époque de l'uranium à bas prix, le minerai pouvait être obtenu à moindre coût ailleurs : aucun intérêt économique ne soutenait les projets miniers dans l'Hexagone.

Une chose est sûre néanmoins : il reste encore de l'uranium dans le sous-sol français. Si les cours s'emballent, certains s'aventureront peut-être à aller le chercher. 


Ana Lutzky

Consulter l'inventaire






























 

Nom de code : Mimausa

Mimausa, comme Mémoire et Impact des Mines d'urAniUm : Synthèse et Archives. Lancé par l'IRSN en 2003 à la demande du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, ce programme a pour but de "mettre à la disposition des pouvoirs publics et de la population une source d'information complète sur les anciens sites miniers d'uranium", commente l'IRSN. Une initiative dans la lignée des recommandations émises par le Haut Comité pour la Transparence et l'Information sur la Sécurité Nucléaire suites aux incidents survenus l'été dernier, en particulier au Tricastin.

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