Les Américains se préparent à accueillir la viande artificielle dans leurs assiettes

La "viande artificielle" ou "synthétique" cultivée in vitro pourra-t-elle bientôt se retrouver dans les rayons des supermarchés américains? L'administration américaine a dévoilé le 16 novembre un cadre réglementaire pour une future commercialisation, quand ce nouveau type d'aliments sera disponible.

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Les Américains se préparent à accueillir la viande artificielle dans leurs assiettes
Bientôt des burger à la viande synthétique aux Etats-Unis ?

La "viande artificielle", "synthétique" ou encore "in vitro" risque de se retrouver très prochainement dans les assiettes outre-Atlantique, si l'on en croit l’administration américaine. Fin octobre, le ministère de l'Agriculture (USDA) et l'agence en charge de la sécurité alimentaire (FDA) ont tenu une réunion publique sur la réglementation et l’utilisation de cellules animales pour la production de produits alimentaires.

Après plusieurs semaines de discussions, les deux agences gouvernementales ont dévoilé dans un communiqué commun du 16 novembre le cadre réglementaire qui permettra le début de la commercialisation de ce type d’aliments. Chacune supervisera une partie du processus.

La FDA devra gérer tout ce qui concerne les cellules : leur collecte sur les bovins et la volaille, leur conservation dans des banques et le stade final de la différentiation cellulaire. L’USDA se chargera de contrôler la production et l’étiquetage des produits.

Une loi n'est pas nécessaire

FDA et USDA ont tenu à préciser qu’elles "peaufinent activement les détails techniques du cadre réglementaire" qui comprend "une collaboration et un partage d’information solides" pour leur permettre de "s’acquitter de [leurs] rôles respectifs". Ce cadre sera "mis en œuvre avec succès" et "assurera la sûreté de ces produits". Les deux agences estimant avoir "les autorisations réglementaires nécessaires", elles n'estiment "pas qu’une loi sur le sujet soit nécessaire", alors que la question ferait très certainement débat chez nous...

Depuis un certain temps, déjà, des entreprises du secteur demandaient qu’un cadre clair soit défini pour une future (et assurée) commercialisation outre-Atlantique. Le 23 août, la société Memphis Meats, spécialisée dans l’élaboration d’aliments à base de cellules animales, a co-signé avec la North American Meat Institute une lettre ouverte au président Trump. Son objet était justement l’éclaircissement du cadre réglementaire.

Une "indication encourageante" pour une "réglementation transparente"

Les acteurs du milieu ont donc chaleureusement accueilli la décision gouvernementale du 16 novembre. Pour The Good Food Institute, une association qui promeut des alternatives à la production traditionnelle de viande, d’œufs et de produits laitiers, cette annonce est une "indication encourageante" qui démontrerait que la FDA et l’USDA vont "ouvrir la voie à une réglementation transparente".

Dans un communiqué, l’organisation se dit "ravie" que le ministère et la FDA prennent "conscience de l’importance de cette industrie pour l’économie américaine". Elle précise que "les gouvernements d'Israël, du Japon et de Singapour ont déjà manifesté de l’intérêt pour cette importante technologie alimentaire".

Un cadre clair doit donc être mis en place "le plus rapidement possible". Cependant "aucune loi ou législation n’est nécessaire" à ses yeux. The Good Food Institute conclut, affirmant attendre "avec impatience le jour, dans un avenir proche, où les familles américaines pourront manger de la viande directement issue de cellules animales".

Un coût de fabrication encore élevé... et aucun produit sur le marché

Ailleurs qu’aux Etats-Unis, des start-up se sont également lancées dans l’aventure de la "viande synthétique", comme les Israéliens d’Aleph Farms et les Hollandais de Mosa Meat (auxquels nous avions consacré un article).

Cette alternative pourrait permettre de changer le système de production de viande en évitant d’élever et de tuer des animaux, entraînant un impact écologique positif conséquent, affirment ses promoteurs. Restent des freins de taille: malgré la multiplication des projets en R&D, aucun produit n'est encore prêt à être vendu. Et leur coût de fabrication reste encore très élevé: le premier burger de Mosa Meat lui a coûté 250 000 euros. Mais les avancées sont rapides, et nul doute que les nouvelles mesures américaines pourraient entraîner une commercialisation à un prix plus abordable.

Seul point de tension qui n’a pas été abordé dans le communiqué de l’administration américaine : l’utilisation du terme "viande" pour les produits issus de cellules animales. Un terme que certaines associations représentant des agriculteurs réfutent catégoriquement, comme l'Association des éleveurs bovins américains (USCA).

Cependant, dans une prise de parole diffusée en direct le 16 novembre sur leur page Facebook, leur porte-parole Lia Biondo s’est rassurée en constatant que l’étiquetage serait supervisé par le ministère de l’Agriculture, qui approuve les emballages "avant que les produits arrivent dans les rayons des supermarchés", ce qui n’est pas le cas de la FDA.

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