Les ambitions de Siemens pour sa plate-forme MindSphere

Gabriel Thierry

Publié le

Siemens a annoncé, le 14 mars, l’arrivée de deux nouveaux partenaires pour MindSphere, sa plate-forme dédiée au cloud : Amazon Web Services et Bluvision. Le géant allemand des automatismes veut faire de cet outil un élément clé de sa stratégie d’innovation.

Les ambitions de Siemens pour sa plate-forme MindSphere
Jürgen Brandes, le dirigeant de la division "Process industries and drives" de Siemens
© Siemens AG www.siemens.com/press

Dans la course à la transformation numérique, mieux vaut jouer collectif. Lors d’une conférence de presse donnée par Siemens à Karlsruhe (Allemagne) en amont du salon industriel Hannover Messe, le géant allemand des automatismes a annoncé, mardi 14 mars, l’arrivée de deux nouveaux partenaires pour MindSphere, sa plate-forme dédiée au cloud industriel : Amazon Web Services et Bluvision. La division d’Amazon consacrée au cloud computing et l’entreprise américaine spécialisée dans l’internet des objets industriels rejoignent Accenture, Atos, Evosoft, IBM, et SAP dans le cercle des sociétés participant à cette plate-forme. Des renforts bienvenus : Siemens, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 79,6 milliards d’euros en 2016, mise gros sur MindSphere, appelé à devenir un moteur de croissance du groupe.

Sans surprise, cette plate-forme sera au centre du stand de 3500 m² que Siemens installera pour le salon Hannover Messe, qui se tiendra du 24 au 28 avril. Un salon sous le signe, pour l’entreprise, de la transformation numérique de l’industrie. "Seules les entreprises qui numériseront leurs process resteront compétitives", avertit Jan Mrosik, le directeur exécutif de la division "Digital Factory" de Siemens, accompagné des dirigeants des divisions "Energy Management" et "Process industries and drives".

Si MindSphere joue un rôle à part pour Siemens, c'est parce que "la plate-forme est un élément clé de notre stratégie d’innovation", à la fois dans les usines de l’entreprise et pour ses clients, indiquait en décembre dernier Joe Kaeser, le président du directoire de Siemens.

Plateforme ouverte

D’abord baptisé Cloud for industry, en 2015, puis MindSphere, la plate-forme veut offrir les bénéfices du big data à l’industrie. Grâce à des applications mobiles et des services numériques, elle doit permettre l’enregistrement, le traitement et l’analyse des "énormes volumes générés sur un site de production". L’intégration des données des systèmes de production dans des applications ouvre en effet la voie à l’optimisation des performances. L'ordinateur industriel qui permet de collecter les données issues du terrain et de les transmettre de manière chiffrée au cloud est l'un des produits de Siemens qui s'intègre dans cette offre.

Dans ce projet, l’entreprise allemande veut la jouer collectif en accueillant toujours plus de nouveaux partenaires. Si la plate-forme sert de socle pour les applications et les services de Siemens basés sur les données, comme la maintenance prédictive des machines, elle a été conçue "comme un écosystème ouvert", soulignait un des partenaires de la plate-forme, Accenture, dans un communiqué. "Nous invitons toutes les entreprises à créer leurs propres applications sur notre plateforme", confirme Jürgen Brandes, le dirigeant de la division "Process industries and drives". D’ailleurs, en décembre 2016, Siemens a enregistré un nouveau partenaire de poids avec l’intégration des outils d’analyse Watson d’IBM, pour "coupler les technologies analytiques puissantes" de Big blue avec son expertise dans l’industrie.

Mais l’allemand n’est pas seul sur ce marché. La plate-forme Predix de General Electric est par exemple déjà disponible sur les infrastructures cloud d’Amazon Web Services, d’Oracle, et le sera sur celle de Microsoft à partir du deuxième trimestre 2017. Siemens estime pour autant ne pas être en retard sur le cloud. Interrogé sur ce point, Jürgen Brandes rappelle que le cloud "a d’abord été développé pour le travail bureautique" et que cette technologie est "devenue accessible pour l’industrie il y a environ deux ans : nous avons alors immédiatement démarré le développement de notre infrastructure". Pour Siemens, rien ne sert de courir, il faut partir à point.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte